Un peu de sel, mais pas trop: éviter l'hypertension dans les batteries tout-solide – SALT-PPER
L'utilisation de sels de lithium permet de diminuer la température de mise en forme de batteries tout-solide.
Le développement de batteries utilisant des électrolytes solides a le potentiel d'améliorer la densité d'énergie et la sécurité des systèmes de stockage de l'énergie par rapport aux batteries Li-ion actuelles. La réactivité entre l'électrolyte solide et les matériaux d'électrodes constitue un verrou technologique majeur de ce développement. Une compréhension fondamentale robuste des mécanismes de réactivité permet de proposer des solutions pour limiter la réactivité.
Diminuer la température de densification en utilisant des sels de lithium.
L'utilisation d'électrolytes de type oxydes, abondants et stables, dans les systèmes tout solide nécessite des procédés à haute température, incompatibles avec l'assemblage de batteries à architecture composite. Dans ce projet, la compréhension de la réactivité des sels de lithium avec un électrolyte a permis de diminuer significativement la température de densification tout en préservant les propriétés de conduction ionique. Ces travaux ouvrent la voie à l'assemblage d'électrodes composites à base d'oxydes pour les batteries tout solide.
- Suivi des mécanismes de réactivité in situ par diffraction des rayons X en conditions de température et de cyclage
- Étude des environnements atomiques par spectroscopie de résonance magnétique nucléaire
- Identification des composés faiblement cristallins par spectroscopie Raman
- Densification par frittage céramique et flash
- Mesure des profils de retrait par dilatométrie thermique
- Mesures de conductivité par spectroscopie d'impédance électrochimique
(i) Identification d'un mécanisme de réactivité généralisé des sels de lithium avec le LATP. Cette réactivité conduit à la décomposition partielle du LATP et à la formation de produits de décomposition lors du frittage.
(ii) Identification de sels de lithium et de mélanges de sels non réactifs utilisables comme agents de frittage sans décomposition du LATP.
(iii) Réduction de la température de densification du LATP à des températures compatibles avec la formation d'électrodes composites : 650 °C contre plus de 900 °C avec les méthodes conventionnelles ; tout en maintenant une densité relative supérieure à 90 % et des conductivités ioniques de l'ordre de 10-4 S.cm-1.
(iv) Étude de sels de lithium à bas point de fusion (40-100 °C) et à haute conductivité pour l'assemblage d'électrodes composites.
Publications :
(1) Guilleux, M.; Gervais, C.; Coelho Diogo, C.; Laberty-Robert, C.; Perez, A. J. Unveiling the Reactivity of Li1+xAlxTi2–x(PO4)3 with Lithium Salts to Reduce Its Sintering Temperature. ACS Appl. Energy Mater. 2025, 8 (2), 1167–1178. doi.org/10.1021/acsaem.4c02668. hal.science/hal-04893558v1
Les résultats du projet ont posé les bases méthodologiques pour l'étude des auxiliaires de frittage pour électrolytes solides, applicables à d'autres électrolytes solides technologiquement importants.
La densification à basse température ouvre la voie à l'assemblage d'électrodes composites, limité par la réactivité entre les matériaux lors des procédés de densification à haute température. Cette méthode de formage est également moins énergivore, ce qui constitue un avantage tant économique qu'environnemental.
Les batteries tout-solide pourraient surclasser la technologie actuelle Li-ion à condition que plusieurs défis technologiques soient résolus. Parmi ces défis, l'interface entre le matériau d’électrode positive et l’électrolyte solide est une cause importante de surtension qui conduit sur le long terme à l’échec de l’accumulateur. Pour résoudre ce problème, le projet SALT&PPER développera des revêtements composés de sels de lithium afin de passiver l’interface et minimiser la résistance de contact. La composition et l’épaisseur des revêtements seront des paramètres cruciaux pour optimiser la conductivité ionique, la température de mise en forme et la stabilité électrochimique, des aspects qui seront étudiés en détail à l’aide de techniques ex situ et operando (DRX, XAS, XPS, microscopie). L’ajout de nouvelles fonctionnalités au revêtement sera aussi étudié pour allonger la durée de vie des batteries tout-solide, qui sera évaluée par des méthodes électrochimiques sur accumulateurs complets.
Coordination du projet
Arnaud Perez (Chimie de la Matière Condensée de Paris)
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Partenariat
LCMCP Chimie de la Matière Condensée de Paris
Aide de l'ANR 259 327 euros
Début et durée du projet scientifique :
octobre 2021
- 42 Mois