Biocontrôle contre la sésamie du maïs Sesamia nonagrioides à l'aide de l’auxiliaire Cotesia typhae – BIOCOSMA
La sésamie, Sesamia nonagrioides, est le 2ème ravageur aérien du maïs en France après la pyrale du maïs. Il s'attaque aux cultures de maïs grain et semence dans le Sud et l'Ouest de la France où il peut causer d’importantes pertes de rendement. C’est une espèce originaire d’Afrique sub-saharienne, où ses chenilles sont parasitées naturellement par l’Hyménoptère Cotesia typhae, spécialisé sur cette sésamie. Ce parasitoïde, non présent en Europe, constitue un agent de lutte biologique à fort potentiel, grâce à sa spécificité, à son succès reproducteur sur des populations européennes de sésamie et à son faible impact environnemental.
Le projet BIOCOSMA propose de développer une solution de biocontrôle contre la sésamie à l’aide de lâchers inondatifs de C. typhae au champ. Il s'inscrit dans la continuité du projet ANR Cotebio qui a permis de réaliser les études de biologie nécessaires à la demande d'introduction en France de cet auxiliaire et à sa production de masse au laboratoire. De plus, des expérimentations menées en conditions contrôlées sous serre sur la sésamie française ont montré un fort potentiel parasitaire et une capacité à se maintenir sur 2 générations du ravageur.
Chaque année environ 300.000 ha de maïs sont touchés en France avec des dégâts allant jusqu’à 11% de perte de rendement. De plus, les attaques en fin de cycle du maïs augmentent le risque de développement de Fusarium spp. producteurs de mycotoxines impactant la qualité de la récolte. Actuellement, aucune solution de biocontrôle efficace n’est autorisée pour lutter contre la 2ème génération de ce ravageur. Les cultures sont protégées essentiellement par des insecticides chimiques. Disposer de C. typhae pour protéger les parcelles contre la sésamie présenterait deux avantages majeurs pour les producteurs : 1/ appliquée au cours de la première génération de sésamie, cette solution devrait permettre de contrôler la deuxième génération dont les impacts économiques et sanitaires sont les plus importants et 2/ cette solution est complémentaire aux trichogrammes efficaces contre la pyrale du maïs, elle permettra de proposer une stratégie de biocontrôle des deux principaux ravageurs aériens du maïs qui sévissent souvent simultanément.
Les étapes clés de la maturation pour que C. typhae puisse être utilisé par les agriculteurs, sont le changement d’échelle de production du parasitoïde et la réalisation d’essais au champ, qui seront guidés par le développement d’un modèle mathématique. Les principales tâches envisagées doivent aboutir en fin de projet à la mise au point d’une stratégie de lutte qui soit efficace, pratique et d’un coût économiquement acceptable par les maïsiculteurs, et respectueuse de l’environnement. En particulier, nous proposons de 1/ optimiser la production de masse du parasitoïde afin d’en disposer en quantité et qualité pour les expérimentations prévues sur 3 campagnes et 2/ de réaliser des lâchers au champ suivant différentes modalités pour estimer leur efficacité sur la réduction de la population de sésamie et de ses dégâts aux cultures, comparativement à des parcelles non traitées. Ces essais au champ seront assistés par modélisation du système ravageur-parasitoïde visant à déterminer la période optimale d’introduction de C. typhae en fonction de la biologie des 2 espèces et des conditions environnementales. Ils permettront aussi de vérifier l’absence d’effets indésirables pour l’environnement.
Pour assurer toutes les chances de succès au projet, un consortium multidisciplinaire rassemblant des partenaires privés et publics, spécialistes dans chaque thématique et complémentaires, a été constitué. Il sera formé de Bioline Agrosciences, acteur majeur du biocontrôle pour le portage du projet et les essais terrain ; du centre de recherche appliqué et de développement agronomique Arvalis également pour les études de terrain ; de l’EGCE pour l’élevage de masse, les études de biologie complémentaires ; et de l’GQE pour la modélisation.
Coordination du projet
Jacques Frandon (BIOLINE AGROSCIENCES FRANCE)
L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.
Partenariat
EGCE UMR Evolution, Génomes, Comportement et Ecologie
BAS BIOLINE AGROSCIENCES FRANCE
UPSaclay - GQE Université Paris-Saclay - Génétique quantitative et Evolution - Le Moulon
ARVALIS ARVALIS - Institut du végétal
Aide de l'ANR 435 155 euros
Début et durée du projet scientifique :
janvier 2024
- 36 Mois