ESPACE ET POLITIQUE: LES VILLES CAPITALES COMME INSTRUMENT DES LUTTES ET DU POUVOIR POLITIQUE – SPACEPOL
Ce projet de recherche étudiera la place et le rôle du pouvoir politique et de la gouvernance urbaine mondiale sur la formation, la fabrication et le développement des capitales ainsi que les interactions entre les revendications sociales sur l’aménagement urbain et environnemental et les processus politiques de prise de décision. Les questions suivantes guideront notre recherche : comment la place de la capitale dans l'imaginaire national est-elle forgée par la configuration spatiale des symboles politiques ? Quelles sont les relations conflictuelles et/ou consensuelles entre les différents acteurs politiques dans la conception des capitales ? Dans quelles mesures la nature du régime politique pourrait-elle avoir un impact sur cette conception ? Quels sont les flux socio-politiques et économiques spécifiques entre les pays que nous étudions (Kazakhstan, Russie, Egypte, Turquie, Iran, Emirats) et quels sont les influences urbaines réciproques? Enfin, comment aborder les interactions entre les politiques de la fabrique urbaine les multiples plaidoyers sociétaux et environnementaux en terme de participation citoyenne?
Notre objectif principal est d'étudier, de manière comparative, la production des capitales selon trois thèmes de recherche différents mais inter-reliés :
1- Imagination et conception spatiales des capitales par le pouvoir politique national et comme théâtre de luttes symboliques entre différentes visions politiques
2- Influence des réseaux urbains mondiaux et des principes de circulation des modèles internationaux dans l’aménagement urbain
3- Relations réciproques entre les politiques d'urbanisation des capitales et les diverses revendications et protestations concernant les espaces urbains et l'environnement
Afin d'étudier ces questions, nous proposons les cas d'Ankara, Moscou, Téhéran, Abu Dhabi, Nur-Sultan et Le Caire. Notre choix de nous concentrer sur ces capitales vient du fait que les pays dans lesquels elles sont implantées sont souvent présents dans les études des relations internationales en termes de géopolitique, de relations étatiques et diplomatiques mais moins dans les études urbaines. Les villes de ce projet sont délibérément choisies parmi des pays dits « illibéraux » et politiquement offensifs au niveau international. Nous souhaitons analyser comment les gouvernements autoritaires s'expriment spatialement dans la ville. La littérature scientifique actuelle se concentre sur la mise en scène fixe du pouvoir politique illibéral dans la géographie politique et la géopolitique mais s’attarde moins sur les dynamiques entre le régime politique et la conception de la ville ainsi que sur les espaces vécus et perçus dans ces villes.
La contribution principale du projet sera la réalisation d'une comparaison internationale qui prendra en compte la diversité, les particularités mais aussi les stratégies similaires éventuelles de ces villes. Ce qui nous intéresse plus particulièrement est en effet d'observer si elles sont affectées par des processus politiques et symboliques similaires, si elles ont des stratégies d'intégration similaires dans l'urbanisme mondialisé et si elles utilisent enfin des outils similaires dans l'espace urbain afin de refléter une image d'État fort au niveau international malgré leur diversité.
L'ambition majeure du projet est d'aller dans des domaines peu explorés des études urbaines et de relier ces thèmes de recherche à travers de multiples fils qui suivront les agents publics dans la vie tant nationale que locale, les habitants dans leurs espaces vécus et conçus, les réseaux d'activistes urbains et la société civile, les lieux de décision politique et urbanistique, les acteurs du développement historique et symbolique des villes. Nous rassemblerons différentes méthodes et outils et utiliserons notamment le film et la photographie à chaque étape du travail, non seulement comme méthode de recherche mais aussi comme support de narration.
Coordination du projet
Gülçin ERDI (Cités, Territoires, Environnement et Sociétés)
L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.
Partenariat
CITERES Cités, Territoires, Environnement et Sociétés
IFEA Institut français d'études anatoliennes - Georges Dumezil
CEDEJ Centre d'études et de documentation juridique, économique et sociale
LAVUE Laboratoire Architecture, Ville, Urbanisme, Environnement
IFEAC Institut français d'études sur l'Asie centrale
Académie de Sciences de Russie / Institut de Géographie
Aide de l'ANR 469 512 euros
Début et durée du projet scientifique :
- 48 Mois