Architecture en terre, traditions et patrimoine. Durabilité de l'architecture et pratiques sociales des communautés néolithiques au Proche-Orient et dans ses marges. – EArTH
Le projet ERC Starting Grant EArTH a pour objectif de documenter l’évolution technique de l’architecture de terre au cours du Néolithique (12000-5000 BC) au Proche-Orient et dans ses marges (Caucase, Anatolie, Chypre) afin de définir quels sont les mécanismes évolutifs (invention, diffusion, adaptation) en architecture de terre et les modalités de transmission des techniques de construction.
La construction en terre crue représente un patrimoine transhistorique universel vieux de plus de 11000 ans au Proche-Orient. Plus encore, il a été observé que des points de convergence technique sont attestés dans toutes les aires géographiques de genèse de l’architecture de terre et cela dans des contextes socio-culturels et historiques variés disséminés sur l’ensemble du globe (Asie Centrale, Amériques, Afrique, Europe et Proche-Orient). Toutefois, ce projet défend l’hypothèse que l’origine et le développement de ces innovations recouvre une histoire complexe et semblent se décliner en de multiples variantes, liées à la disponibilité des ressources naturelles, à des choix techniques ou culturels et à des évolutions sociales.
Le projet ERC Starting Grant EArTH nécessite la mise en place d’un programme ambitieux mobilisant différents contextes socioculturels et historiques pour définir des mécanismes universels en architecture. À cet égard, ce projet entend dépasser la stricte approche archéologique pour obtenir une vision anthropologique détaillée des sociétés passées par l’étude des populations anciennes et actuelles selon une approche comparatiste.
Il s’agit d’un projet interdisciplinaire qui est basé sur une approche multiscalaire combinant un travail de terrain et en laboratoire – par des fouilles archéologiques en Iraq et en Azerbaïdjan et des études archéométriques de matériaux de construction et de sols – des enquêtes ethnographiques – par des terrains menés auprès de populations actuelles en Afrique de l’Est (Djibouti, Éthiopie, Soudan), dans la Péninsule Arabique (Oman) et en Amérique du Nord (Mexique) – et la création d’un modèle de simulation multi-agents à partir des données empiriques récoltées afin de définir les processus de diffusion des techniques de construction et les mécanismes d'échange.
Le projet ERC Starting Grant EArTH poursuit les objectifs suivants :
1) Fournir une étude complète des vestiges architecturaux au Proche-Orient et dans ses marges soutenue par la mise en place d’une base de données et d’un SIG unique pour la région ;
2) Analyser les voies d’approvisionnement des ressources et les dynamiques de mobilité à une échelle multiscalaire (site, territoire, région) afin d’interpréter les mutations architecturales sur la longue durée et mettre en évidence les réseaux d’interaction régionaux et extra-régionaux ;
3) Explorer les transferts et les phénomènes sociaux (déplacement de populations, processus d’acculturation totale ou partielle, diffusions ou non-diffusions culturelles) afin de définir les modes de structuration des réseaux sur les échanges d’idées et de savoir-faire en architecture ;
4) Comprendre l’impact environnemental, culturel et social selon les choix techniques réalisés par les populations.
Au vu de l’extinction progressive des savoirs traditionnels et du remplacement de la terre crue par des matériaux modernes face à une pression économique et sociale grandissante, il devient urgent de documenter ce patrimoine commun de l’humanité, chaque jour davantage menacé. Les connaissances acquises par le projet ERC Starting Grant EArTH permettront d’envisager des solutions durables face aux défis démographiques et écologiques actuels. Les qualités d’un matériau terre (isotherme, économique, recyclable) en voie de disparition doivent être valorisées à l’heure où les enjeux écologiques sont au cœur du débat public. Dans ce cadre, la sauvegarde de ce patrimoine vivant et des connaissances techniques ancestrales s’avère un enjeu de société crucial face à la globalisation des cultures.
Coordination du projet
Emmanuel BAUDOUIN (Technologie et Ethnologie des Mondes PréhistoriqueS)
L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.
Partenariat
TEMPS Technologie et Ethnologie des Mondes PréhistoriqueS
Aide de l'ANR 40 401 euros
Début et durée du projet scientifique :
- 24 Mois