Accès à l’Eau, Santé et Insertion socio-professionnelle des populations vivant en Bidonvilles – ESIB
En France métropolitaine, plus de 330 000 personnes sont sans domicile et 100 000 personnes vivent dans des habitats de fortune tels que des bidonvilles, avec un accès limité ou inexistant à l’eau potable. Ce manque d’accès aux services d’eau et d’assainissement contraint les populations qui vivent au sein de sites d’habitats précaires à avoir recours à des solutions alternatives pour couvrir leurs besoins vitaux, ce qui présente des risques sur la santé des populations, induit des corvées d’eau qui pèsent notamment sur les femmes et les enfants, et renforce les freins aux efforts d'insertion (scolarisation, recherche d'emploi...). La transposition en droit français de la directive européenne relative aux eaux destinées à la consommation humaine a mis en lumière cette problématique, consacrant l’objectif d’accès à l’eau de l’ensemble des habitant-e-s en France, en particulier pour les groupes vulnérables et marginalisés. A notre connaissance, il n’existe pas d’étude faisant le lien entre la précarité en eau, la santé et l’insertion socio-professionnelle des populations vivant en bidonvilles en France. Pour répondre à ce manque et avec pour objectif l’accès à l’eau pour tous, le consortium souhaite effectuer un projet de recherche ciblé sur les métropoles de Nantes et de Marseille, avec l’hypothèse que le manque d’accès à l’eau renforce la précarité des personnes et a des conséquences sur leur état de santé (physique et mentale) et sur leur capacité d’insertion (sociale, professionnelle, scolaire).
Cet avant-projet a pour objectifs de 1) définir la question, les indicateurs et le protocole de recherche permettant d’étudier les liens entre l’accès à l’eau, la santé et l’insertion socio-professionnelle des personnes vivant en bidonvilles en France, 2) développer et évaluer les outils de collecte des données, 3) identifier et associer les acteurs locaux et nationaux. Une revue de littérature de publications scientifiques et de littérature grise sera effectuée. Elle permettra d’obtenir un état des lieux des connaissances sur l’accès à l’eau, la santé et l’insertion socio-professionnelles des personnes vivant en bidonvilles en France. Cependant, beaucoup de connaissances sont détenues par les associations et institutions œuvrant sur ces aspects, et ne sont pas publiées dans des rapports ou journaux scientifiques. Des entretiens effectués avec des intervenants-clés permettront de compléter les résultats de la revue de littérature. Des visites terrain permettront également d’appréhender les aspects opérationnels pouvant influencer la mise en œuvre du projet de recherche. Ces tâches permettront d’alimenter les réflexions du consortium pour répondre au premier objectif. Les outils de collecte de données identifiés dans le protocole de recherche seront ensuite co-développés et évalués de manière itérative par les partenaires du consortium.
L’avant-projet permettra de renforcer le réseau d’acteurs impliqués dans l’accès à l’eau, la santé ou l’insertion socio-professionnelle des personnes vivant en bidonvilles en France, avec des synergies entre acteurs académiques, associatifs et institutionnels. Les résultats du projet de recherche seront ensuite utilisés pour mettre en évidence l’importance de garantir un accès à l’eau pour tous et toutes et de travailler au raccordement des populations vivant dans des bidonvilles au réseau d’eau potable général. Les pouvoirs publics et décisionnaires seront ciblés afin d’augmenter la couverture d’accès à l’eau des populations, et d’alimenter la nécessaire effectivité des nouvelles mesures législatives inhérentes à l’accès à l’eau. Ces résultats permettront également une meilleure connaissance et compréhension des besoins des populations vivant dans des bidonvilles en France, et de comment y répondre.
Coordination du projet
Marine Ricau (GEOSCIENCES RENNES)
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Partenariat
GEOSCIENCES RENNES
SI Solidarités International
Aide de l'ANR 99 994 euros
Début et durée du projet scientifique :
- 18 Mois