MÉTHODOLOGIE D’ANALYSE DE LA VULNÉRABILITÉ ÉLECTROMAGNÉTIQUE DE ROBOTS AUTONOMES – MAVERA
La société, dans son ensemble, fait une place de plus en plus grande aux systèmes électroniques au sens large mais aussi particulièrement à la robotique, que ce soit dans le cadre des objets connectés, de la domotique ou encore de la production industrielle. Mais cet élan vers la robotisation de notre société touche également les armées qui, dans le monde entier, font des efforts considérables sur l’introduction de ces robots dans la plupart des opérations militaires, pour l’observation et la prise de décision, pour la préservation de l’humain dans les actions à haut risque mais aussi pour un certain nombre d’opérations offensives.
Ces systèmes électroniques disposent ou vont disposer de capacités d’actions et d’autonomie remarquables par l’utilisation de capteurs et d’unités de calcul extrêmement sophistiqués. Cependant leur efficacité est entièrement dépendante de la préservation, durant leur intervention, de cette « intelligence » électronique. Ainsi, dans le même temps que se développe cette sphère robotique, se développe une nébuleuse d’agressions intentionnelles et notamment électromagnétiques pour s’opposer ou nuire à cet espace robotisé. La prise en compte de cet environnement électromagnétique potentiellement vulnérant est indispensable tant pour la société civile (on peut imaginer l’impact d’une attaque électromagnétique sur les hôpitaux, les réseaux d’énergie, les réseaux de communication, la mobilité électrique …) que pour le milieu de la Défense pour la protection de notre capacité robotique ou la neutralisation de celle du côté adverse.
La qualité de l’analyse de la vulnérabilité des systèmes électroniques vis-à-vis des signaux d’agression électromagnétique intentionnels (AGREMI) est conditionnée par la méthodologie d’étude de la susceptibilité électromagnétique de ces mêmes systèmes, c’est-à-dire de leur réponse à toute forme d’onde temporelle parvenant à leurs entrées ou plus largement à leur frontière. La particularité des signaux AGREMI est leur absence totale de normalisation ; les limitations des formes d’ondes sont dues uniquement à l’imagination de ceux qui les conçoivent ou à une impossibilité de réalisation technologique à un instant donné. Les formes d’ondes vulnérantes et les caractéristiques de susceptibilité des systèmes qu’elles visent, sont toutes deux régies par des relations biunivoques : isoler des caractéristiques de susceptibilité électromagnétique sur l’électronique des systèmes (type de susceptibilité) se traduit par la détermination, dans l’ensemble des signaux AGREMI, de formes temporelles associées.
Les partenaires (IMS Bordeaux, IES Montpellier et CEA Gramat) de cette proposition du projet ASTRID MAVERA (Méthodologie d’Analyse de la Vulnérabilité Electromagnétique des Robots Autonomes) ont développé, depuis de nombreuses années, des travaux relatifs à l’analyse de la susceptibilité électromagnétique des systèmes électroniques face aux AGREMI, travaux qui ont permis de concevoir des plateformes de mesures de cette susceptibilité, de caractériser et modéliser un nombre important de types de susceptibilité et de réfléchir conjointement (notamment dans le cadre d’un laboratoire de recherche commun SPARTE) sur l’élaboration d’une approche commune de l’analyse de susceptibilité de tout système autonome connecté (SAC). La proposition a pour objectif d’aboutir à une méthodologie d’analyse de susceptibilité électromagnétique de ces systèmes autonomes connectés (SAC) qui puisse être utilisée, entre autres, par tous les concepteurs de ces systèmes pour leur protection.
Coordination du projet
Tristan Dubois (LABORATOIRE D'INTEGRATION DU MATERIAU AU SYSTEME)
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Partenariat
IMS LABORATOIRE D'INTEGRATION DU MATERIAU AU SYSTEME
IES Institut d'Electronique et des Systèmes
CEA Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives
Aide de l'ANR 386 100 euros
Début et durée du projet scientifique :
- 36 Mois