Imagerie ultrasonore non-invasive de la microcirculation coronarienne – CorUS
La microcirculation coronarienne (c'est-à-dire les flux coronariens dans des vaisseaux inférieurs à 300 µm) joue un rôle clé dans le contrôle de la perfusion cardiaque. Le rôle de la microcirculation coronarienne est de plus en plus reconnue dans de nombreuses pathologies, y compris l'angine de poitrine chez les patients présentant une angiographie coronarienne normale ou presque normale. Les données récentes suggèrent qu'environ deux tiers de ces patients ont un dysfonctionnement coronarien microvasculaire (CMD), également connu sous le nom d'angor microvasculaire (MVA). Les patients atteints de CMD ont un mauvais pronostic avec des taux significativement plus élevés d'événements cardiovasculaires, y compris l'hospitalisation pour insuffisance cardiaque, mort cardiaque subite et infarctus du myocarde (IM). Une autre altération importante et fréquente de la microcirculation est associée à une hypoperfusion myocardique soutenue lors d'un infarctus aigu du myocarde malgré une revascularisation coronaire, le phénomène dit de non-reperfusion qui reste largement sous-diagnostiqué. Enfin, il existe également des indices majeurs de CMD lors d'insuffisance cardiaque avec éjection préservée france (HFpEF). Malgré un besoin clinique urgent, il n'y a tout simplement aucune technique disponible en routine en clinique, pour visualiser directement la microvascularisation coronaire et évaluer le système microvasculaire coronaire local. À ce jour, seules des mesures indirectes globales via des tests fonctionnels (TEP, CMR et échocardiographie de contraste) ou des mesures invasives peuvent fournir des informations hémodynamiques telles que le débit sanguin myocardique (MBF) et la réserve de flux coronaire (CFR) en réponse aux effets vasodilatateurs.
Dans le projet CorUS, une nouvelle technologie ultrasonore sera développée pour imager l'anatomie et la fonction des vaisseaux coronaires à l'échelle microscopique de manière non invasive et non ionisante. Cette approche repose sur l'imagerie ultra-rapide du cœur par ultrasons à 5000 images/s, une technologie de rupture mise au point il y a une vingtaine d'années par des chercheurs du laboratoire Physique pour Médecine Paris et plus récemment sur la nouvelle technologie de Microscopie de Localisation Ultrasonore (ULM) introduite pour résoudre les vaisseaux sanguins à une échelle micrométrique dans les organes profonds en trackant des agents de contraste ultrasonores (microbulles) injectés dans le flux sanguin.
Une technologie de pointe sera développée pour imager directement des flux sanguins coronaires à l'échelle microscopique et ainsi fournir de nouveaux marqueurs anatomiques et fonctionnels de la microcirculation coronaire. Des expériences préliminaires dans des cœurs de porcs perfusés et dans des cœurs de rats battants ont démontré la faisabilité de l'imagerie de la microcirculation coronaire en 2D et 3D. Cette technologie sera transposée à l’imagerie de cœurs humains et l'approche sera validée in vivo sur des modèles précliniques de grands animaux avec altération de la perfusion coronaire. Enfin, une preuve de concept clinique sera réalisée sur des patients présentant une altération de la microcirculation coronarienne.
Les principaux objectifs de CorUS sont:
1. Développer une nouvelle technologie d’échographie pour l’imagerie de la microcirculation coronarienne
2. Valider la technologie sur de grands modèles précliniques animaux d'altération de la microcirculation coronaire
3. Réaliser une étude clinique de validation de principe sur des patients atteints de microcirculation coronarienne
CorUS aura un impact majeur dans la compréhension, la prise en charge et le traitement des maladies coronariennes. La technologie d'imagerie non ionisante et non invasive développée dans ce projet pourrait à terme devenir un outil précieux pour l'exploration clinique de la microcirculation coronarienne au chevet du patient.
Coordination du projet
Mathieu Pernot (PHYSIQUE POUR LA MEDECINE)
L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.
Partenariat
PhysMed PHYSIQUE POUR LA MEDECINE
IMRB Institut Mondor de recherche biomédicale
MEDECINE DMU APHP.Mondor : MEDECINE
Aide de l'ANR 610 597 euros
Début et durée du projet scientifique :
janvier 2022
- 48 Mois