CE36 - Santé publique, santé et sociétés 2021

Alimentation et numérique – ALIMNUM

ALIMENTATION et NUMERIQUE - impacts des réseaux sociaux sur la santé des étudiants

Les jeunes fréquentent assidûment les réseaux sociaux. Ils sont exposés à de nombreux contenus alimentaires diffusés par des influenceurs qu'ils considèrent comme des figures d'autorité en matière nutritionnelle. Le projet s'inscrit dans les réflexions autour des effets des réseaux sociaux sur la santé mentale des jeunes et plus particulièrement des étudiants, population souvent qualifiée de vulnérable et précaire.

Réseaux sociaux et impacts sur la santé des étudiants

Considérant la fréquentation massive des réseaux sociaux par les jeunes et la montée en puissance de communautés virtuelles promouvant un mode de vie sain, le projet pluridisciplinaire ALIMNUM s'est intéressé aux déterminants des pratiques alimentaires chez les étudiants (18-25 ans) en mettant la focale sur le rôle du numérique dans un contexte où l’alimentation et les questions de nutrition et d’activités physiques sont au centre des préoccupations des pouvoirs publics en tant qu’enjeu de santé. La lutte contre la survenue de pathologies chroniques de type obésité et diabète, ou encore en matière de troubles du comportement alimentaire constituent des objectifs que l’on retrouve notamment dans les Programme National Nutrition Santé (2019-2023) et dans la Stratégie nationale de santé (2018-2022). Ce projet s’inscrit donc dans les priorités de santé publique liées aux troubles du comportement alimentaire et aux usages numériques des jeunes, en lien avec les politiques de prévention régionales et nationales. Il s’appuie sur la collaboration de trois laboratoires : NIMEC (Le Havre/Rouen), ADEN (Inserm 1073) et DYSOLAB (URN). Il a ainsi été question d’étudier les articulations entre l’alimentation et les usages du numérique, tout en interrogeant leur rôle dans d’éventuelles situations qualifiées de « désordres alimentaires (orthorexie, anorexie et les dits TCA en général, etc.) » et/ou « à risques psychologiques ».

Reposant sur une démarche interdisciplinaire, le projet combine des méthodologies qualitatives (entretiens semi-directifs, analyse de contenus du web) et quantitatives (collecte de données issues du web) en jouant sur une complémentarité des techniques de collecte des données online et offline.

Le projet a montré les impacts négatifs mais aussi positifs de l'exposition des jeunes aux réseaux sociaux;

A partir d'une analyse fine des contenus food diffusés par les influenceurs nous avons catégorisé les discours portant sur la promotion d'une alimentation saine alliée à une activité physique régulière.

Ces discours et ces mises en scène ont un impact sur la littérature alimentaire des étudiants en les sensibilisant aux enjeux du manger sain et à la pratique culinaire.

 

En revanche, ces messages peuvent avoir un impact délétère sur les jeunes abonnés qui présentent des profils psychologiquement fragiles, entraînant une baisse d'estime de soi, un sentiment de culpabilisation, une perte de confiance sur ces capacités à résister et à changer. Ces contenus prônent également des normes sociales et corporelles qui sont souvent difficiles à atteindre et affectent ceux se sentent incapables de s'y soumettre.

 

Enfin, nous montrons que ces contenus s'appuient sur des recommandations de santé mais y dérogent avec des conseils non vérifiés issues essentiellement des propres expériences vécues des influenceurs.

 

 

Notre travail permet de mettre au jour les risques des réseaux sociaux et invitent les éducateurs, les pouvoirs publics et les professionnels de santé à s'emparer des codes et des discours numériques pour diffuser sur les plateformes numériques des recommandations santé robustes à destination des jeunes.

 

Il permet également de montrer que les réseaux sociaux constituent une ressource importante pour sensibiliser les jeunes à une alimentation saine et renforcer leur littératie alimentaire.

 

Au bilan, nous invitons tous les acteurs qui s'intéressent à la santé des jeunes à regarder de plus prés les messages qui sont diffusés sur les réseaux sociaux car ils font désormais partie de l'environnement quotidien de cette génération et des générations futures. Il est donc essentiel de s'appuyer sur ces ressources pour mettre en place des actions de santé publique à destination de ces populations.

la plateforme numérique mis en oeuvre dans le cadre de ce projet vise à poursuivre les analyses et à permettre d'établir un pré-diagnostic sur des comportements alimentaires délétères pouvant conduire à des TCA en intégrant l'impact des réseaux sociaux.

 

De même, le projet de sciences participatives MEALS financé par l'ANR prolonge ce travail en invitant les étudiants à se saisir de ces questions et à élaborer eux-mêmes des outils ayant pour objectif de developper une démarche réflexive envers les réseaux sociaux et un esprit critique en mobilisant la littératie numérique.

ALIMNUM se structure autour de trois objectifs : (1) Documenter les déterminants numériques des nouvelles pratiques alimentaires/nutritionnelles/corporelles ; (2) Cerner le lien potentiel entre le suivi de publications centrées sur la tendance healthy et des pratiques alimentaires/nutritionnelles à risques ; (3) Déterminer l’impact de ces publications sur la survenue de pathologies. ALIMNUM se positionne comme un projet original à plusieurs titres :- type de déterminant étudié : le numérique associé à une population considérée comme vulnérable ;- transversal : combinaison d’approches sociologiques, psychologiques, marketing et santé publique à tous les stades du projet ;- méthodologique : élaboration d’un programme mixant plusieurs volets qualitatifs-quantitatifs et recoupement avec une approche clinique ;- portée opérationnelle : validation d’un test de dépistage pour diagnostiquer de façon systématique les risques d’entrée en TCA.

Coordination du projet

PASCALE EZAN (NORMANDIE INNOVATION MANAGEMENT ENTREPRISE CONSOMMATION)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

NIMEC NORMANDIE INNOVATION MANAGEMENT ENTREPRISE CONSOMMATION
DYSOLAB Dynamiques Sociales et Langagières
NIMEC NORMANDIE INNOVATION MANAGEMENT ENTREPRISE CONSOMMATION
ADEN NUTRITION, INFLAMMATION ET DYSFONCTION DE L'AXE INTESTIN-CERVEAU
DIPHE Développement Individu Processus Handicap Éducation

Aide de l'ANR 446 236 euros
Début et durée du projet scientifique : - 48 Mois

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