Développement d'un protocole IRM optimal à 0,55T pour le suivi de patients atteints de SVD – OPLA
Les imageurs IRM à faible champ magnétique suscitent un intérêt croissant, en raison des coûts d'achat et de maintenance réduits, d'une empreinte carbone et d'un espace alloué minimisés. Néanmoins, deux problèmes limitent leur expansion : le faible rapport signal-sur-bruit (SNR) et les contrastes non-conventionnels. Ainsi, ces systèmes sont actuellement peu attractifs notamment dans le cadre de la détection et le suivi des anomalies cérébrales fines, comme celles qui se développent chez les patients atteints de la maladie des petits vaisseaux (SVD). En effet, cette pathologie crée des anomalies cérébrales, dont des espaces périvasculaires élargis, des hyperintensités de la substance blanche et des micro-saignements. Ces anomalies sont détectables par IRM haute-résolution à haut champ magnétique en appliquant différentes séquences spécifiques.
Notre projet vise donc à développer un protocole IRM rapide et robuste pour détecter ces trois anomalies cérébrales chez les patients atteints de SVD à faible champ magnétique, ici 0,55T.
Pour ce faire, notre expertise en encodage exotique de l’espace de Fourier facilitera l’obtention d’images 3D à fort SNR et à contrastes modulables. Ainsi trois séquences seront développées, pour non seulement déterminer les paramètres optimaux de détection des trois anomalies cérébrales mentionnées ci-dessus, mais aussi pour développer des algorithmes d’Intelligence Artificielle (IA) pour réduire au maximum les temps d’acquisition tout en améliorant le signal et la résolution spatiale des images. Un premier délivrable consiste donc développer un protocole de neuro-imagerie dédié à la détection des conséquences cérébrales de la SVD en 25 minutes. En parallèle, des outils de segmentation automatique seront développés pour être adaptés aux nouveaux contrastes d'images obtenues à 0,55T. Ces outils seront inclus dans un conteneur informatisé open-source pour fournir à la communauté, un outil de quantification automatique. La robustesse de notre stratégie sera validée sur une cohorte de 500 volontaires atteints de SVD. Le but du projet est donc de fournir à la communauté scientifique un pipeline, depuis l’acquisition des images jusqu’à leurs analyses.
Le projet implique un consortium multidisciplinaire réunissant des experts dans le domaine de la physique de l'IRM, des mathématiques appliquées, de la neuro-imagerie, ainsi qu’une société qui développe des outils de segmentation automatique d'images à code source ouvert.
Les avancées espérées dans ce projet permettront de rendre accessible le diagnostic de la SVD à des populations à risque, y compris celles localisées dans les deserts médicaux et les pays des sud. Ce projet est la premiere étape d’une stratégie à long terme, qui vise à apporter la machine IRM au plus près du patient (grâce aux machines à ultra-bas champ en développement) voire des populations pour ainsi élargir le champ d’application de l’IRM à la prévention. Le pipeline bénéficiera également à d'autres pathologies comme la sclérose en plaques ou la maladie d'Alzheimer.
Coordination du projet
Emeline Ribot (Centre de Résonance Magnétique des Systèmes Biologiques)
L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.
Partenariat
CRMSB Centre de Résonance Magnétique des Systèmes Biologiques
Centre Inria de l'Université de Bordeaux INSTITUT NATIONAL DE LA RECHERCHE EN INFORMATIQUE ET AUTOMATIQUE
IMN Institut des Maladies Neurodégénératives
FEALINX
Aide de l'ANR 663 527 euros
Début et durée du projet scientifique :
février 2026
- 48 Mois