Se sentir éveillé.e pendant le sommeil: signatures neuronales de la mauvaise perception du sommeil – SleepTight
En France, 20% des adultes se plaignent d’un mauvais sommeil. Quantifier ces troubles s’avère difficile quand les outils classiquement utilisés pour évaluer le sommeil échouent à détecter des anomalies. Autrement dit, certains individus peuvent se sentir éveillé même lorsque leur cerveau semble physiologiquement endormi.
Pour mieux comprendre ce phénomène de mauvaise perception du sommeil (MPS), j’appliquerai de nouveaux outils d’analyse aux enregistrements de sommeil afin d’identifier les corrélats neuronaux de la MPS. Pour cela, je me servirai d’avancées récentes en neurosciences computationnelles et apprentissage-machine. J’appliquerai ces outils à des données obtenues sur de bons dormeurs, et des patients insomniaques avec ou sans MPS.
Je chercherai aussi à identifier les causes de la MPS. Ma première hypothèse est que la MPS pourrait résulter d’un défaut d’isolement sensoriel de l’environnement pendant le sommeil. Pour la tester, je jouerai des sons à des bons dormeurs et des insomniaques avec MPS pendant leur sommeil. J’utiliserai des marqueurs cérébraux et musculaires de réponse à ces sons afin de vérifier si les patients MPS répondent davantage à des stimulations extérieures pendant leur sommeil, et ce sans même se réveiller.
Ma seconde hypothèse est que la MPS pourrait résulter d’un traitement excessif des informations internes cette fois-ci : les rêves. J’étudierai une population clinique souffrant d’hyperonirisme (rêves excessifs et fatigants) et vérifierai l’association entre hyperonirisme et MPS.
En identifiant les corrélats neuronaux ainsi que les possibles causes de la MPS, ce projet lèvera le voile sur le paradoxe de se sentir éveillé bien qu’endormi. Ce projet pourrait améliorer le diagnostic et la prise en charge de la MPS, avec de grands bénéfices pour les patients comme pour la société, car ces troubles du sommeil, peu étudiés, représentent un fardeau sanitaire et économique conséquent.
Coordination du projet
Thomas Andrillon (INSTITUT DU CERVEAU ET DE LA MOELLE EPINIERE)
L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.
Partenariat
ICM INSTITUT DU CERVEAU ET DE LA MOELLE EPINIERE
Aide de l'ANR 299 845 euros
Début et durée du projet scientifique :
septembre 2022
- 30 Mois