CE26 - Individus, entreprises, marchés, finance, management 2025

Fidelité: un cadre theoretique – LOYALTY

Résumé de soumission

Les relations de fidélité entre entreprises et consommateurs – qu’elles soient formelles (programmes de fidélité) ou informelles (interactions répétées) – sont une caractéristique centrale de nombreux marchés. Concevoir et gérer la fidélité revient à offrir des récompenses en échange de relations commerciales répétées, dans le but de retenir les clients et d’augmenter les revenus. Les entreprises investissent massivement dans l’acquisition et la rétention de clientèle, à travers diverses stratégies pour encourager les achats récurrents et limiter l’attrition. Dans des secteurs comme l’aérien, l’hôtellerie, les plateformes numériques ou les services financiers, la concurrence porte autant sur les relations de long terme que sur les transactions ponctuelles. Une question fondamentale émerge alors : qu’est-ce qui pousse un consommateur à rester fidèle à une entreprise?

Ce projet propose un cadre analytique unifié pour comprendre les pratiques de fidélisation – qu’il s’agisse de dispositifs formels (offres limitées, programmes à niveaux, récompenses fondées sur la valeur) ou d’approches informelles visant à instaurer des relations de confiance. Alors que la littérature marketing reste majoritairement descriptive, ce projet mobilise les outils de la théorie des jeux, de la conception de mécanismes et de l’organisation industrielle dynamique pour analyser le rôle stratégique de la fidélité en concurrence imparfaite.

L’analyse s’appuie sur plusieurs observations structurantes, qui motivent les cinq volets du projet.
Premièrement, les consommateurs diffèrent par la fréquence de leurs besoins – un trait dynamique crucial dans la conception de stratégies de rétention. Les consommateurs à fréquence élevée sont plus enclins à tester d’autres options, ce qui les rend plus difficiles à fidéliser. Cette idée, développée dans Hörner et Sanktjohanser (2024), constitue le socle du projet. Elle s’applique aux biens de consommation comme aux services complexes tels que l’assurance (projet 5), où fréquence et risque sont étroitement liés.

Deuxièmement, les entreprises ne fidélisent pas isolément. Elles se livrent concurrence (projet 1) et, parfois, coopèrent pour renforcer la fidélité via des alliances géographiques ou sectorielles – comme dans les réseaux aériens ou les plateformes numériques (projet 4). En marchés imparfaitement concurrentiels, où différenciation et pouvoir de marché sont endogènes, la rétention devient centrale. Le projet développe des modèles où les politiques de fidélité, les prix et la différenciation émergent des dynamiques concurrentielles.

Troisièmement, les consommateurs sont multidimensionnels. Leur fréquence d’achat ne reflète pas toujours leur rentabilité. Un client fréquent peut être plus sensible au prix ou générer une valeur plus faible par achat. Cette tension explique l’évolution de nombreux programmes, passés de modèles fondés sur la fréquence à des modèles fondés sur la valeur (projet 3). Le projet identifie, selon les cas, quelle structure de récompense est optimale.

Quatrièmement, la fidélité est mise à l’épreuve par l’incertitude. La capacité des entreprises à retenir leurs clients dépend aussi de l’évolution de leurs propres fondamentaux : coûts, perturbations d’offre, chocs macroéconomiques. Le projet 2 modélise ces dynamiques via un cadre sans engagement, avec incertitude sur les coûts.

Au-delà des apports théoriques, le projet vise à produire des prédictions testables et des outils pour analyser les stratégies de fidélité dans divers secteurs. Il apporte un éclairage original sur la tarification dynamique, le bien-être des consommateurs et le pouvoir de marché dans des contextes où la rétention est clé. Ses enseignements s’adressent autant aux régulateurs qu’aux entreprises soucieuses d’optimiser leurs pratiques en contexte incertain.

Coordination du projet

Anna Sanktjohanser (FONDATION JEAN JACQUES LAFFONT TOULOUSE SCIENCES ECONOMIQUES)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

FONDATION JEAN JACQUES LAFFONT TOULOUSE SCIENCES ECONOMIQUES

Aide de l'ANR 294 691 euros
Début et durée du projet scientifique : septembre 2025 - 48 Mois

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