Modélisation, Evaluation et Réduction du Risque aéroporté en environnements INtérieurs et confinés – ERR-IN
La crise sanitaire liée au SARS-CoV-2 a mis en évidence la problématique de la qualité de l’air intérieur et la propagation aéroportée des pathogènes, problématique qui s’applique également à d’autres épidémies saisonnières, contaminations locales, maladies nosocomiales. Hors contexte de la crise aiguë de COVID-19, les coûts socio-économiques pour les entreprises et le système de santé sont gigantesques (plusieurs dizaines de milliards d’euros par an pour les coûts économiques). S’il est aujourd’hui communément admis que la transmission aéroportée à longue distance, en milieux confinés, joue un rôle significatif dans la transmission de pathogènes, il n’existe que peu de données et méthodes permettant la quantification du risque d’infection.
Récemment, un certain nombre de mesures ont été prises dans l’urgence telles qu’un renforcement du renouvellement d’air neuf (par l’ouverture des fenêtres en général), la mise en place de capteurs de CO2 ou l’installation de purificateurs d’air, montrant que la ventilation réglementaire est insuffisante pour limiter la propagation de pathogènes aéroportés. Il n’existe que peu de données et méthodes permettant de quantifier la réduction du risque biologique. En conséquence, il n’est pas possible de définir un cadre réglementaire ou normatif adapté à un type de local (professionnel ou recevant du public) qui garantisse un air biologiquement sain.
Pour mieux comprendre les mécanismes d’infection par les bio-contaminants aéroportés et pouvoir être force de propositions pour pallier les risques de contaminations, la communauté scientifique et le secteur privé se mobilisent. Des modèles ont été développés, des solutions de remédiation étudiées et des systèmes de traitement proposés. Cependant, à ce stade, les modèles proposés restent limités et décrivent des situations simplifiées ne permettant pas la mise en place de mesures de prévention et l’évaluation des solutions de remédiation n’est que rarement réalisée en conditions réelles. En outre, les objectifs visant à améliorer la QAI sont en contradiction avec les objectifs de réduction de la consommation énergétique des bâtiments et du confort des usagers. Une modélisation à l’échelle du bâtiment sur une longue durée permettrait d’optimiser la résilience générale des bâtiments.
C’est bien à ces problématiques qui s’adresse le Laboratoire Commun ERR-IN qui associe d’une part, le laboratoire GEPEA, en particulier le Département Systèmes Énergétiques et Environnement de IMT Atlantique, spécialisé dans les procédés de traitement de l’air intérieur, la compréhension des mécanismes d’émission et d’élimination des contaminants et l’optimisation de solutions de traitement, et d’autre part, la société Ingenica qui commercialise des prestations de diagnostic de risque aérosol et conçoit et commercialise une gamme de dispositifs de ventilation et traitement d’air d’autre part.
ERR-IN a pour objectifs i) d’accroître les connaissances sur les mécanismes de transmission des maladies aéroportées en milieux confinés, ii) de vérifier in-situ l’efficacité des technologies et dispositifs de réduction des risques sanitaires, iii) de développer des méthodes et outils fiables et robustes de caractérisation et quantification des risques et d’évaluer l’efficacité des dispositifs de traitement de l’air. Le LabCom entend concentrer ses actions de recherche et d’innovation autour de 3 axes fondateurs :
i. Le développement d’outils numériques d’émission et dispersion de pathogènes pour évaluer les probabilités d’infection en milieux confinés et les efficacités des mesures de prévention.
ii. La création d’une cellule expérimentale pour l’évaluation de la robustesse de ces modèles dans le cadre d’expérimentations en conditions contrôlées et pour l’évaluation des solutions de remédiation.
iii. La mise au point d’un modèle prédictif permettant de coupler l’utilisation d’un bâtiment et les modèles de quantification du risque pour la conception de bâtiments bio-résilients.
Coordination du projet
Valérie HEQUET (LABORATOIRE DE GENIE DES PROCEDES - ENVIRONNEMENT - AGROALIMENTAIRE)
L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.
Partenariat
INGENICA-LLI INGENICA-LLI
GEPEA LABORATOIRE DE GENIE DES PROCEDES - ENVIRONNEMENT - AGROALIMENTAIRE
Aide de l'ANR 363 000 euros
Début et durée du projet scientifique :
février 2023
- 54 Mois