SanTé des ARtistes du Spectacle vivant – STARS
Alors que le secteur du spectacle vivant est de plus en plus attractif, notamment pour les jeunes professionnels, la prise en compte de la santé des professionnels a longtemps été sous-estimée. A ce titre, de récentes études mettent en exergue un mal-être important et grandissant des artistes. Ce projet vise à identifier les facteurs spécifiques de la construction de la santé des artistes du spectacle vivant (et plus spécifiquement dans le domaine de la musique, du théâtre et de la danse) selon trois niveaux (institutionnels, collectifs et individuels) en vue de contribuer à l’amélioration des démarches de prévention, susceptibles d’être appropriées par les acteurs du secteur, dans toute leur diversité. Nous cherchons à comprendre les liens entretenus entre l’activité de travail des artistes du spectacle vivant, leurs conditions d’exercice et les possibles impacts sur leur santé mentale, physique et sociale. Notre problématique de recherche se formalise ainsi : en quoi et comment la prise en compte conjointe des niveaux institutionnels, collectifs et individuels de la santé des artistes du spectacle vivant est un levier à la prévention des risques professionnels ? Nous cherchons ainsi à identifier quels sont les obstacles et les ressources à la santé pour permettre la construction et la mise en œuvre des dispositifs innovants où la prévention primaire prend toute sa place.
Compte tenu des spécificités du secteur du spectacle vivant - ses formes spécifiques d’emploi, les conditions d’exercice, la particularité du lien de subordination, son attractivité, notamment auprès des jeunes générations et ses conséquences sur la santé… - ce dernier nous paraît particulièrement pertinent à étudier afin d’identifier les voies et moyens d’amélioration de la santé des artistes, en s’appuyant non seulement sur les enjeux qui s’offrent au monde du spectacle mais également sur son histoire, sa culture. A cela s’ajoute que la création artistique est le fruit d’un trio décisionnaire (administratif, technique et artistique) ainsi que le résultat de l’action de deux populations différentes que sont les intermittents et les permanents du spectacle sur un même événement.
Pour investiguer ce milieu, des méthodes qualitatives seront utilisées afin de questionner les acteurs du secteur, observer des compagnies et expérimenter des dispositifs innovants participatifs pour mettre au cœur des collectifs la question de la santé. Plusieurs compagnies de profils différents sont prêtes à nous ouvrir leur porte afin de les accompagner sur plusieurs mois.
Pour mener à bien ce projet de recherche JCJC, Elsa Laneyrie, MCF en psychologie du travail et ergonomie va collaborer avec des chercheurs de cinq laboratoires, un partenaire institutionnel incontournable et des compagnies. Sur 42 mois, plusieurs études seront déployées afin d'identifier les dispositifs mis en œuvre, les connaissances déjà maîtrisées par les acteurs, les stratégies individuelles et collectives déployées par les artistes afin de construire leur propre santé. Un reportage sera réalisé en parallèle afin de garder des traces et présenter les actions entreprises au sein des compagnies.
Les conclusions seront de nature à mettre en visibilité les stratégies de prévention à déployer pour faire de la santé un enjeu central de développement du secteur et du métier d’artiste. Nous souhaitons mobiliser le secteur et l’ensemble des acteurs en vue d’identifier des ressources durables pour construire et prévenir la santé. Plus largement, nous espérons que les conclusions de ce travail permettrons de diminuer les risques professionnels, renforcer le maintien en emploi, développer le dialogue social, outiller les institutionnels pour intervenir au plus près des besoins des intermittents.
Coordination du projet
Elsa Laneyrie (GROUPE DE RECHERCHE EN PSYCHOLOGIE SOCIALE)
L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.
Partenariat
GROUPE DE RECHERCHE EN PSYCHOLOGIE SOCIALE
Aide de l'ANR 283 939 euros
Début et durée du projet scientifique :
février 2023
- 42 Mois