Berlin, Paris : Topographies métropolitaines face à la guerre (1937-1945) L’aménagement urbain entre contraintes et transferts – MetropoL40
Notre projet de recherche entend reconstruire les interactions franco-allemandes en matière d’urbanisme et d’aménagement durant la Seconde Guerre mondiale, et face à la menace de celle-ci les années qui précèdent. Faisant appel à l’histoire des organisations et à celle de l'architecture et de l'urbanisme sous le nazisme et Vichy, le travail interdisciplinaire mobilisera des sources diverses : matériel graphique de projets ; archives écrites. Des archivistes, conservateurs de musées seront associés pour élargir les corpus. Les humanités numériques joueront un rôle important dans l’incrémentation des résultats qui seront présentés à la fois dans une publication bilingue et dans un atlas en ligne.
Cette histoire institutionnelle et matérielle est susceptible de retracer les chaînes de décisions et les transformations topographiques sur l’espace des deux capitales. Elle repose sur la notion d’une ‘culture de l’aménagement‘ (Planungskultur) qui s’établit au tournant du 20e siècle, avec une ambition scientifique déployée par les sphères administratives et les praticiens du projet, dans un riche dialogue international. Nous partons du principe que ces échanges entre experts n’ont pas été interrompus entre la France et l’Allemagne durant la guerre, mais redistribués ; que l'imminence et le début du conflit ont en fait constitué un moment d'accélération de la pensée métropolitaine et de la rationalisation des cadres juridiques et techniques de planification dans les deux pays. Nous interrogerons la mise en œuvre de programmes dédiés à la logistique militaire et à la défense passive pour déterminer s’ils ont exercé une inflexion sur les plans directeurs auparavant décidés, le PARP (plan d’aménagement de la région parisienne) et le plan directeur de Berlin du General Bau Inspektor (GBI).
Le Paris occupé sera comparé avec deux autres villes françaises au statut différent, Marseille et Lille, la première en zone libre jusqu’à la fin 1942, la seconde en zone annexée, afin de préciser la marge d’initiative laissées aux administrations locales vis-à-vis des autorités allemandes. Deux autres capitales, Bucarest et Lisbonne, offriront un contrepoint européen sur les transferts d’expertises.
Pour ce faire, la théorie de la réception sera mobilisée, partant du postulat qu’un transfert culturel ne peut s’accomplir sans injonction du milieu récepteur. Le phénomène de transfert échappant ainsi au schéma unilatéral du dominant exerçant sa contrainte sur le dominé.
Par rapport à l’historiographie existante, la plus-value escomptée de la recherche concerne l’approfondissement des connaissances sur le PARP et le plan du GBI ; l’ouverture de chantiers thématiques encore peu explorés ; et surtout sur le croisement d’archives françaises et allemandes sur un même objet, afin de dépasser les problématiques jusque-là posées dans un cadre national et sur la base d’un matériel unilingue.
Coordination du projet
Corinne Jaquand (Institut parisien de recherche architecture urbanistique société)
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Partenariat
IPRAUS Institut parisien de recherche architecture urbanistique société
FH-Potsdam
Aide de l'ANR 512 938 euros
Début et durée du projet scientifique :
août 2025
- 36 Mois