CE27 - Études du passé, patrimoines, cultures 2023

Entre essor et déclin dans le Sud-Caucase : trajectoires communes et spécifiques des communautés Kura-Araxes (Bronze ancien) en Arménie – Homeland

HOMELAND

Entre essor et déclin dans le Sud-Caucase : trajectoires communes et spécifiques des communautés Kura-Araxes (Bronze ancien) en Arménie

Contexte et enjeux du projet

La recherche sur le phénomène Kura-Araxe (KA) (Bronze Ancien, 3500-2500 av. n. è.) est depuis une vingtaine d’années extrêmement dynamique : la diffusion depuis le berceau Sud Caucasien (Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie) vers l’Anatolie, l’Iran et le Levant à partir de 3000 av. n. è. ainsi que les conditions d’émergence et d’effondrement de cette culture ont largement retenu l’attention. HOMELAND vise à éclairer une facette encore très mal connue des sociétés KA, à savoir la transition entre le KA I et II sur le territoire de l’Arménie, à la fois berceau et carrefour du phénomène KA. Les recherches récentes en Arménie ont démontré que la séquence KA était divisée en deux phases dites KA I et II avec une transition aux alentours de 2900 av. n. è. Cette période charnière expérimente le remplacement d'une phase marquée par une grande homogénéité (KA I) du matériel céramique par une phase de fragmentation (KA II) caractérisée par l’émergence de quatre faciès culturels régionaux, l’abandon quasi généralisé des établissements du KA I et l’implantation sur de nouveaux sites. Les enjeux sont (1) de caractériser le mode de vie de ces communautés KA II dans chacun des quatre complexes culturels afin de préciser les spécificités et les similitudes de leurs trajectoires, (2) d’étudier les dynamiques des systèmes de peuplement à l’échelle de l’Arménie à la transition KA I-II, (3) d’établir les causes (environnementales, sociales, économiques) de cette transformation profonde entre le KA I et II ainsi que les raisons du morcellement culturel qui s’ensuit.

L’originalité d’HOMELAND réside dans son approche comparative qui repose sur l’étude simultanée de quatre sites (Ayrum, Haghartsin, Karnut, Voskeblur) localisés dans trois des sub-régions définies par la céramique. Pour chacun d’entre-eux il s’agira de retracer les aspects les plus importants de la vie quotidienne, parmi lesquels : les traditions architecturales, la culture matérielle (artefacts lithiques, macrolithiques et métalliques), les stratégies de subsistance et les stratégies d'approvisionnement en ressources naturelles.

À l’issue de la deuxième année d’exécution du projet, plusieurs résultats structurants ont d’ores et déjà été obtenus.

La majeure partie de la collecte des données a été réalisée. Celle-ci repose sur trois sources complémentaires :


– des opérations de terrain, avec la conduite de quatre missions de fouilles en Arménie ;


– l’exploitation de données produites antérieurement par des partenaires du projet ;


– un important travail de dépouillement bibliographique.

L’ensemble des données recueillies, très largement inédites, provient principalement de fouilles actuellement en cours (Ayrum 1, Artanish, Voskeblur), mais également de fouilles achevées et encore non publiées (Dasht, Karnut, Shahoumyam). Ce corpus constitue désormais une base solide et cohérente, permettant d’engager pleinement l’analyse comparative prévue dans le cadre du projet.

Le système d’information géographique (SIG) du projet, intitulé DataKA, a été créé en 2024. Il vise à recenser l’ensemble des sites attribués à la culture Kuro-Araxes actuellement identifiés dans le Sud-Caucase. Les données relatives à la Géorgie et à l’Azerbaïdjan ont été extraites de la littérature scientifique existante. En revanche, les données concernant l’Arménie sont inédites et issues du travail de recensement mené par l’équipe du projet.

Les objectifs de l’analyse spatiale sont multiples.
D’une part, il s’agit d’identifier les caractéristiques des implantations sélectionnées par les communautés Kuro-Araxes. Avec un corpus de plus de 600 sites, l’échantillon atteint une taille suffisante pour permettre des analyses statistiques pertinentes. À terme, l’identification de zones préférentielles d’implantation devrait également permettre de modéliser les secteurs les plus susceptibles d’avoir été occupés, et ainsi d’orienter plus efficacement les prospections archéologiques dans un contexte topographique accidenté, où les sites sont souvent difficiles à repérer.

D’autre part, l’un des enjeux majeurs du projet consiste à déterminer si le découpage régional observé à partir du matériel céramique (ensembles Karnut–Shengavit, Shresh–Mokhrablur, Ayrum–Teghut) est également pertinent pour d’autres composantes de la culture matérielle. L’analyse spatiale vise ainsi à évaluer la cohérence et la portée de ces subdivisions régionales au-delà de la seule production céramique.

