Caractérisation des défauts dentaires induits par un stress – DStress
Compte tenu des propriétés uniques des tissus dentaires, les dents peuvent être considérées comme des archives fossiles dans lesquelles l'histoire des expositions environnementales précoces d'un individu est imprimée de façon permanente. La caractérisation des défauts dentaires du développement (DDD) qui en résultent permettront de les utiliser comme biomarqueur précoce de l'exposition à des facteurs de stress spécifiques pendant la période périnatale correspondant au moment du développement des dents. Sur la base de données préliminaires encourageantes chez la souris et le rat, l'hypothèse testée dans le cadre du projet DStress est que le stress psychologique chronique au début de la vie peut provoquer des DDD en impliquant les hormones du stress. Le projet DStress vise à caractériser ces DDD dans trois modèles expérimentaux résultant du stress de la séparation maternelle chez les petits, de stress social chronique de l’adulte et du traitement hormonal à la cortisone (WP1), afin de démontrer l'implication de la voie corticostéroïde dans le développement dentaire et dans les DDD (WP2). L’emploi de modèles expérimentaux modifiés pour la voie des minéralocorticoïdes (MR et NGAL) combiné à des traitements pharmacologiques avec un inhibiteur spécifique du MR, ou avec des stress chroniques, permettra de démontrer le rôle fonctionnel in vivo de ces voies de signalisation dans les DDD (WP2). Les données expérimentales attendues du projet DStress seront immédiatement transposées à l'homme (WP3) grâce à l’élargissement du consortium aux chercheurs et dentistes en santé publique coordonnant les deux cohortes nationales de suivi d’enfants, ELFE et EPIPAGE 2.
DStress est un projet qui regroupe des chercheurs de différents domaines, des dentistes, des neurobiologistes, des physiologistes, des biologistes moléculaires et des ingénieurs minéralistes formant un consortium avec des expertises complémentaires, ayant récemment publié des articles dans des revues reconnues de haut niveau. L’ensemble de ces atouts augmente la probabilité de succès du projet et permet également de proposer des tâches innovantes risquées.
Si, dans le futur, les DDD pouvaient être utilisés comme marqueurs de pathologies psychiatriques et neuronales voire cardiovasculaires, cela permettrait de diagnostiquer précocement les patients atteints de DDD exposés à un stress psychologique chronique pendant la période périnatale, de mettre en place un suivi approprié le plus tôt possible afin d'augmenter l'efficacité des thérapies engagées.
Coordination du projet
Sylvie BABAJKO (PATHOLOGIES, IMAGERIE ET BIOTHERAPIES ORO-FACIALES)
L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.
Partenariat
ICAN Sorbonne Université
URP2496-UPCité PATHOLOGIES, IMAGERIE ET BIOTHERAPIES ORO-FACIALES
CRESS-UPCité Centre de Recherche en Epidémiologie et StatistiqueS
NPS Neurosciences Paris-Seine
Aide de l'ANR 576 756 euros
Début et durée du projet scientifique :
septembre 2024
- 42 Mois