Premières mémoires et formes de savoirs. Étude comparée de l'immédiat après-coup du génocide et des premières formes de savoirs, de mémoires, de documentation, de commémoration, de pratiques matérielles dans les cas de la Shoah et du génocide des Tutsi – FIMEMO
Le projet FIMEMO (Premières mémoires et formes de savoirs. Étude comparée de l'immédiat après-coup du génocide et des premières formes de savoirs, de mémoires, de documentation, de commémoration, de pratiques matérielles dans les cas de la Shoah et du génocide des Tutsi) propose d'étudier les "premiers savoirs" produits par les survivants et les communautés atteintes, diasporas comprises, à la suite d'un génocide. Il se concentre sur les deux premières décennies qui ont suivi la Shoah (1944-1964) et le génocide des Tutsi au Rwanda (1994-2014), et sur les pratiques matérielles et mémorielles qui ont émergé pendant cette période. Son ambition est d'explorer la valeur heuristique d'une approche interdisciplinaire en mettant en dialogue les recherches récentes dans le champ des études sur l’après-coup de la Shoah (« Aftermath Studies ») et le champ, encore peu exploré, s’intéressant à l’immédiat après-coup du génocide des Tutsi. Le projet s'intéresse aux premières mémoires des survivants, à leurs initiatives pour documenter les crimes, enterrer et commémorer leurs morts, et produire des premières formes savoir. Le projet vise à mettre en lumière des points aveugles dans l’étude de ces deux génocides concernant les formes de savoir et de mémoire des communautés atteintes dans leur relation parfois conflictuelle avec l’État. Il cherche à renouveler les conceptualisations existantes du génocide en mettant l'accent sur la période de l’après-coup et en proposant une réévaluation des formes militantes et situées de la mémoire et de la production de savoirs à travers la notion d'épistémologies minoritaires.
Au regard des débats actuels sur les enjeux de la démarche comparatiste, le projet FIMEMO emprunte une voie différente en mettant an dialogue au plan empirique les pratiques des survivants dans deux contextes post-génocidaires, fondant ainsi une perspective comparatiste centrée sur l’après-coup. Le caractère innovant du projet réside dans son orientation méthodologique concernant un objet d'étude clairement défini pour élaborer une réflexion interdisciplinaire et comparatiste. L'analyse conjointe des pratiques mémorielles et matérielles et des processus de production de connaissances au lendemain du génocide vise à jeter les bases empiriques du champ des "études comparatistes sur l'après-coup". En associant les approches allemandes et françaises et en les ouvrant à la recherche produite dans les pays où les génocides ont eu lieu (Rwanda, Pologne et Europe de l'Est plus généralement), le projet vise à créer un consortium transnational sur les "études comparatistes sur l’après-coup". Le travail conjoint de chercheurs européens et rwandais sur des études de cas jusqu'ici peu étudiées constituerait l'un des premiers projets de ce type.
Coordination du projet
Aurélia Kalisky (Centre franco-allemand de recherches en sciences sociales)
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Partenariat
CENTRE MARC BLOCH Centre franco-allemand de recherches en sciences sociales
CHUS Centre de recherche Humanités et Sociétés
ZfA / TU Berlin Zentrum für Antisemitismusforschung / Techniche Universität
Aide de l'ANR 508 554 euros
Début et durée du projet scientifique :
septembre 2025
- 36 Mois