La place du patrimoine bio-culturel des villes : une ressource pour l'adaptation au changement climatique. – ARCA
La place du patrimoine bio-culturel des villes : une ressource pour l'adaptation au changement climatique.
ARCA explore les transformations des villes arctiques face au changement climatique à travers une approche art-science. Le projet croise savoirs autochtones, sciences environnementales et intelligence artificielle pour repenser le droit à la ville, la biodiversité et les systèmes bioculturels et urbains.
Enjeux climatiques, patrimoines bioculturels et objectifs de résilience territoriale
Le projet explore comment le patrimoine bioculturel et les savoirs écologiques traditionnels peuvent soutenir l’adaptation climatique dans les territoires arctiques, transformés quatre fois plus vite que le reste du monde. Croisant sciences du climat, anthropologie, télédétection et pratiques artistiques, il développe avec les communautés locales et autochtones des cartographies bioculturelles et des outils d’adaptation sensibles aux territoires.
Le projet combine sciences du climat, télédétection, géographie humaine, anthropologie sociale et recherche artistique dans une approche interdisciplinaire et participative. Il articule données scientifiques et savoirs écologiques traditionnels (TEK) à travers des enquêtes de terrain, cartographies, entretiens, observations environnementales et explorations artistiques. Des ateliers collaboratifs avec les communautés locales permettent la co-production de cartes bioculturelles et d’outils d’adaptation climatique situés.
Malgré une prise de conscience croissante du développement urbain colonial dans l’Arctique, la compréhension des perspectives autochtones sur le droit à la ville reste limitée. De même, les effets du changement climatique sur les habitants urbains et les infrastructures ne sont pas encore pleinement intégrés aux débats sur la justice urbaine.
Les résultats de nos actions récentes mettent en évidence plusieurs avancées :
1. Kirkenes (Norvège), février 2025 – Ateliers et expérimentations
Nous avons introduit le concept de « droit à la ville froide », intégrant les voix autochtones et les transformations environnementales des milieux urbains froids, à partir de cas à Fairbanks (Alaska) et Tromsø (Norvège). La méthodologie combine entretiens, cartographies mentales et observations participatives auprès de groupes autochtones diversifiés (aînés, jeunes, femmes, hommes, personnes LGBT et personnes en situation de précarité).
Cette approche déplace le droit à la ville vers une perspective située, décolonisée et bioculturelle, ouvrant des imaginaires urbains fondés sur les savoirs autochtones.
2. Université de Coimbra (Portugal), mai 2026 – Congrès Biocultural Heritage
Nous avons analysé les divergences entre perspectives autochtones et municipales sur la justice dans les espaces publics arctiques. Les communautés autochtones privilégient la restauration écologique, la gestion des terres, les relations aux non-humains, la subsistance et la continuité culturelle. Les autorités municipales mettent l’accent sur la sensibilisation, la résilience des infrastructures, les événements culturels et les contraintes budgétaires.
Si des convergences existent sur le climat et la justice spatiale, des écarts majeurs persistent concernant la gouvernance et la distribution des ressources, soulignant la nécessité de processus plus inclusifs.
3. Ars Electronica (Autriche), septembre 2025 – Recherche internationale
Les peuples autochtones restent marginalisés dans les débats sur le climat urbain malgré leur forte exposition aux impacts. Les inégalités d’accès aux ressources, aux soins et aux systèmes alimentaires renforcent leur vulnérabilité.
Dans un contexte de réchauffement accéléré de l’Arctique, nos recherches montrent que le bien-être autochtone en milieu urbain dépend fortement des relations multigénérationnelles humain–nature, constitutives du patrimoine bioculturel.
Nous appelons à une recherche éthique et co-produite avec les communautés autochtones afin de produire des connaissances plus justes et de réduire les inégalités systémiques.
The next phase of the project will expand field-based and exhibition formats across key Arctic and sub-Arctic urban sites, strengthening comparative and situated approaches to Indigenous urban knowledge.
In Anchorage (Alaska) and Fairbanks (Alaska), new workshops will deepen the exploration of the “right to the cold city” through participatory methods involving Indigenous communities, local institutions, and urban stakeholders. These sessions will focus on lived experiences of climate change, health, mobility, and access to culturally grounded urban services, while further developing collaborative cartographic and narrative tools.
In Umeå (Sweden), the project will engage with existing biocultural research networks to investigate how Indigenous and local knowledge systems can inform more inclusive models of Arctic urban governance. Workshops will emphasize co-design methodologies and the role of cultural infrastructures in shaping climate adaptation strategies.
In Tromsø (Norway), activities will consolidate previous fieldwork by bringing together Indigenous participants, researchers, and urban planners in a reflective synthesis workshop. This will support the articulation of shared principles for more just, resilient, and ecologically grounded Arctic cities.
