Biomarqueurs sanguins pour la dégénérescence maculaire liée à l'âge – BIOMAC
La dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) est une cause majeure de cécité, avec des conséquences personnelles et sociétales considérables. Les formes avancées de la maladie, associées à une perte visuelle importante, sont précédées de formes précoces, généralement asymptomatiques, qui représentent une fenêtre de prévention. Outre le vieillissement et la susceptibilité génétique, l'alimentation et le tabagisme sont des déterminants majeurs de cette maladie complexe. Modifiables, ils représentent des leviers importants pour la prévention de la DMLA, en particulier de ses formes avancées. En effet, le risque de DMLA avancée est multiplié par 3 chez les fumeurs, et par 5 chez les gros fumeurs. La progression vers la DMLA avancée est fortement associée aux apports alimentaires de plusieurs nutriments, en particulier la lutéine et la zéaxanthine (qui s'accumulent activement dans la zone maculaire et constituent le pigment maculaire), les antioxydants (vitamines C, E et zinc) et les acides gras polyinsaturés (AGPIs) oméga-3. Cependant, l'évaluation des expositions de mode de vie est difficile, car elle repose principalement sur des questionnaires, sujets à de nombreux biais et approximations. Nous faisons l'hypothèse que l'utilisation de biomarqueurs sanguins spécifiques représenterait une évaluation plus précise et plus objective des expositions nutritionnelles et tabagiques, améliorant ainsi l'estimation du risque de progression vers la DMLA avancée. Ce projet s'appuiera sur les cohortes Alienor (1109 personnes âgées issues de la population générale de Bordeaux, France, avec un diagnostic multimodal de DMLA pendant un suivi de 14 ans) et Macustar (767 personnes atteintes de DMLA intermédiaire issues de 20 centres cliniques de 7 pays européens, avec un diagnostic multimodal de DMLA pendant un suivi jusqu'à 5 ans). En utilisant des échantillons de sang stockés dans les biobanques des 2 cohortes, nous proposons de mesurer : 1) les biomarqueurs lipophiles plasmatiques (y compris le biomarqueur breveté pour le contenu rétinien en AGPIs oméga-3 issu de notre projet ANR BLISAR et d'autres nutriments clés de la DMLA (lutéine et zéaxanthine, vitamines A, D et E)), en utilisant une nouvelle méthodologie basée sur la chromatographie en fluide supercritique couplée à la spectrométrie de masse en tandem; 2) les concentrations sanguines de 9 métaux (dont le zinc, nutriment clé de la DMLA, et le cadmium, biomarqueur de l'exposition au tabagisme), à l'aide d'une méthode sensible et accréditée basée sur la spectrométrie de masse à plasma inductif à triple quadripôle. Plusieurs techniques statistiques d'apprentissage automatique (elastic net, PLS-Cox, survival random forest...) seront utilisées pour développer une combinaison de ces biomarqueurs ayant une valeur prédictive élevée pour la progression vers la DMLA avancée. Cette combinaison de biomarqueurs sera développée sur les données Alienor et validée sur les données Macustar. Elle sera ensuite introduite dans notre modèle de prédiction multidimensionnel issu du projet H2020 Eye-Risk, afin de déterminer si ses performances de prédiction peuvent être améliorées. Ce modèle, implémenté dans une plateforme numérique (www.macutest.net), est basé sur l'âge, un score de risque polygénique, la présence d'altérations rétiniennes précoces, le tabagisme, le score d’alimentation méditerranéenne et la pression artérielle. Enfin, les associations spécifiques entre les biomarqueurs sanguins identifiés et des biomarqueurs d'imagerie rétinienne multimodale de pointe seront explorées. Le projet BIOMAC s'appuie sur des tests biologiques innovants et prometteurs, ainsi que sur des cohortes existantes disposant de biobanques et d'un suivi à long terme, ce qui permet d'évaluer la valeur prédictive de ces tests. À l'avenir, les biomarqueurs identifiés constitueront un atout majeur pour le développement de stratégies préventives personnalisées, permettant de cibler, d'adapter et de suivre les interventions.
Coordination du projet
Cécile DELCOURT (Bordeaux Population Health Research Center)
L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.
Partenariat
BPH Bordeaux Population Health Research Center
CSGA CENTRE DES SCIENCES DU GOUT ET DE L'ALIMENTATION - UMR 6265 - UMR A1324 - uB 80
LERES Laboratoire d'Etude et de Recherche en Environnement et Santé
Aide de l'ANR 716 483 euros
Début et durée du projet scientifique :
décembre 2023
- 48 Mois