Approche de biologique intégrative pour comprendre la physiologie adaptative des bovins élevés à l'herbe afin de produire des viandes « bas carbone » – iREACT
La production intensive de viande bovine est critiquée pour son empreinte environnementale, l’utilisation de céréales destinées à l’alimentation humaine, le bien-être animal et les risques pour la santé humaine lors de consommation excessive de viande. Pourtant, les systèmes agricoles où les bovins sont nourris principalement à l’herbe, sont sources de nombreux bénéfices : maintien de la biodiversité, compensation des émissions de gaz à effet de serre par la fixation du carbone par les prairies, fertilisation des sols, production de viande à haute valeur nutritive pour l’homme, soutien des revenus agricoles et maintien du tissu rural dans de nombreux territoires où les alternatives économiques, y compris agricoles, sont rares. La production de viande bovine à base d’herbe peut trouver sa place dans une économie circulaire, et ainsi renforcer la sécurité alimentaire, car ces systèmes produisent davantage de protéines qu’ils n’en consomment. Ces nombreux bénéfices rendent ces systèmes conformes aux principes de l’agroécologie. Toutefois, la disponibilité de l’herbe est saisonnière, incertaine et sensible aux changements climatiques, avec pour conséquence des itinéraires de production perturbés, caractérisés par une disponibilité discontinue en nutriments. Pour les bovins, cela signifie maintenir un niveau de croissance satisfaisant, sans compromettre leurs santé, bien-être et qualité de viande.
L’hypothèse d’iREACT est que les bovins issus de croisements entre femelles laitières et mâles de race à viande, combinent efficience et résilience, grâce à leurs capacités à déposer des tissus gras par rapport aux muscles (rapport gras/muscle élevé) et ainsi, à faire face aux périodes de moindre disponibilité en herbe. Leur faculté à transformer efficacement l’herbe en protéines améliorerait la compétitivité et réduit l’empreinte environnementale. La question majeure d’iREACT est « la variabilité du rapport gras/muscle, induite par le croisement et les pratiques d’alimentation à l’herbe, contribue-t-elle à la résilience métabolique de génisses croisées élevées dans des systèmes herbagers et et assure-t-elle le compromis entre performances économiques et environnementales de tels systèmes ? »
Afin d’y répondre, 4 objectifs de recherche sont déclinés :
• Développer des outils de suivi et de prédiction du rapport gras/muscle in vivo
• Comprendre les déterminants biologiques du rapport gras/muscle, de la résilience et des capacités d’adaptation par un phénotypage moléculaire et en développant de nouvelles méthodes d’intégration des données longitudinales
• Sélectionner des métriques issues d’images ou d’analyses moléculaires pour le phénotypage futur des ressources génétiques bovines pour le rapport gras/maigre, la résilience ou les capacités d’adaptation
• Quantifier les compromis entre la qualité des carcasses, les valeurs nutritionnelle et sensorielle des viandes, et les impacts économiques et environnementaux
L’originalité d’iREACT réside dans son approche pluridisciplinaire de biologie intégrative, englobant les sciences de l’alimentation, la physiologie animale, la biochimie, l’imagerie, la protéomique, la lipidomique, la modélisation des données, la modélisation mécaniste et les statistiques. iREACT apportera des connaissances fondamentales sur les déterminants biologiques du rapport gras/muscle et des connaissances pratiques. Pour les agriculteurs et les politiques publiques, iREACT fournira des lignes directrices pour l’utilisation des régimes à base d’herbe garantissant une production de viande tout au long de l’année, ainsi que des évaluations économiques et environnementales des pratiques “bovins croisés nourris à l’herbe”. Pour les communautés scientifiques et R&D intéressées par l’estimation et la mesure du rapport gras/muscle, plusieurs outils de modélisation et d’imagerie seront proposés. Enfin, de nouvelles méthodes d’intégration longitudinales de données hétérogènes seront produites.
Coordination du projet
Muriel Bonnet (INSTITUT NATIONAL DE RECHERCHE POUR L'AGRICULTURE, L'ALIMENTATION ET L'ENVIRONNEMENT)
L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.
Partenariat
UMRH INSTITUT NATIONAL DE RECHERCHE POUR L'AGRICULTURE, L'ALIMENTATION ET L'ENVIRONNEMENT
UT-IMT Université de Toulouse - Institut de Mathématiques de Toulouse
INSTITUT NATIONAL DE RECHERCHE EN INFORMATIQUE ET EN AUTOMATIQUE
ECOLE NATIONALE SUPERIEURE DES SCIENCES AGRONOMIQUES DE BORDEAUX AQUITAINE BORDEAUX SCIENCES AGRO
Agroscope
Aide de l'ANR 649 949 euros
Début et durée du projet scientifique :
mars 2026
- 48 Mois