Reconsidérer les corridors écologiques : une approche basée sur la génétique et le passé – RECODE
Face à la croissance de la population humaine et aux changements d’utilisation des sols, nos paysages subissent une importante mutation qui perturbe la dynamique des écosystèmes et se traduit par une perte des habitats naturels et de la biodiversité associée. Il est donc primordial d’étudier l’impact de ces changements d’utilisation des sols sur la dynamique des habitats naturels et notamment sur leur connectivité, essentielle au maintien des populations naturelles. Ce projet, organisé en 4 ‘work packages’, évaluera la cohérence entre les corridors écologiques passés et actuels et testera leur efficacité par une approche génétique. Plus précisément, le WP1 étudiera l'évolution de la couverture du sol à plusieurs dates (entre 1950 et aujourd'hui) et déterminera le rôle de la couverture du sol passée dans l'estimation de la connectivité du paysage et dans la conception des corridors écologiques actuels. Pour cela WP1 emploiera des méthodes de SIG (e.g. télé-détection) pour cartographier et décrire l’occupation du sol de la zone d'étude. WP1 utilisera aussi des "cartes de friction" et les théories des « circuits » et des « graphs » afin de modéliser les corridors écologiques. Le WP2 utilisera une approche moléculaire (i.e. Microsatellites + SNP) afin d’estimer la structuration génétique et les flux de gènes d’un cortège de 7 espèces inféodées aux zones naturelles des paysages urbains comme semi-naturels. Ces espèces appartiennent à des taxons différents, avec des statuts de conservation différents et des capacités de dispersion différentes. Dans une approche intégrative, le WP3 testera si les couloirs écologiques modélisés par la cartographie correspondent aux flux de gènes inférés par l’approche moléculaire (utilisation de la génétique du paysage). Le WP4 assurera la dissémination des résultats auprès des acteurs de l’aménagement du territoire, de la communauté scientifique et du grand public. Avec une dimension socio-économique, ce projet se concentre sur une zone présentant une empreinte anthropique importante et une couverture de sol diversifiée : la Communauté Urbaine de Grand Poitiers. Ce projet tend à encourager une gestion rationnelle des ressources naturelles, à orienter les politiques dans l’aménagement du territoire et à protéger la biodiversité et les services écosystémiques associés. L'association de biologistes, géographe et gestionnaire du territoire (ainsi que l'approche multidisciplinaire combinant cartographie et génétique) assurera le bon déroulement de ce projet tant d'un point de vue scientifique qu'en termes de diffusion des résultats.
Coordination du projet
Nicolas BECH (Ecologie et biologie des interactions)
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Partenariat
EBI Ecologie et biologie des interactions
Aide de l'ANR 306 320 euros
Début et durée du projet scientifique :
- 48 Mois