Collaboration franco-suisse sur la prédisposition génétiques aux évènements iatrogènes après cancer de l'enfant – FRESCO
FRESCO: un programme franco-suisse pour mieux comprendre les causes génétiques des effets secondaires des traitements anticancéreux administrés chez l'enfant
Les traitements des cancers de l’enfant permettent aujourd’hui à de nombreux patients de guérir, mais peuvent entraîner des complications plusieurs années après. Ce projet franco-suisse vise à comprendre pourquoi certaines personnes sont plus à risque que d’autres de développer des effets secondaires tardifs et notamment des seconds cancers et des troubles auditifs, en étudiant le rôle de leurs caractéristiques génétiques et de leur interaction avec les traitements reçus.
Identifier les facteurs de risque génétique pour mieux prévenir les complications à long terme
Grâce aux progrès des traitements, le nombre d’enfants guéris d’un cancer augmente. Cependant, certains traitements, comme la radiothérapie et les chimiothérapies, peuvent exposer les jeunes patients à des complications de santé à long terme. Parmi celles-ci figurent notamment l’apparition de nouveaux cancers et les troubles de l’audition. Le risque et la gravité de ces complications peuvent varier selon les traitements reçus, les doses administrées et l’âge auquel ils ont été délivrés. Les caractéristiques génétiques de chaque personne pourraient également expliquer une partie de ces différences. Certaines variations génétiques pourraient en effet rendre un patient plus ou moins sensible aux effets indésirables des traitements. Mieux identifier ces facteurs permettrait, à terme, de mieux évaluer les risques et d’adapter la prise en charge des patients. Pour étudier l'impact des facteurs génétiques sur le risque d'effets tardifs, il est nécessaire de disposer d’un très grand nombre de patients afin d’obtenir des résultats fiables. Le projet réunira ainsi deux importantes cohortes de survivants d’un cancer de l’enfant : la cohorte française FCCSS, qui compte 7 670 patients, et la cohorte suisse SCCSS, qui en compte plus de 12 000. Leur mise en commun permettra d’atteindre une taille suffisante pour étudier les liens entre caractéristiques génétiques, traitements reçus et complications de santé. Le projet poursuivra deux objectifs principaux : - identifier les variations génétiques associées au risque de développer un nouveau cancer après un cancer de l’enfant ; - rechercher les facteurs génétiques associés à des complications non cancéreuses, en particulier la perte auditive. À plus long terme, ces travaux pourraient contribuer à mieux identifier les patients les plus à risque et à améliorer leur suivi, voire à favoriser une personnalisation des traitements et de la surveillance après guérison.
Le projet s’appuiera sur l'analyse conjointe de deux grandes cohortes de survivants d’un cancer de l’enfant : la cohorte française FCCSS et la cohorte suisse SCCSS.
Les chercheurs analyseront les données cliniques et génétiques disponibles pour rechercher des liens entre les caractéristiques génétiques des patients, les traitements reçus pendant l’enfance et les complications de santé apparues au cours de la vie.
Une première approche consistera à rechercher des variations génétiques particulières associées à la survenue de nouveaux cancers après un cancer de l’enfant. Les analyses porteront notamment sur différents types de cancers secondaires, comme les méningiomes, les sarcomes, les cancers de la thyroïde ou du sein.
Les chercheurs étudieront également les facteurs de risque génétique de perte auditive, complication fréquente et invalidante chez les survivants de cancer pédiatrique ayant été traités par sels de platine ou radiothérapie de la tête et du cou. Des analyses similaires pourront ensuite être étendues à d’autres complications, notamment cardiovasculaires ou pulmonaires.
Le projet étudiera l'impact de variants génétiques fréquents (SNPs), de scores de risque polygénique (PGS) et de variants rares. Les PGS permettent de prendre en compte simultanément un grand nombre de variations génétiques afin d’évaluer si leur combinaison est associée à un risque plus élevé de développer une complication.
Cette approche permettra de mieux comprendre pourquoi certains survivants développent des complications après leur traitement alors que d’autres n’en présentent pas, et pourra contribuer à améliorer à terme l’évaluation des risques, le suivi à long terme et la personnalisation de la prise en charge.