Finally, a travelling exhibition format will circulate between these sites, translating research outcomes into an accessible visual and sensory experience. The exhibition will function as a space of dialogue between scientific knowledge, Indigenous epistemologies, and artistic practice, reinforcing the project’s commitment to co-production and public engagement across Arctic urban contexts.
Le lot 3, dirigé par ASCII, a assuré la visibilité du projet auprès des communautés académiques, institutionnelles et du grand public. En complément de présentations et expositions dédiées, les recherches ont été diffusées dans des manifestations internationales majeures telles que la SAISON D’ART 2024 au Domaine de Chaumont-sur-Loire, le colloque Biocultural Heritage à l’Université de Coimbra, ainsi que le festival Ars Electronica 2025 à Linz. Des actions de prospection ont également été menées pour de futures collaborations, et deux articles scientifiques ont été publiés, contribuant à la diffusion académique des résultats.
Le projet s’est structuré autour de plusieurs Work Packages articulant coordination, recherche, expérimentation, développement d’outils et diffusion. La présence d’ASCII est transversale, avec une responsabilité spécifique sur le lot 3.
Le WP1 (évaluation bioclimatique des espaces verts urbains dans l’Arctique) et le WP2 (communautés arctiques et patrimoine bioculturel) ont permis de développer une réflexion sur le patrimoine bioculturel comme ressource d’adaptation. Ces travaux ont donné lieu à plusieurs analyses et à des interactions avec les communautés locales, notamment à travers l’exposition Quand les chênes se prennent pour des baobabs (Pau, septembre 2024) et Dancing Data (décembre 2024), croisant arts, sciences et technologies. Ils incluent également la production d’œuvres originales et des recherches sur les jardins de résilience et les traditions culturelles en Europe.
Le WP3 (cartographie culturelle de la biodiversité dans les villes arctiques en mutation) a permis la collecte et l’analyse de données, ainsi que des recherches artistiques collaboratives impliquant artistes, scientifiques et communautés locales et autochtones. Cela s’est traduit par la série de colloques Art, migration et mondialisation (2024–2025), ainsi que des workshops comme Rivière de Lait (Bayonne, octobre–décembre 2024). Des séminaires organisés à Paris (novembre 2024–juin 2025) sur IA, culture et création ont également exploré l’usage de l’IA pour l’intégration des savoirs bioculturels autochtones.
Le WP4 (synthèse des connaissances pour l’atténuation du changement climatique) a permis une réflexion sur les espaces verts et des interventions artistiques autour des savoirs autochtones. ASCII a contribué à ces travaux depuis janvier 2024 à travers les expérimentations Stalker et re:location, articulant art contemporain, éthique, urbanisme durable et savoirs indigènes.
Le projet explore la relation entre le changement climatique et le patrimoine biologique et culturel, qui inclut des éléments d’environnements naturels et culturels. Les processus de changement climatique présentent un certain nombre de menaces à la diversité culturelle et biologique, soulignant l’urgence de mesures d’adaptation, en particulier dans l’Arctique qui change quatre fois plus vite que le reste du monde. Les connaissances écologiques traditionnelles, ont servi de ressource essentielle pour l’adaptation au changement climatique des générations de résidents de l’Arctique. Mais la vitesse sans précédent de ce changement, associée aux effets de l’urbanisation, a conduit à des transformations radicales des paysages et des systèmes de connaissances qui y sont incarnés. Par conséquent, les villes arctiques et leurs paysages apparaissent comme des études de cas intéressantes pour les enquêtes sur le rôle des savoirs traditionnels et du patrimoine dans ces processus d’adaptation. Ainsi, la principale question de recherche de ce projet est: « Comment le patrimoine incarné dans les paysages urbains en l’Arctique peut-il servir de ressource pour l’atténuation du changement climatique ? » En collaboration avec les communautés autochtones de Fairbanks et de Nome aux États-Unis, et de Kirkenes et Tromso en Norvège, le projet explorera le potentiel des connaissances traditionnelles et des pratiques locales d’utilisation des terres en tant qu’outils holistiques et culturellement sensibles pour l’adaptation climatique. L’équipe du projet, composée de spécialistes des sciences sociales et naturelles, d’artistes et d’activistes, utilisera des méthodes quantitatives et qualitatives de science du climat, de télédétection, de géographie humaine et d’anthropologie sociale. L’intégration des données scientifiques aux observations à long terme et aux explorations artistiques menera aux propositions d’adaptation accessibles au public. Les résultats du projet seront publiés dans des articles académiques, diffusés via des médias en ligne, ainsi que par le biais d’expositions d’art.
Coordination du projet
Art Science International Institute (Fondation ou association)
L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.
Partenariat
Art Science International Institute
GWU George Washington University
University of Vienna
Fairbanks Climate Action Coalition
Nansen Environmental and Remote Sensing Center
Pikene pa Broen
Native movement
Aide de l'ANR 295 045 euros
Début et durée du projet scientifique :
avril 2024
- 36 Mois