Utilisation des sols et empreinte carbone – LUCE
L’usage des sols et la répartition de l’activité économique sont des déterminants essentiels des émissions de GES d’un territoire. Les émissions sont très différentes sur des terres artificialisées, agricoles ou couvertes de forêts. L'organisation du territoire urbain, i.e. densité et taille des logements ou distance domicile-travail, ont un impact comparable. En France, en 2022, selon les données du CITEPA, 17 % des émissions nationales de GES provenaient des déplacements quotidiens, 13 % du logement et 20 % de l'agriculture. Les forêts françaises, puits de carbone, ont absorbé 7 % des émissions et un pourcentage plus élevé sur la période 2010-2015, proche de 15 % et comparable aux émissions liées au logement ou aux déplacements.
Ces diverses contributions aux émissions nationales sont largement déterminées par des équilibres économiques. Par exemple, une agriculture plus productive libère des terres qui peuvent être urbanisées, augmentant l’étalement urbain, mais ces terres peuvent aussi être gagnées par les forêts. Alors que ces différents déterminants des émissions sont souvent étudiés séparément, LUCE propose une approche intégrée dans laquelle les forces économiques façonnent les choix d’occupation des sols, de déplacements quotidiens et de logement sur l’ensemble du territoire ---- répondant aux questions de recherche suivantes : quels sont les mécanismes économiques déterminant l’organisation spatiale de l’utilisation des terres et les émissions associées? Quelles politiques environnementales pourraient être mises en œuvre pour atténuer les émissions liées à l’usage des sols?
Pour répondre à ces questions, LUCE construit des données spatiales françaises sur l’occupation des sols, l'emploi et les émissions de divers secteurs à partir de sources originales sur longue période et développe un modèle spatial quantitatif de l’usage des sols. Les émissions sont déterminées par l’allocation des facteurs de production à l’équilibre et incluent les émissions liées aux déplacements quotidiens, au logement, à la production industrielle et agricole, mais aussi au stockage du carbone dans les forêts et les champs. A partir de ces données originales et du modèle quantitatif estimé pour mener des politiques publiques contrefactuelles, LUCE détermine ainsi comment divers canaux ont contribué aux émissions historiques de la France depuis 1840 et quelles politiques environnementales utiliser à différents stades de développement pour les réduire.
Le modèle spatial quantitatif de LUCE permet l’évaluation de diverses politiques publiques régulant l’usage des sols (par exemple, politiques limitant l’artificialisation des sols, politiques de conservation, subventions au reboisement, mais aussi Politique Agricole Commune de l’Union Européenne). Dans la mesure où divers secteurs sont en concurrence pour les facteurs de production, terre et travail, leur étude jointe est nécessaire pour évaluer ces politiques publiques. Cette approche intégrée est approfondie en étudiant à un niveau spatial et sectoriel plus granulaire le rôle des secteur forestiers et agricoles dans la résilience au changement climatique. Plus précisément, nous distinguons le rôle des forêts pour la production de bois de leur fonction d’aménités naturelles. Dans ce contexte, LUCE étudie les effets de politiques locales de conservation des forêts sur l'utilisation des terres, la productivité et l’environnement --- à partir d’estimations en forme réduite et de contrefactuels dérivés de la modélisation. Enfin, nous considérons également plusieurs secteurs agricoles, séparant cultures et élevage, pour mieux quantifier les effets des subventions agricoles (e.g., Politique Agricole Commune) sur la productivité agricole, le bien-être et l'environnement, en France et dans ses diverses régions.
Coordination du projet
Nicolas Coeurdacier (INSTITUT D'ÉTUDES POLITIQUES DE PARIS - FONDATION NATIONALE DES SCIENCES POLITIQUES)
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Partenariat
INSTITUT D'ÉTUDES POLITIQUES DE PARIS - FONDATION NATIONALE DES SCIENCES POLITIQUES
BETA AGROPARISTECH (INST SC ET IND DU VIVANT ET ENVIRONNEMENT)
UC Berkeley - Department of Economics
Aide de l'ANR 364 789 euros
Début et durée du projet scientifique :
décembre 2025
- 48 Mois