L’insoutenable financiarisation planétaire. Spécialisation économique, marchés de capitaux et dégradation environnementale dans la production de l’espace en France et au Brésil – FinPlanet
Au croisement de la géographie économique, de l’aménagement et de l’écologie politique, cette recherche entend clarifier les liens entre des trajectoires de développement territorial et la crise environnementale dans le cadre d’une économie financiarisée. Les spécialisations économiques des territoires déterminent des formes de production de l’espace et les transitions environnementales en résultant. En témoigne l’exploitation par l’agro-business de vastes ténements fonciers dénués de biodiversité, ou les plateformes logistiques soutenues par des systèmes énergétiques et de transport environnementalement coûteux. Or divers secteurs économiques à la source de ces spécialisations font l’expérience d’une financiarisation à mesure que les acteurs des marchés des capitaux y dirigent leurs investissements. Des fermes éoliennes de la Bourgogne aux hôtels du littoral du Nordeste brésilien, la documentation de ce processus en pointe le caractère planétaire. Alors que le débat public et scientifique s’est focalisé sur la soutenabilité de la « finance verte », nous déplaçons l’attention sur cette financiarisation planétaire de l’exploitation des ressources environnementales à partir de l’hypothèse selon laquelle un tel processus amplifie la production d’espaces écologiquement insoutenables. Pour dépasser la division du travail scientifique entre Suds et Nords, cette hypothèse est traitée au moyen de comparaisons par paires France/Brésil. Partant de l’idée que facteurs, processus et effets se différencient selon les secteurs, ces comparaisons portent sur le financement de la production des espaces de l’agro-business, des mines, de la logistique, du tourisme et de l’éolien, et ses impacts à différentes échelles. Les spécialistes réunis dans ce projet collaboreront au moyen d’un protocole de recherche unifié reliant l’étude des circuits de financement (flux, acteurs, instruments) à l’analyse des effets spatiaux, politiques, sociaux et environnementaux de leur ancrage.
Coordination du projet
Ludovic Halbert (Laboratoire Techniques, Territoires et Sociétés)
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Partenariat
LATTS Laboratoire Techniques, Territoires et Sociétés
Instituto de Arquitetura e Urbanismo - Universidade de Sao Paulo
Aide de l'ANR 445 753 euros
Début et durée du projet scientifique :
janvier 2025
- 48 Mois