Expériences de la violence et formes de mobilisation au Myanmar – EVIMOB
Les formes contemporaines de mobilisation sont multiples, modulaires et variables. Les spécialistes des mouvements sociaux ont longtemps débattu des modes de création et de l'étendue de l'action collective. EVIMOB propose une étude de cas sur un pays peu documenté, le Myanmar, et examine comment les mémoires, les expériences et l'histoire de la violence peuvent informer et générer de nouveaux types d'actions contestataires. Le coup d'État du 1er février 2021 a brusquement mis fin à l'expérience démocratique du pays et a été suivi d'un rejet massif et multiforme du régime militaire. Nous proposons une approche interdisciplinaire des relations entre violence et mobilisation en contextes urbains, ruraux et diasporiques, et à travers les champs politique et religieux à différentes périodes. Dans une société où la médiation publique du passé est contestée, notre hypothèse est que les mobilisations révèlent des moyens alternatifs de médiation des mémoires collectives ancrées dans des expériences de violence qui servent de base au changement social. Par des recherches en archives, en ligne et sur le terrain, ce projet cherche à analyser a) comment les mobilisations passées informent les actions collectives contemporaines, en examinant les continuités et les innovations dans les répertoires et les formes de contestation ; b) comment les mobilisations informent les expériences de violence, en analysant la (re)création de récits et de lieux de mémoire. EVIMOB vise à renouveler les discussions sur les relations entre violence, mémoire et politique qui, au Myanmar, se sont longtemps concentrées sur les conflits communautaires et ethniques et sur la coercition étatique. Fondé sur une collaboration entre trois générations de chercheurs français et birmans, qui s'est intensifiée depuis l'ouverture démocratique du pays après 2010, EVIMOB offre une occasion unique de favoriser les échanges de recherche au sein de cette "discipline rare" que sont les études birmanes.
Coordination du projet
Bénédicte BRAC DE LA PERRIÈRE (Centre Asie du Sud-Est)
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Partenariat
CASE Centre Asie du Sud-Est
Aide de l'ANR 529 730 euros
Début et durée du projet scientifique :
décembre 2024
- 36 Mois