Recombinaison de chromosomes sans sexe : le mécanisme de la recombinaison interhomologue mitotique chez les diatomées – REMIX
La survie des espèces nécessite un équilibre délicat entre la stabilité du génome des individus et la variabilité génétique au sein de la population. La recombinaison homologue (RH) au cours de la méiose utilise des chromosomes homologues comme modèle et constitue une source majeure de diversité génétique dans les organismes à reproduction sexuée. Dans les cellules en division mitotique, la RH est limitée aux chromatides sœurs identiques, conservant ainsi l'information génétique. En revanche, la RH entre chromosomes homologues (recombinaison interhomologue) dans les cellules végétatives est supprimée chez la plupart des eucaryotes afin d'éviter une perte néfaste d'hétérozygotie et des aberrations chromosomiques. De manière inattendue, j'ai récemment démontré que les diatomées, des microalgues contribuant de manière significative à la production primaire de la Terre, présentent des niveaux inhabituellement élevés de recombinaison interhomologue mitotique. Cela pourrait compenser leur propagation largement clonale et éventuellement expliquer leur succès écologique. J'émets l'hypothèse que chez les diatomées, les contraintes empêchant l'utilisation de chromosomes homologues comme modèles RH sont assouplies.
Dans REMIX, mon objectif est de déterminer les facteurs clés impliqués dans la recombinaison interhomologue mitotique des diatomées en i) quantifiant les types d'événements de recombinaison ; ii) déterminer les principaux déclencheurs et les composantes RH impliquées ; et iii) identifier les facteurs moléculaires impliqués dans le choix du modèle RH. L'intégration de ces approches aboutira à un modèle de reconnaissance et de recombinaison des chromosomes dans les cellules végétatives de diatomées et fera progresser notre compréhension des barrières empêchant une telle recombinaison dans d'autres organismes. Cela fournira de nouvelles informations sur les processus essentiels qui assurent la stabilité du génome dans les cellules mitotiques.
Coordination du projet
Petra Bulankova (Institut de biologie de l'Ecole Normale Supérieure PSL)
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Partenariat
IBENS Institut de biologie de l'Ecole Normale Supérieure PSL
Aide de l'ANR 369 226 euros
Début et durée du projet scientifique :
décembre 2024
- 36 Mois