Conditions limites des espaces conceptuels – BounCeS
La structure topographique qui sous-tend les représentations des connaissances conceptuelles fait l'objet d'un vif débat. On peut distinguer deux comptes principaux : les comptes spatiaux et les comptes non spatiaux. Nous faisons l'hypothèse que les facteurs contextuels déterminent la structure topographique au niveau cognitif et neuronal. Cette proposition vise à délimiter les conditions qui définissent la topographie de la connaissance conceptuelle. Deux questions majeures seront abordées :
1. Quel est l'impact des facteurs contextuels sur l'architecture de la connaissance conceptuelle et son expression comportementale et neuronale ? La nature transitive des nombres, par exemple, se prête à la projection spatiale de la magnitude numérique sur un collecteur unidimensionnel. Pour des concepts plus complexes définis par deux dimensions, la représentation peut prendre une topographie de type carte. Pour les séries non transitives et d'autres contenus de mémoire tels que les faits arithmétiques, cependant, une architecture de type réseau sémantique a été proposés. Ainsi, la transitivité et la dimensionnalité des connaissances conceptuelles amènent à des topographies différentes et représentent donc des facteurs limites potentiels qui définissent la topographie. Nous abordons aussi la question comment deux séries transitives précédemment non liées sont projetées sur une métrique commune et comment les espaces conceptuels bidimensionnels se traduisent en comportement manuel et oculaire.
2. Quel rôle jouent les autres facteurs limites potentiels tels que l'expertise et la familiarité avec les concepts dans la construction des représentations conceptuelles ? La manière dont les concepts nouvellement acquis sont liés aux connaissances existantes influence le comportement. Nous étudions comment les effets de signature qui caractérisent une représentation innée de la magnitude numérique (effets de distance et de taille) émergent pendant l'acquisition de symboles numériques chez les enfants. Nous étudions donc l'impact des dépendances développementales sur la forme des connaissances conceptuelles.
À l'aide d'un ensemble d'expériences commun, le projet combine des mesures comportementales complémentaires pour délimiter la structure topographique (temps de réaction, positions de pointage sur un écran tactile, paramètres oculaires issus de l'oculométrie) et des données d'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle provenant d'adultes et d'enfants du primaire. Afin d'élucider le rôle des connaissances préexistantes, le projet combine une approche d’apprentissage de nouveaux espaces conceptuels avec l'étude de concepts existants tels que la connaissance des nombres.
En déplaçant l'attention de la question de savoir si tous les concepts sont représentés spatialement vers la question plus fructueuse de savoir comment les variables contextuelles façonnent les performances observées, ce projet permet un débat plus productif.
Coordination du projet
André Knops (Laboratoire de Psychologie du Développement et de l'Education de l'enfant (LaPsyDE))
L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.
Partenariat
UP UMR 8240 Laboratoire de Psychologie du Développement et de l'Education de l'enfant (LaPsyDE)
University of Potsdam
University of York
University of York
Aide de l'ANR 384 335 euros
Début et durée du projet scientifique :
janvier 2023
- 36 Mois