CE35 - Maladies infectieuses et environnement 2024

L’interaction parasite abeille-Varroa : Un modèle pour la découverte de nouvelles cibles acaricides – ParaGluRsite

Résumé de soumission

Les ectoparasitoses, maladies induites par des parasites comme la tique, le pou, la puce ou la mite, posent des défis croissants en matière de prise en charge. Les traitements disponibles reposent en effet sur un petit nombre de molécules dont l’utilisation intensive a conduit à l’émergence de résistances dans les populations parasitaires, et a aussi contribué à altérer environnement et biodiversité. La recherche de nouvelles solutions thérapeutiques, plus respectueuses de l’environnement, est impérative.

Notre projet vise à valider les récepteurs ionotropiques du glutamate (iGluRs), qui jouent un rôle central dans la transmission neuro-musculaire chez les arthropodes qui incluent les acariens et les insectes, en tant que nouvelles cibles moléculaires pour le développement de nouveaux ectoparasiticides.

Le varroa (Varroa destructor) est un ectoparasite des abeilles considéré comme un facteur majeur du déclin des colonies d’abeilles. En mettant l'accent sur le modèle parasite abeille-varroa, où à la fois l'hôte et le parasite appartiennent au même embranchement des arthropodes, nous imposons une spécificité élevée dans la recherche de nouvelles cibles moléculaires et de molécules associées. Ces dernières doivent être fortement actives contre les acariens sans avoir d’impact sur les insectes. Cette démarche permet d’intégrer très en amont dans la recherche de nouveaux acaracides la préservation de la biodiversité.

D’un point de vue expérimental, en intégrant dans nos travaux Ixodes ricinus, qui l’acarien le plus répandu en Europe et vecteur de la maladie de Lyme, et le puceron, qui est un insecte ravageur notoire de nos cultures de légumineuses, nous accroissons nos chances d’aboutir à des résultats et potentiellement des traitements qui pourront profiter à plusieurs parasitoses.

Une analyse comparative des génomes d’insectes, dont celui de l’abeille et du puceron, avec ceux d’acariens, comme celui du Varroa ou d’ixodes ricinus, révèle une diversité moléculaire des iGluRs, ouvrant (1) la voie à un criblage différentiel de biolomécules pour identifier des modulateurs spécifiques des iGluRs d’acariens, et (2) au design de dsRNA spécifiques de ces iGluRs. Les biomolécules examinées seront des composés extraits d'huiles essentielles, et des peptides issus de venins d’araignées et de fourmis dont la liaison sur les iGluRs sera optimisée in silico, et dont l’efficacité d’administration sera améliorée par différentes approches de nanovectorisation.

L’innocuité des molécules capables de bloquer la locomotion des Varroas ou des tiques Ixodes sera évaluée au moyen de tests comportementaux locomoteurs et cognitifs sur les abeilles, de tests toxicologiques in vivo sur le puceron, et enfin sur la transmission synaptique chez le rongeur.

Coordination du projet

Matthieu Rousset (Institut des Biomolécules Max Mousseron)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

IBMM Institut des Biomolécules Max Mousseron
EGCE Évolution, génomes, comportement et écologie
SIFCIR Université Angers
P2E Université Orléans

Aide de l'ANR 642 930 euros
Début et durée du projet scientifique : mars 2025 - 48 Mois

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