CE55 - Sociétés et territoires en transition 2024

Etudier l'aquaculture en ville : de la pollution des eaux à la santé humaine – CityFish

Résumé de soumission

L'aquaculture est l'un des secteurs du système alimentaire mondial dont la croissance est la plus rapide ; elle fait actuellement l'objet d'un processus d'intensification marqué. L’essentiel de la production aquacole se concentre en Asie et une grande partie de la production est exportée à l’international. Les pays à revenu élevé restent les principaux importateurs de produits aquatiques. Les chaînes d'approvisionnement en poisson sont souvent longues et la traçabilité particulièrement faible. Avec l'essor de la production aquacole, de nombreuses exploitations se développent dans les régions urbaines. Ces fermes sont particulièrement exposées aux pollutions, qui affectent alors les bactéries vivant dans l'eau. Cette exposition favorise l'émergence de pathogènes antibiorésistants, une menace mondiale majeure qui induit près de 5 millions de décès chaque année. La localisation des exploitations des zones urbaines à forte densité de population pourrait accroître le risque de dissémination des pathogènes vers les populations humaines.

Le projet CityFish propose d’étudier la dimension spatiale de l'émergence de l’antibiorésistance à une échelle très fine. Nous considèrerons le cas de Hanoi (Vietnam), où les étangs aquacoles couvrent près de 24 000 ha. Le Vietnam est le troisième exportateur mondial de poissons et de crustacés ; il est également connu pour être un épicentre de bactéries multirésistantes.
Les fermes de Hanoi sont variées, tant en termes de localisation que de pratiques agricoles : cela entraîne des niveaux variables de contamination de l'eau. Nous proposons d’abord de rendre compte de cette diversité et d’établir une typologie spatialisée des exploitations agricoles (WP1). Ensuite, nous évaluerons l'état effectif des contaminations et de l’antibiorésistance en analysant l'eau des exploitations, et nous déterminerons ainsi un indice de risque d’antibiorésistance (WP2). Cela nous permettra d'identifier les types d'exploitations qui sont les plus à risque. Enfin, en étudiant les pratiques tout au long de la chaîne de production et de vente du poisson, nous étudierons les voies potentielles de propagation des agents pathogènes de l'environnement aquatique des fermes aux populations humaines à l'échelle locale et leurs itinéraires à l'échelle mondiale (WP3).

Le projet CityFish explore le lien entre l'environnement, l'alimentation et la santé, qui se trouve au cœur de l'approche de la santé globale. Il examine les spécificités de l'environnement urbain en lien avec l'émergence de risques sanitaires associés à la production alimentaire. La combinaison de méthodes interdisciplinaires (méthodes qualitatives, SIG, analyses biochimiques et microbiologiques) permet de proposer une approche originale et innovante pour évaluer la distribution spatiale des risques et identifier les zones clés de la ville qui nécessitent une surveillance particulière. Ce projet s'inscrit dans la perspective « Une Seule Santé », qui reconnaît l'interconnexion de l'environnement, de la santé animale et de la santé humaine.

Le projet CityFish ouvrira la voie à un nouveau domaine de recherche dans le champs des systèmes alimentaires urbains, qui ont jusqu’ici accordé peu d'attention à la production animale, en étudiant leur dimension sanitaire. Le projet se concentrera sur le cas d'une méga-région urbaine dans un pays émergent où le poisson est un produit matériel de la ville, affecté par ses effluents, et circulant ensuite au niveau régional et international. Ce faisant, il explorera comment une pratique locale peut devenir une menace pour la santé humaine à l'échelle mondiale. Nous considérons donc l’antibiorésistance non pas (seulement) comme un phénomène biologique, mais comme le résultat de dynamiques spatiales (y compris la circulation des polluants) et de pratiques sociales (y compris les pratiques d'élevage et de vente), ce qui constituera une avancée majeure dans la compréhension de cette menace sanitaire mondiale.

Coordination du projet

Gwenn Pulliat (Acteurs, Ressources et Territoires dans le Développement)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

ART-Dev Acteurs, Ressources et Territoires dans le Développement

Aide de l'ANR 447 899 euros
Début et durée du projet scientifique : novembre 2024 - 48 Mois

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