Le vieux pékinois et la genèse du mandarin standard (1850-1950) – OPEK
Le vieux-pékinois et la genèse du mandarin standard (1850-1950)
Lin XIAO
Durant la centaine d’années (1850-1950) qui a suivi l’entrée de la Chine dans le monde moderne, la langue chinoise a connu des changements sociaux et culturels radicaux dont le résultat final a été la fixation d’une langue nationale standardisée. Ce projet propose une approche du contact linguistique fondée sur le transfert culturel entre les différentes langues et les différents dialectes qui étaient parlés dans la cité de Pékin durant les années 1850-1950, dans la période qui a conduit à la genèse du mandarin standard.
Entre 1898 et 1949, des grammaires chinoises ont été écrites et publiées par des savants chinois sous l’influence de grammaires chinoises compilées par des savants occidentaux. Certaines de ces premières grammaires étaient fondées sur des grammaires existantes, y compris des grammaires d’autres langues. L’étude de la description grammaticale du vieux-pékinois constituera le cœur de ce projet scientifique comme un jalon essentiel pour comprendre le processus de koinéisation des dialectes mandarins et l’élaboration d’une langue commune.
Ce projet, soumis comme partie du programme ERC Starting Grant, vise (a), d’abord, à identifier le système linguistique propre au vieux-pékinois en tant que dialecte de base du mandarin standard ; (b) en second lieu, à examiner les phénomènes de contact linguistique qui ont touché la langue pékinoise sous la pression des langues altaïques (particulièrement les langues mongoles, toungouses-mandchoues et turciques) ; (c) et, surtout, à présenter une description sommaire du vieux-pékinois documenté entre 1850 et 1950, avec un accent particulier apporté à ses constructions morphosyntaxiques (en particulier l’ordre des mots, les groupes nominaux, le système pronominal, les séries verbales, les prépositions et les conjonctions, les phrases interrogatives).
Le corpus de cette recherche sera double : (i) des grammaires du 18e au 20e siècle compilées par des sinologues et missionnaires occidentaux, dont la plupart résidait en Chine ; (ii) des documents indigènes chinois (grammaires et manuels) de la même période. Les humanités numériques orientées vers la recherche me permettront de maîtriser et d’unifier ce corpus pour trouver la cohérence des changements historiques documentés en vieux-pékinois et leurs relations avec la genèse du mandarin standard : la plupart des textes qui seront exploités dans ce projet ont été numérisés et peuvent être soumis à des interrogations digitales.
L’étude permettra de réévaluer certains aspects de l’histoire de la langue chinoise, en particulier la genèse du mandarin standard. On admet généralement qu’aux alentours de 1850, le mandarin de Pékin a remplacé celui de Nankin pour devenir la langue commune. Durant la dynastie Qing (1644-1912), la classe dominante mandchoue avait adopté un règlement selon lequel les huit bannières qui regroupaient la population mandchoue et la population mongole résidaient dans la cité intérieure de Pékin, tandis que les Chinois Hans vivaient dans la cité extérieure. Vers la fin de la dynastie, les deux systèmes linguistiques (chinois et mandchou) fusionnèrent sous la pression du contact linguistique intensif qu’ils entretenaient, pour former ce qui est appelé le mandarin de Pékin, promu comme langue commune vers 1850 et déclaré langue nationale par les Qing en 1909 à la place du chinois classique comme langue écrite.
Coordination du projet
Lin XIAO (Langues, textes, traitements informatiques, cognition - Unité de recherche)
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Partenariat
LATTICE Langues, textes, traitements informatiques, cognition - Unité de recherche
Aide de l'ANR 114 729 euros
Début et durée du projet scientifique :
- 24 Mois