Approches Philologiques pour les Textes de l'Histoire des Sciences Astrales – PATHS
PATHS se concentre sur les textes astronomiques et astrologiques latins produits entre c. 1100 et 1475. Ceux-ci présentent une grande variabilité dans les copies manuscrites et une forte dépendance aux oeuvres scientifiques de la tradition gréco-arabe. Le projet vise à analyser les pratiques textuelles qui les caractérisent et à produire pour les traiter des approches philologiques innovantes utilisant les dernières technologies des humanités numériques. PATHS examine les traductions latines d’œuvres de la tradition gréco-arabe, des commentaires ou des abrégés, mais plus précisément, il se confronte, pour l'astronomie, aux introductions élémentaires à l’astronomie ptolémaïque, aux manuels de théorie planétaire et d’astronomie sphérique, aux textes de comput pour la détermination du temps, aux tables astronomiques pour le calcul des mouvements et des positions célestes, aux textes procéduraux d’arithmétique sexagésimale, à l’utilisation et la construction de tables et d'instruments, aux calendriers et éphémérides ; pour l’astrologie, aux introductions élémentaires, aux jugements astrologiques ou aux ouvrages pratiques sur ce sujet, aux prévisions météorologiques et aux collections d’aphorismes.
Les textes techniques d'astronomie et d'astrologie étaient très souvent transmises ensemble, principalement par des astronomes et astrologues qui personnalisaient leurs exemplaires pour leur propre bénéfice ou celui de leur entourage. En effet, l’astrologie était considérée comme l’application pratique la plus pertinente de l’astronomie et les astrologues devaient toujours posséder une expertise astronomique plus ou moins solide. Par conséquent, les manuscrits d’oeuvres astronomiques et astrologiques peuvent être considérés comme des « boîtes à outils » personnalisées par les mains d’acteurs historiques diversement qualifiés, de l’expert à l’apprenti. Au cours de la transmission, les textes sont organisés en fonction des besoins spécifiques de chacun, sans qu’ils bénéficient de la révérence généralement accordée à l’autorité d’un texte biblique ou d’une œuvre d’Aristote.
Dans de tels cas, le processus de création commence avec la conception auctoriale et se poursuit avec la transmission d’un utilisateur à l'autre, ce qui constitue un défi aux méthodes traditionnelles de la critique textuelle. En effet, celle-ci a généralement pour objectif de restaurer la forme originale d’un texte en comparant ses copies. Par l’identification et l’interprétation des erreurs de copistes, des interpolations et des corrections éditoriales, le texte est restauré dans sa forme « originale » présumée. Dans le cas des textes traités par PATHS, ce type d’approche est insuffisant et il est clair que les acteurs historiques qui manipulent un texte astronomique ou astrologique ne doivent pas être considérés comme un obstacle à la restitution de l'œuvre “pure” d'un auteur mais comme des acteurs importants de sa constitution et de son évolution historique. Leurs interventions sont une mine d’or pour comprendre des pratiques textuelles révélatrices d’un contexte scientifique dynamique, suivant l’évolution des mentalités et les progrès de la discipline.
Ces textes, trop longtemps délaissés par l’effort philologique, ne peuvent être correctement restaurés que par une analyse approfondie des pratiques textuelles et une collaboration efficace entre philologues, spécialistes du domaine et experts en humanités numériques. Des technologies consolidées telles que la HTR, la TEI, l’analyse stylistique, génétique et de réseau, entre autres, seront utilisées à cette fin, mais une partie du projet sera également consacrée à la conceptualisation d'une nouvelle structure de données pertinente incarnant les nouvelles approches philologiques développées. L’Institut de recherche et d'histoire des textes (IRHT), renommé pour son expertise de longue date dans la conception et le développement de tels outils interopérables, est le meilleur endroit pour mener à bien ce projet.
Coordination du projet
Eleonora Andriani (Institut de recherche et d'histoire des textes)
L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.
Partenariat
IRHT Institut de recherche et d'histoire des textes
Aide de l'ANR 191 701 euros
Début et durée du projet scientifique :
- 24 Mois