Analyses en cours
Analyses en cours
L'exposition de jeunes tissus sains à la radiothérapie, aux chimiothérapies et aux nouveaux traitements ciblés augmente le risque de diverses maladies chroniques, en fonction de la dose, de l'âge à l'administration et des protocoles de traitement. Les cancers secondaires et l'ototoxicité font partie des effets tardifs les plus fréquents survenant après les traitements du CC.
La susceptibilité génétique constitutionnelle joue, par elle-même et par interaction avec les traitements du CC, un rôle important dans l'apparition de complications de santé. L'identification de variants génétiques à risque spécifiques repose sur une puissance statistique suffisante qui ne peut être obtenue que par le biais de cohortes importantes utilisant des méthodologies rigoureuses afin de réduire le risque de résultats erronés.
Nous proposons de créer une base de données biologique et épidémiologique franco-suisse transnationale d'une taille suffisante et avec un large éventail de suivi, afin de permettre des recherches sur le rôle de la susceptibilité génétique dans le risque et la gravité des complications du traitement subies par les survivants de cancers infantiles, qui ne sont pas possibles au niveau national. Ainsi, la cohorte Française des Survivants d'un Cancer de l'Enfant (FCCSS), qui comprend 7 670 patients, et l'étude suisse sur les survivants du cancer infantile (SCCSS), qui comprend plus de 12 000 patients, offrent une occasion unique d'obtenir la masse critique nécessaire pour les analyses d'association génotype-phénotype sur les résultats de santé pertinents.
Ce projet permettra de combler les lacunes dans notre compréhension de la susceptibilité génétique à la toxicité induite par le traitement du cancer du sein, de fournir une cohorte de réplication avec des résultats spécifiques et d'améliorer la classification des risques et l'adaptation des traitements pour les patients.
Nos objectifs spécifiques sont les suivants :
· Étudier le rôle de variantes génétiques germinales spécifiques dans le risque de deuxième néoplasme (SN) chez les patients atteints d'un cancer infantile.
· Construire des scores de risque polygénique (PRS) et évaluer l'influence des variants de risque génétique déjà publiés pour la population générale sur les cancers secondaires survenant après un traitement du cancer infantile. Cela sera fait pour les cancers secondaires, tous types confondus, survenant à l'adolescence et au début de l'âge adulte, mais aussi pour des néoplasmes spécifiques, comme les méningiomes secondaires, les sarcomes, les cancers de la thyroïde et du sein survenant à l'âge adulte et à la fin de l'âge adulte.
· Identifier les variantes génétiques germinales pour les complications non cancéreuses après un cancer infantile en se concentrant sur la perte auditive en tant que complication persistante importante pour tous les types de cancer ensemble et par types de tumeurs malignes majeures. Nous étendrons les analyses à d'autres complications de santé dans le cadre de futurs efforts (par exemple, les maladies cardiovasculaires, les complications pulmonaires et autres).
· Construire des scores de risque polygénique (PRS) et évaluer les PRS déjà proposés pour la population générale et les PRS précédemment publiés pour l'ototoxicité après un traitement contre un cancer infantile. Tester des ensembles de gènes candidats dans différentes voies métaboliques telles que la réparation de l'ADN, le métabolisme des folates, l'apoptose, la croissance cellulaire, le métabolisme des médicaments et d'autres cibles impliquées dans des complications de santé spécifiques.
· · Étudier les effets d'interaction entre les variants génétiques et différents traitements du cancer chez l'enfant (par exemple, les anthracyclines, les composés du platine, les stéroïdes) dans le risque de ces complications de traitement.
Coordination du projet
BRICE FRESNEAU (GUSTAVE ROUSSY)
L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.
Partenariat
CESP INSTITUT NATIONAL DE LA SANTE ET DE LA RECHERCHE MEDICALE
GR GUSTAVE ROUSSY
HUG University of Geneva
University of Bern
Aide de l'ANR 603 139 euros
Début et durée du projet scientifique :
décembre 2025
- 42 Mois