L'accentuation des racines en anglais à travers différents cadres théoriques - Guierre rencontre l'analogie – ERSaF
ERSaF
English Root Stress across Frameworks
L'accentuation des verbes et des noms en anglais sans morphologie productive : regards croisés depuis différentes perspectives théoriques
Ce projet servira (a) à améliorer notre compréhension actuelle des régularités du système accentuel anglais et (b) à promouvoir et encourager le dialogue et la collaboration entre différents cadres théoriques, la théorie guierrienne et les théories phonologiques fondées sur l’analogie.<br /><br />Comment est-ce que l’accent est assigné dans les mots sans structure morphologiques ou dérivés de racines liées en anglais ? Comment peut-on expliquer, par exemple, que des mots comme begín, emít et rètrogréss sont accentués sur leur dernière syllabe, mais que des mots comme li´sten, vo´mit et ga´llivant ont des schémas accentuels différents ? Bien qu’il existe une vaste littérature sur l’accentuation lexicale anglaise et que la plupart des spécialistes sont d’accord pour dire que le placement de l’accent en anglais n’est pas idiosyncratique, les propositions théoriques existantes sont rarement basées sur des corpus larges et laissent des proportions importantes de données sans explication.<br /><br />Ce projet vise à apporter un nouveau regard sur les régularités de l’accentuation anglaise et, à terme, à développer un meilleur modèle, en réunissant les perspectives de deux traditions de recherche.<br /><br /> - Les travaux de Guierre et de l’Ecole de Guierre représentent un cadre théorique en phonologie qui est largement utilisé dans la littérature en langue française, mais qui est sous-représenté dans la littérature contemporaine en langue anglaise.<br /> - « L’analogie » renvoie à un mécanisme de généralisation linguistique au cours duquel les propriétés formelles d’une forme inconnue sont apprises en comparant cette forme à des formes similaires dans le lexique mental. L’analogie a été considérée comme la fondation du comportement grammatical dans la tradition néogrammairienne. Dans la littérature contemporaine, l’analogie joue un rôle central, en particulier dans les modèles fondés sur l’usage ; les modèles analogiques computationnels ont, depuis l’époque néogrammairienne, développé le concept d’analogie et l’ont rendu opérationnel de manière à rendre ce cadre théorique testable empiriquement.<br /><br />Nous utiliserons un mécanisme analogique computationnel pour tester le système guierrien de représentation sur deux types de données empiriques relatives à des classes de mots morphologiquement simples au comportement accentuel non-uniforme, et qui ont jusqu’à présent défié les analyses qui ont été proposées dans la littérature générative « mainstream ». Un premier type de données seront des données dictionnairiques des verbes existants, et l’autre type sera constitué de logatomes verbaux élicités dans le cadre d’une tâche de lecture. Pour le cadre guierrien, cela nous permettra de tester des hypothèses de base sur la pertinence et la nature des unités de représentation postulées. Pour un cadre analogique, cela nous permettra de développer une théorie adéquate de la représentation, qui est à ce jour manquante dans les analyses analogiques des généralisations phonologiques.
Le projet vise à étudier différents types de données : des données tirées de dictionnaires de prononciation ainsi que des données orales issues d'études d'élicitation menées dans le cadre du projet. Les données sont analysées à l'aide de statistiques inférentielles (modèles de régression, arbres d'inférence conditionnelle) et des modèles computationnels basés sur l'analogie ou le Naïve Discriminative Learning.
Nos premiers résultats confirment certaines affirmations trouvées dans la littérature comme le rôle de la préfixation opaque et le poids syllabique, mais ils nuancent ces affirmations et invitent de plus amples explorations :
- sur la préfixation opaque, nos premiers résultats montrent des différences importantes entre préfixes, ce qui suggère que nous devrions évaluer l'importance de propriétés individuelles des préfixes comme leur récurrence plutôt que des catégories rigides comme «opaque« versus «transparent«. Les premières explorations à ce sujet sont prometteuses.
- sur le poids syllabique, nous trouvons des effets dans nos différentes études, mais ces effets ne sont pas toujours cohérents avec la littérature puisque les effets se trouvent dans toutes les positions, ce qui laisse entrevoir un rôle plus généralisé de cette variable et de nature probabiliste.
