Vaccins post exposition contre les virus emergents – EXPUNGER
La pandémie actuelle nous rappelle la nécessité de se préparer à l'émergence et à la réémergence d'agents pathogènes humains. L'Organisation Mondiale de la Santé a établi une liste des maladies prioritaires posant le plus grand risque pour la santé publique en raison de leur potentiel épidémique et nécessitant un effort de recherche massif pour le développement de contre-mesures efficaces. Parmi ces maladies, il y a la fièvre de Lassa (FL), une fièvre hémorragique virale causée par le virus de Lassa (LASV). LASV est responsable de milliers de décès chaque année en Afrique de l'Ouest, mais c'est aussi le virus de la fièvre hémorragique le plus exporté. À ce jour, il n'existe aucun traitement ou vaccin efficace contre la FL. Nous avons généré MeV-GPC+NPExoN, un vaccin basé sur un vecteur rougeole recombinant exprimant les antigènes du LASV qui protège les singes cynomolgus contre la FL jusqu'à un an après la vaccination et qui est actuellement en cours d'évaluation dans des essais cliniques. Les analyses du transcriptome des cellules mononucléées du sang périphérique recueillies dans les premiers jours après la vaccination ont révélé une forte activation de la réponse innée chez les singes immunisés qui persiste jusqu'à 7 jours et est corrélée à l'efficacité de la protection. Cette observation nous a incité à évaluer l'efficacité du MeV-GPC+NPExoN en tant que vaccin post-exposition. En effet, il a été suggéré que la protection post-exposition induite par la vaccination est conférée par une réponse innée précoce qui ralentit l'infection pour permettre le montage d'une réponse immunitaire adaptative. Mais cette hypothèse n'a pas été clairement démontrée et il a même été suggéré qu'une réponse innée précoce non spécifique peut être suffisante pour contrôler l'infection. Nous proposons de tester cette hypothèse en évaluant les réponses innées et adaptatives suite à la vaccination post-exposition dans notre modèle de singe de la FL en utilisant trois vaccins: un vaccin induisant une immunité innée mais n'exprimant aucun antigène LASV; un vaccin induisant une immunité innée et exprimant des antigènes du LASV; et un vaccin n'induisant aucune immunité innée mais exprimant les antigènes du LASV. Le timing de la réponse immunitaire est également crucial dans la vaccination post-exposition et une vaccination retardée peut ne pas éliminer l'infection. Pour déterminer la fenêtre temporelle d'efficacité post-exposition contre la FL, nous testerons également l'efficacité du MeV-GPC+NPExoN lorsqu'il est administré à différents moments après une infection au LASV, dans le but de déterminer son potentiel en tant que vaccin thérapeutique.
Coordination du projet
Mathieu Mateo (IP-Unité de Biologie des infections virales émergentes)
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Partenariat
IP IP-Unité de Biologie des infections virales émergentes
Aide de l'ANR 428 967 euros
Début et durée du projet scientifique :
mars 2022
- 36 Mois