Ecologie des migrants : de la physiologie à la valeur sélective – ECOMIGR
Dans les populations sauvages, lorsque les possibilités d'installation sur le site natal sont limitées, une certaine proportion des descendants effectue une dispersion natale, c'est-à-dire un déplacement entre le site de naissance et le premier site de reproduction. La dispersion est presque ubiquiste dans les populations et constitue un moteur essentiel des patrons écologiques et évolutifs. La dispersion est supposée coûteuse du point de vue de la valeur sélective, et les coûts à court terme de la dispersion encourus pendant la phase active de dispersion sont bien documentés. Cependant, bien que les informations sur la valeur sélective des immigrants (individus ayant dispersé avec succès entre des populations) soient essentielles à notre compréhension de la dispersion en raison de ses conséquences démographiques et évolutives majeures, nous manquons d'informations sur les coûts liés à la valeur sélective chez les immigrants, et les processus mécanistiques qui sous-tendent ces coûts restent presque entièrement inconnus. Les principales incertitudes concernant les processus affectant la valeur sélective des immigrants concernent des lacunes dans notre compréhension des performances des immigrants et des résidents (individus restant dans leur population natale) basées sur plusieurs traits biodémographiques, des lacunes concernant la valeur sélective des immigrants et des résidents en fonction du sexe, des lacunes concernant notre compréhension des performances des immigrants et des résidents chez les espèces à longue durée de vie, et des lacunes concernant la nature des mécanismes comportementaux et physiologiques à l'origine des différences de valeur sélective des immigrants et des résidents. Il est donc essentiel de comprendre les conséquences démographiques et évolutives de la valeur sélective des immigrants dans les populations sauvages, ainsi que les mécanismes sous-jacents.
ECOMIGR réalisera une étude complète des mécanismes démographiques, comportementaux et physiologiques sous-jacents aux différences de valeur sélective entre les immigrants et les résidents. Le projet exploitera pour cela des données phénotypiques individuelles uniques et des données de capture-recapture, les dernières technologies miniaturisées de suivi télémétrique, des marqueurs physiologiques, des méthodes analytiques et des techniques de modélisation de pointe, ainsi que des bases de données uniques à long terme sur la démographie des oiseaux de mer. Les oiseaux marins se reproduisent sur des îles en colonies ou dans des zones d'habitat restreintes, ce qui les rend particulièrement adaptés à l'étude de la dispersion et facilite l'identification des immigrants dans les populations suivies. Le coordinateur du projet a démontré qu'il était possible de quantifier et de comparer la valeur sélective des individus immigrants et résidents chez les espèces à longue durée de vie, grâce à une approche fondée sur de multiples traits démographiques, et en utilisant des données démographiques individuelles et longitudinales collectées pendant plusieurs décennies. En étudiant les causes démographiques, phénotypiques, comportementales et physiologiques liées aux différences de valeur sélective entre les immigrants et les résidents chez plusieurs espèces longévives, et en évaluant dans quelle mesure les immigrants et les résidents diffèrent dans leurs réponses à la stochasticité environnementale, ECOMIGR représentera une avancée majeure dans l'écologie de la dispersion et l'écologie évolutive, ainsi que dans la biologie de la conservation et l'étude des effets du changement climatique sur les oiseaux marins menacés d'extinction.
Coordination du projet
Christophe BARBRAUD (Centre d'études biologiques de Chizé)
L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.
Partenariat
University of Liverpool
Woods Hole Oceanographic Institute
CEBC Centre d'études biologiques de Chizé
CEBC Centre d'études biologiques de Chizé
BBEES Bases de données sur la Biodiversité, Ecologie, Environnement et Sociétés
Aide de l'ANR 629 925 euros
Début et durée du projet scientifique :
janvier 2024
- 48 Mois