CE26 - Innovation, travail 2021

L'agriculture face aux défis sociétaux et environnementaux contemporains : apport d'une forme organisationnelle porteuse d’innovation sociale, la Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC) – SCIC_AGRI

Résumé de soumission

La crise sanitaire actuelle – au même titre que les crises précédentes – renouvelle l’importance des recherches critiques en SHS. En accentuant les défis planétaires nécessitant de repenser la durabilité de notre écosystème, elle impose de réfléchir à des modalités nouvelles et alternatives de faire société et de répondre aux enjeux économiques, sociaux, environnementaux et politiques. Il s’agit, dans le cadre de ce projet, d’étudier l’arrivée d’un nouvel acteur coopératif dans le secteur agricole – les Sociétés Coopératives d’Intérêt Collectif (SCIC). L’ambition de ce projet de recherche est ainsi de déterminer dans quelle mesure, pourquoi et comment les SCIC, porteuses d’innovation sociale, déstabilisent le secteur agricole face à un modèle dominant productiviste et non adapté aux enjeux de durabilité. En effet, la SCIC peut être reconnue porteuse d’innovation sociale de par ses différentes caractéristiques : le multisociétariat, la gouvernance démocratique, l’utilité sociale et l’ancrage territorial. Elle représente une « véritable rupture coopérative » dans le secteur agricole en posant explicitement la question d’un intérêt collectif devant être partagé par un ensemble d’acteurs plus large que les seul.e.s producteur.rice.s.

Cette recherche s’inscrit dans le courant néo-institutionnaliste qui se caractérise par une définition extensive des institutions comme véritable moyen de coordination sociale et par une focalisation sur l’encastrement culturel, cognitif et institutionnel des organisations. Ce courant nous permet d’appréhender, dans une approche multi-échelle (champ, écosystèmes, organisations, individus) les différents éléments composant les institutions (logiques institutionnelles, pratiques institutionnalisées) ainsi que les modalités de gestion et de transformation de ces éléments (tensions organisationnelles, travail institutionnel). Pour ce faire, le projet s’articule autour de 6 tâches. La T1 correspond à la coordination, l’organisation et la valorisation du projet. Un état des lieux scientifique et empirique permettant une appréhension correcte et complète de l’objet constitue la T2. Les tâches T3 (analyse de réseaux-multiniveaux) et T4 (analyse de la trajectoire des SCIC au sein du champ agricole) viennent soutenir les résultats des T5 et T6, au cœur du projet et proposant des approches managériales des SCIC en tant qu’écosystème et en tant qu’organisation.

D’un point de vue méthodologique nous proposons un design mixte : la T3 relève d’une analyse quantitative et multiniveau des réseaux. La T4 s’appuie sur le recueil d’entretiens semi-directifs auprès d’un large panel d’acteurs du champ, porteurs des logiques dominantes et alternatives triangulées avec des données secondaires plurielles. Le corpus de données fera l’objet d’une analyse lexicale. Les T5 et T6 s’appuient quant à elles sur un protocole d’études de cas comparées pour lequel le recueil de données relève de l’observation participante et non participante et d’entretiens individuels et collectifs. Les données recueillies feront l’objet d’analyses de contenu thématique croisées.

3 contributions théoriques sont attendues : (1) différents modèles organisationnels émergent au sein du secteur afin de répondre aux défis actuels mais la SCIC reste très peu étudiée ; (2) l’entrée par les pratiques et le travail institutionnel permet une remontée de l’organisation à l’institution, là où les principales contributions en TNI interrogent le processus inverse ; (3) l’analyse des pratiques constitutives de l’IS permet de contribuer à ce champ de recherche en étudiant leur variabilité. De même, le protocole méthodologique proposé permet de mettre en avant 2 contributions méthodologiques, l’une relative à l’analyse de réseaux multiniveaux appliquée aux SCIC et l’autre à la méthode des cas, comparée et enchâssée.

Une stratégie de diffusion des résultats ambitieuse permet d’atteindre les sphères académiques, professionnelles, scolaires et citoyennes.

Coordination du projet

Charlène ARNAUD (Laboratoire Gouvernance et Contrôle des Organisations)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

LGCO Laboratoire Gouvernance et Contrôle des Organisations

Aide de l'ANR 269 737 euros
Début et durée du projet scientifique : mars 2022 - 48 Mois

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