Nous avons commencé à modéliser les données à l'aide d'AML, un logiciel computationnel basé sur l'analogie, ce qui nous a d'ores et déjà permis de voir que le modèle est très performant pour assigner l'accent dans les verbes, et nous éclaire sur les déterminants de l'accentuation (affixes notamment), qui émergent du modèle sans qu'ils lui soient fournis au préalable.
Il nous reste encore du travail sur les données dictionnairiques relatives aux noms, pour lesquelles nous sommes partis de zéro, contrairement aux verbes qui étaient déjà pré-triés et analysés. Une fois ces données prêtes, nous les analyserons également avec AML.
Le gros projet des mois à venir consistera en une grande étude d'élicitation de non-mots qui ciblera les principaux facteurs qui nous intéressent. Nous avions initialement prévu de nous rendre à Manchester pour mener cette étude mais avons finalement décidé de la mener en ligne, ce qui nous permettra d'avoir accès à une plus grande variété de participants, et en plus grand nombre.
Comme nous avons commencé à le faire cette année, nous continuerons à communiquer sur nos résultats et soumettrons des articles dans des revues spécialisées. Nous organisons également une conférence à Trèves en octobre qui rassemblera des chercheurs de différents horizons sur la question de la non-uniformité en morphophonologie.
Nous avons à ce jour réalisé treize communications dans des conférences et publié deux articles. Un autre article est accepté et devrait paraitre prochainement. Cinq articles sont à différents stades d'avancement (rédaction ou révision).
Ce projet servira (a) à améliorer notre compréhension actuelle des régularités du système accentuel anglais et (b) à promouvoir et encourager le dialogue et la collaboration entre différents cadres théoriques, la théorie guierrienne et les théories phonologiques fondées sur l’analogie.
Comment est-ce que l’accent est assigné dans les mots sans structure morphologiques ou dérivés de racines liées en anglais ? Comment peut-on expliquer, par exemple, que des mots comme begín, emít et rètrogréss sont accentués sur leur dernière syllabe, mais que des mots comme li´sten, vo´mit et ga´llivant ont des schémas accentuels différents ? Bien qu’il existe une vaste littérature sur l’accentuation lexicale anglaise et que la plupart des spécialistes sont d’accord pour dire que le placement de l’accent en anglais n’est pas idiosyncratique, les propositions théoriques existantes sont rarement basées sur des corpus larges et laissent des proportions importantes de données sans explication.
Ce projet vise à apporter un nouveau regard sur les régularités de l’accentuation anglaise et, à terme, à développer un meilleur modèle, en réunissant les perspectives de deux traditions de recherche.
• Les travaux de Guierre et de l’Ecole de Guierre représentent un cadre théorique en phonologie qui est largement utilisé dans la littérature en langue française, mais qui est sous-représenté dans la littérature contemporaine en langue anglaise.
• « L’analogie » renvoie à un mécanisme de généralisation linguistique au cours duquel les propriétés formelles d’une forme inconnue sont apprises en comparant cette forme à des formes similaires dans le lexique mental. L’analogie a été considérée comme la fondation du comportement grammatical dans la tradition néogrammairienne. Dans la littérature contemporaine, l’analogie joue un rôle central, en particulier dans les modèles fondés sur l’usage ; les modèles analogiques computationnels ont, depuis l’époque néogrammairienne, développé le concept d’analogie et l’ont rendu opérationnel de manière à rendre ce cadre théorique testable empiriquement.
Nous utiliserons un mécanisme analogique computationnel pour tester le système guierrien de représentation sur deux types de données empiriques relatives à des classes de mots morphologiquement simples au comportement accentuel non-uniforme, et qui ont jusqu’à présent défié les analyses qui ont été proposées dans la littérature générative « mainstream ». Un premier type de données seront des données dictionnairiques des verbes existants, et l’autre type sera constitué de logatomes verbaux élicités dans le cadre d’une tâche de lecture. Pour le cadre guierrien, cela nous permettra de tester des hypothèses de base sur la pertinence et la nature des unités de représentation postulées. Pour un cadre analogique, cela nous permettra de développer une théorie adéquate de la représentation, qui est à ce jour manquante dans les analyses analogiques des généralisations phonologiques.
Coordination du projet
Quentin Dabouis (Laboratoire de Recherche sur le Langage (EA 999))
L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.
Partenariat
LRL Laboratoire de Recherche sur le Langage (EA 999)
Trier University
Aide de l'ANR 150 187 euros
Début et durée du projet scientifique :
août 2022
- 36 Mois