Mécanismes cellulaires et circuitaires sous-jacents à la néophobie gustative dans le cortex gustatif de la souris. – NeoTaste
Les animaux, y compris les humains, les primates ainsi que les rongeurs, manifestent souvent une hésitation à consommer de nouveaux aliments en raison d'un manque d'information sur leur innocuité ou leur toxicité. Cette réticence initiale est appelée néophobie gustative, généralement un effet temporaire qui diminue avec une exposition répétée alors que l'individu apprend que la nourriture est inoffensive. L'habituation à la néophobie, appelée familiarisation, se poursuit jusqu'à ce que la nourriture soit acceptée comme sûre et familière. Les processus hautement intégratifs de la néophobie gustative et de la familiarisation se produisent dans une zone corticale dédiée appelée le cortex gustatif (GC). Chez les rongeurs, le GC occupe la partie centrale du cortex insulaire et est situé à la surface cérébrale latérale ventrale, divisée par l'artère cérébrale moyenne. Le GC encode non seulement l'identité chimique de la nourriture, mais intègre également des informations supplémentaires, telles que sa valeur hédonique (par exemple, sa palatabilité) et sa nouveauté, pour réguler rapidement les comportements alimentaires. Le GC reçoit des informations chémoréceptives du thalamus gustatif (VPMpc) et des entrées de palatabilité de l'amygdale (BLA), avec des projections cholinergiques du noyau basalis magnocellularis (NBM) transmettant la nouveauté des substances gustatives. Bien que l'importance du GC et de ces zones projetantes dans l'identification du goût nouveau ou familier ait été précédemment établie, les mécanismes cellulaires et circuitaux par lesquels les neurones du GC intègrent dynamiquement les entrées thalamiques, amygdaliennes et cholinergiques restent inconnus. L'objectif du projet NeoTaste est d'étudier comment le GC intègre les entrées gustatives pour former des représentations neuronales du goût nouveau et familier. Nous émettons l'hypothèse que les propriétés anatomiques et fonctionnelles uniques des dendrites des neurones pyramidaux de la couche 5 du GC jouent un rôle essentiel dans l'intégration des entrées gustatives pendant la néophobie et la familiarisation. Pour tester notre hypothèse, nous avons créé un consortium qui permet une analyse multi-niveaux en exploitant l'expertise diversifiée des partenaires. Cela comprend la cartographie synaptique fonctionnelle ex vivo, la physiologie cellulaire et dendritique, l'imagerie in vivo à deux photons chez la souris en comportement fixe, la photométrie par fibre chez la souris libre de ses mouvements, et la manipulation spécifique au circuit combinée au comportement de la souris. Ce projet représente la première tentative d'investigation exhaustive de l'impact des propriétés actives dendritiques dans le traitement du GC. Avec le projet NeoTaste, dirigé par M. Carta (IINS, Bordeaux), N. Takahashi (IINS, Bordeaux), et G. Ferreira (NutriNeuro, Bordeaux), nous visons à élucider les mécanismes par lesquels le circuit du GC intègre les informations gustatives pour guider le comportement. Nous anticipons que les résultats du projet Neotaste apporteront de nouvelles perspectives sur les mécanismes par lesquels l'identité chimique du goût, la valeur hédonique (par exemple, la palatabilité) et la nouveauté sont intégrées dans le GC aux niveaux des neurones individuels et du réseau, guidant finalement le comportement.
Coordination du projet
Mario Carta (Centre national de la recherche scientifique)
L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.
Partenariat
IINS Centre national de la recherche scientifique
IINS Centre national de la recherche scientifique
NutriNeurO Laboratoire Nutrition et Neurobiologie Intégrée
Aide de l'ANR 855 582 euros
Début et durée du projet scientifique :
- 48 Mois