L’élaboration de la cartographie du Sud-Caucase a toutefois soulevé une difficulté méthodologique inattendue. En effet, les républiques du Sud-Caucase (Arménie, Géorgie, Azerbaïdjan) ne disposent pas d’une gestion centralisée et homogène des données géographiques comparable à celle assurée par l’IGN en France. Il a donc été complexe de rassembler des données topographiques et géologiques à la fois précises et fiables. De fortes disparités de précision entre les jeux de données disponibles ont par ailleurs nécessité un important travail d’harmonisation afin d’assurer la cohérence des analyses spatiales à l’échelle régionale.

La recherche sur le phénomène Kura-Araxe (KA) (Bronze Ancien, 3500-2500 av. n. è.) est depuis une vingtaine d’années extrêmement dynamique : la diffusion depuis le berceau Sud Caucasien (Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie) vers l’Anatolie, l’Iran et le Levant à partir de 3000 av. n. è. ainsi que les conditions d’émergence et d’effondrement de cette culture ont largement retenu l’attention. HOMELAND vise à éclairer une facette encore très mal connue des sociétés KA, à savoir la transition entre le KA I et II sur le territoire de l’Arménie, à la fois berceau et carrefour du phénomène KA.
Les recherches récentes en Arménie ont démontré que la séquence KA était divisée en deux phases dites KA I et II avec une transition aux alentours de 2900 av. n. è. Cette période charnière expérimente le remplacement d'un complexe précoce marqué par une grande homogénéité (KA I) du matériel céramique par une phase de fragmentation (KA II) caractérisée par l’émergence de quatre faciès culturels régionaux, l’abandon quasi généralisé des établissements du KA I et l’implantation sur de nouveaux sites.
L’originalité d’HOMELAND réside dans son approche comparative qui repose sur l’étude simultanée de quatre sites (Karnut, Ayrum, Voskeblur, Artanish) localisés dans chacune des sub-régions définies par la céramique. Pour chacun d’entre-eux il s’agira de retracer les aspects les plus importants de la vie quotidienne, parmi lesquels : les traditions architecturales, la culture matérielle (artefacts lithiques, macrolithiques et métalliques), les stratégies de subsistance et les stratégies d'approvisionnement en ressources naturelles.
Les enjeux sont (1) de caractériser le mode de vie de ces communautés KA II dans chacun des quatre complexes culturels afin de préciser les spécificités et les similitudes de leurs trajectoires, (2) d’étudier les dynamiques des systèmes de peuplement à l’échelle de l’Arménie à la transition KA I-II, (3) d’établir les causes (environnementales, sociales, économiques) de cette transformation profonde entre le KA I et II ainsi que les raisons du morcellement culturel qui s’ensuit.
Le projet adopte une méthodologie résolument interdisciplinaire qui combine archéologie, bio-archéologie (paléobotanique, archéozoologie, analyse isotopique), reconstitution paléoenvironnementales et climatiques, analyses spatiales, statistiques et bayésiennes. En outre, l’utilisation des méthodes analytiques de pointe (micromorphologie, tracéologie, analyse de résidus, pXRF, LA-ICP-MS, spectroscopie infrarouge, analyses isotopiques, GDGTs) encore peu utilisées en Arménie, permettront de réviser de manière critique les connaissances existantes.
HOMELAND combine des données inédites provenant de missions de terrain en cours et des données anciennes issues soit de la bibliographie, soit de collections non publiées (musées, instituts). Notre recherche générera ainsi une très grande quantité de données dont la gestion reposera sur une géodatabase appelée "DataKA". Cette dernière permettra de stocker, harmoniser, manipuler, analyser et cartographier ces données. L’intérêt majeur sera de fournir une vue multiscalaire, diachronique et thématique des évolutions chrono-culturelles du phénomène KA sur le territoire de l'Arménie et au-delà.
Le Projet HOMELAND regroupe des partenaires impliqués depuis de nombreuses années dans l’archéologie, la biorchéologie et le paléoenvironnement du Sud Caucase, et repose sur un solide réseau de collaborations locales.

Coordination du projet

Bérengère PERELLO (ARCHEORIENT ENVIRONNEMENTS ET SOCIETES DE L'ORIENT ANCIEN)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

ISEM Institut des Sciences de l'Evolution de Montpellier
ARCHEORIENT ENVIRONNEMENTS ET SOCIETES DE L'ORIENT ANCIEN
Trajectoires Trajectoires. De la sédentarisation à l'Etat (VIIe - Ier millénaire av. J.-C.)
LAMPEA Laboratoire méditerranéen de préhistoire Europe-Afrique

Aide de l'ANR 454 806 euros
Début et durée du projet scientifique : décembre 2023 - 48 Mois

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