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Aux extrêmes de la vivacité de l'imagerie mentale : une exploration cognitive, neuronale et évolutive – IMAGINE

Résumé de soumission

Fermez les yeux, et imaginez-vous en train de nager dans la mer...

Chez la majorité des adultes, l'image mentale d'un bain de mer est très vive et détaillée.
L'imagerie mentale se définit comme la simulation cognitive d'une expérience perceptive en l'absence d'un stimulus externe direct correspondant et peut se produire dans toutes les modalités sensorielles. L'imagerie mentale fait partie intégrante des processus cognitifs dits 'de haut niveau' chez l'humain, tels que la navigation spatiale, les émotions, la résolution de problèmes, la mémorisation ainsi que la créativité. La psychologie évolutionniste postule que ces processus cognitifs de haut niveau, intégrant l'imagerie mentale, ont profondément évolués au cours de l'histoire des hominidés; depuis Néandertal nos proches ancêtres disparus il y a environ 30 000 ans, jusqu'à Homo Sapiens qui se caractérise par sa créativité unique s'illustrant à travers des innovations technologiques et un art figuratif, ces derniers étant très limités chez les Néandertaliens.

Depuis une quinzaine d'années, des études rapportent qu'une minorité d'adultes en bonne santé déclarent avoir toujours vécu avec une imagerie mentale très vague, voire totalement absente. Cette intrigante condition congénitale appelée aphantasie caractérise l'incapacité auto-déclarée à générer des images mentales et suscite un intérêt croissant pour la communauté scientifique et le grand public. L'aphantasie est associée à des problèmes de mémoire autobiographique et de reconnaissance des visages. À l'autre extrémité du continuum de la capacité à générer une image mentale, l'hyperphantasie a été récemment proposée pour désigner l'autre proportion d'adultes qui, à l'inverse, déclarent avoir des images mentales aussi vives et précises qu'une photo.

À ce jour, l'étude des mécanismes cognitifs et des circuits neuronaux qui sous-tendent les différences interindividuelles dans la vivacité de l'imagerie mentale reste actuellement très limitée. Nous développerons donc des marqueurs innovants, fiables et objectifs des différentes capacités individuelles à générer des images mentales. De plus, nous utiliserons des techniques avancées de stimulation cérébrale non invasive, appliquées seules ou combinées à un entraînement cognitif, pour moduler l'activité de régions cérébrales impliquées lors de l'imagerie mentale et ainsi augmenter la capacité à imaginer chez des adultes aphantasiques.
Par ailleurs, l'hypothèse d'une contribution d'un héritage génétique ancien sur lequel nos capacités à imaginer reposeraient n'a jamais été proposée et testée. Puisqu'il est désormais possible de quantifier la part de génétique héritée de Néandertal chez un individu vivant - une étape importante très récente - nous testerons l'hypothèse de l'existence d'un lien entre les différences individuelles extrêmes dans la capacité à générer des images mentales (de l'aphantasie à l'hyperphantasie) et la proportion de variations génétiques dérivées de Neandertal (d'élevée à faible) chez les personnes actuelles.

En abordant ces différents points, le projet IMAGINE offrira de nouvelles perspectives passionnantes sur le fonctionnement, la complexité et l'évolution de la cognition humaine.

Coordination du projet

Cecilia Neige (Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

CRNL Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon

Aide de l'ANR 192 155 euros
Début et durée du projet scientifique : - 24 Mois

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