CE36 - Santé publique, santé et sociétés 2023

Co-infections palustres chez l'enfant en Afrique subsaharienne – Mal-CoChild

Résumé de soumission

Peu d’études se sont intéressées aux co-infections palustres, principalement causée par Plasmodium falciparum, survenant surtout chez les enfants de moins de 5 ans en Afrique subsaharienne. Ces études ont surtout porté sur les bactériémies associées au paludisme avec une prévalence estimée de 9.1% [7.8–10.4] et une mortalité associée de 15.0% [8.0-23.0]. Or, aucune étude n’a la fois (1) documenté d’autres sites infectieux que le compartiment sanguin, (2) considéré en plus des bactéries, les virus et les parasites comme cause possible d’infection et (3) utilisé les méthodes de diagnostique moléculaire basées sur les PCRs qui sont plus sensibles. Ainsi, la prévalence des ces co-infections et le spectre des pathogènes impliqués sont probablement sous-estimés et par consequent l’impact de ces co-infections sur la mortalité aussi.
L'OMS recommande l’utilisation d’antibiotiques à large spectre en cas de paludisme grave, en plus des antipaludéens, car il peut être difficile de différencier cliniquement le paludisme grave d’une infection bactérienne sévère invasive (bactériémie, pneumonie et méningite). Or, cette utilisation empirique d’antibiotique pourrait contribuer à l'augmentation de l’antibiorésistance. L’identification des déterminants de la co-infection par le paludisme et une infection bactérienne sévères permettrait de mieux cibler ce traitement. Ces déterminants restent indéterminés car aucune étude n’a (1) considéré les autres causes d’infections bactériennes sévères autre que la bactériémie, (2) utilisé une méthodologie statistique appropriée (uniquement analyse univariée) et (3) exploré des déterminants importants tels que la parasitémie et la capacité de l’immunité innée des enfants à répondre à une infection bactérienne sévère.
Les objectifs de cette étude sont de:
-déterminer la prévalence et le spectre des pathogènes des co-infections palustres
-évaluer son impact sur la mortalité
-identifier les déterminants des co-infections palustres et bactériennes sévères.

Au Bénin, 1000 enfants fébriles seront recrutés. Des prélèvements de sang, d’urine, oropharyngés seront systématiquement réalisés et selon le tableau clinique des prélèvements de selles et de liquide céphalorachidien. Ces prélèvements seront analysés à la fois par des méthodes de culture conventionnelle et par PCR pour détecter les pathogènes parasitaires, bactériens et viraux reponsables de l’épisode fébrile. Aussi, 240 enfants afébriles seront recrutés et un prélèvement sanguin sera fait pour déterminer une densité parasitaire palustre et un profil immunitaire de base.
Les analyses immunologiques mesureront la capacité des monocytes à secréter certaines cytokines après stimulation chez les enfants fébriles et afébriles, permettant d’évaluer la capacité de la réponse innée monocytaire en lien avec la survenue d’une infection bactérienne sévère.
Les caractéristiques socio-démographiques, les antécédents médicaux, les données cliniques ainsi que les mesures anthropométriques seront recueillies.
L’ensemble des données épidémiologiques, microbiologiques et immunologiques seront analysées avec des méthodes statistiques appropriées, telles que des scores de propension et des modèles multivariés logistiques, pour évaluer l'impact des co-infections palustres sur la mortalité et identifier les déterminants des co-infections palustres et bactériennes sévères, respectivement.
Ces résultats permettront une meilleure quantification des co-infections palustres, des pathogènes impliqués, de leur impact sur la mortalité et une optimisation du traitement antimicrobien. Tout ceci pourrait contribuer à réduire la morbidité et la mortalité associées à cette maladie. Cette étude pourrait aussi améliorer la compréhension de l'immunité innée et ouvrir de nouvelles voies de recherche. Enfin, elle permettra aussi d’identifier les autres causes de fièvre non palustre afin de prioriser les actions de santé publique pour diminuer la morbi-mortalité infantile.

Coordination du projet

Bich-Tram HUYNH (Institut Pasteur)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

IP - Unité Epidémiologie et modélisation de la résistance aux antimicrobiens Institut Pasteur

Aide de l'ANR 466 382 euros
Début et durée du projet scientifique : janvier 2024 - 60 Mois

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