Identités des populations de l’âge du Fer à l'ouest de l'Europe, origine et relation avec leur pratiques funéraires – METALPOP
L'Âge du Fer est une période dynamique marquée par des évolutions sociétales, de nombreux échanges commerciaux et des mouvements de populations avec l'expansion des Celtes de l’Europe centrale vers l'Ouest et l'établissement de colonies par les empires phénicien, grec et carthaginois le long de la Méditerranée. Il commence en Europe occidentale autour du 8e siècle avant notre ère, à la suite d'une crise au sein des sociétés de l'Âge du Bronze qui occupaient la région auparavant. Ainsi, ces sociétés dépendantes de l'alliage de bronze commencent à montrer une dépendance au minerai de fer. C'est également au cours de ces périodes d’Âge des métaux, que la hiérarchisation sociale se développe et s’intensifie dans toute l'Europe. On peut donc considérer que les bases de l'Europe historique se sont développées à cette période.
Depuis le milieu de l'Âge du Bronze, la crémation est la pratique funéraire la plus courante dans le sud-ouest de l'Europe, et elle se poursuit à l'Âge du Fer. Cependant cette pratique cohabite avec quelques exceptions dans ce registre : la culture de l’Hallstatt (Est de la France), les têtes coupées et les sépultures de sujets périnatals à l'intérieur des maisons dans le Sud de la France et le Nord de la péninsule ibérique.
Les études portant sur les dynamiques de population, sur la relation entre diversité biologique des groupes humains et les pratiques funéraires ou encore sur la diffusion culturelle, sont richement documentées pour les périodes du Mésolithique, Néolithique et pour le début de l’Âge du Bronze. Cependant, le nombre d’individus étudiés pour la fin de l’Âge du Bronze et de l’Âge du Fer, reste anecdotique alors que le registre archéologique est aussi conséquent que celui des périodes précédentes. Cette rareté est liée à différents facteurs, mais surtout au fait que la crémation limite les analyses ADN et l'intégrité des restes ostéologiques récupérés.
En utilisant comme vecteur la partie pétreuse de l’os temporal, région osseuse la mieux conservée, à la fois dans les crémations et les sépultures, METALPOP, propose d’étudier de grandes collections ostéologiques de périodes et régions clés avec une approche multidisciplinaire qui combine des études bioanthropologiques, des datations radiocarbones, des analyses d’isotopes stables, des analyses morphologiques, la paléogénomique et l’archéologie expérimentale.
Grâce à cette approche, METALPOP contribuera à la connaissance de l’identité des populations de l’Âge du Fer, de leurs origines, de leur relation avec les groupes de l’Âge du Bronze, et des diverses expressions culturelles funéraires en fournissant un cadre chronologique robuste pour les contextes funéraires de la transition entre l’Âge du Bronze et l’Âge du Fer, en utilisant et développant des méthodologies applicables aux restes incinérés et non incinérés. En résumé, ce projet fournira de nouvelles données sur la chronologie, la mobilité, la diversité morphologique et génomique des populations humaines pour une période et une région qui sont actuellement sous-représentées dans l’étude du passé humain.
Coordination du projet
Diego Lopez Onaindia (DE LA PREHISTOIRE A L'ACTUEL : CULTURE, ENVIRONNEMENT ET ANTHROPOLOGIE)
L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.
Partenariat
PACEA DE LA PREHISTOIRE A L'ACTUEL : CULTURE, ENVIRONNEMENT ET ANTHROPOLOGIE
Aide de l'ANR 189 885 euros
Début et durée du projet scientifique :
- 24 Mois