CE01 - Terre fluide et solide 2021

Apport de nouveaux traceurs à l'étude des relations altération-érosion-transport-dépôt à la surface des continents – WEARING_DOWN

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Apport de nouveaux traceurs à l'étude des relations altération-érosion-transport-dépôt à la surface des continents

Objectif du projet

La surface de la Terre est une interface dynamique contrôlée par l'interaction de la tectonique et du climat et est façonnée par divers processus physiques, chimiques, biologiques et anthropiques opérant dans la zone critique et interagissant sur une large gamme d'échelles spatiales et temporelles. À des échelles de temps de plusieurs millions d'années, les processus de surface (production, transport et dépôt de sédiments) jouent un rôle majeur dans le contrôle de l'évolution climatique de la Terre via leur impact sur la consommation ou le rejet de CO2 atmosphérique (altération et érosion des silicates; transport et enfouissement du carbone organique particulaire). A une échelle de temps plus courte, les processus de surface, tels que le développement des sols, les processus gravitaires (e.g. glissements de terrain), ou l'écobiohydrologie des corridors fluviaux, etc., sont d'une importance capitale pour la société et les décideurs politiques dans le contexte du changement climatique en cours et de l'augmentation de la population mondiale et de la pression sur les terres et les ressources naturelles. Au cours des trois dernières décennies, le développement de nouvelles technologies et d'outils analytiques a permis des avancées majeures dans notre compréhension des processus de la surface, motivés par ces défis scientifiques majeurs et ces besoins sociétaux. L'objectif principal de ce projet est de développer de nouveaux outils pour quantifier la production et le transfert de sédiments à la surface de la Terre, depuis l'altération et l'érosion sur les versants jusqu'à leur transport dans les systèmes fluviaux, en mettant particulièrement l'accent sur les échelles de temps intermédiaires entre les échelles événementielles et géologique (millier à la centaine de milliers d’années), pour lesquelles les méthodes manquent aujourd'hui.

Au cours des dernières décennies, le développement de méthodes permettant de dater les marqueurs géomorphologiques et de quantifier les vitesses des processus de surface a constitué une avancée majeure pour l'étude de la surface de la Terre. Ces techniques comprennent la luminescence stimulée optiquement (OSL), les nucléides cosmogéniques produits in situ (TCN). En parallèle, l'avènement des modèles numériques de surfaces de la Terre dans les années 2000 et le développement des outils informatiques ont posé les bases d'une compréhension quantitative avancée des processus de la surface terrestre et de leur modélisation numérique. Plus récemment, la technologie LiDAR fournit une numérisation 3D précise et permet de quantifier l'érosion et le transport à des résolutions temporelles et spatiales qui étaient inconcevables il y a dix ans. Ces développements ont considérablement fait progresser notre compréhension, d'une part, de l'évolution à grande échelle et à long terme des paysages et, d'autre part, de la détection des processus à petite échelle et à haute résolution temporelle. Néanmoins, nous manquons encore d'outils adéquats pour relier la variabilité mesurée à court terme aux valeurs moyennes à long terme, ce qui nuit à notre compréhension des tendances évolutives et des causes des changements observés. Nous développerons dans ce projet de nouveaux outils de traçage des processus de surface basés sur la luminescence, combinés à une quantification de pointe des taux des processus de surface par TCN in-situ.
La luminescence est une propriété intrinsèque des minéraux qui est classiquement utilisée pour la datation des sédiments quaternaires (OSL). L'un des principaux objectifs de ce projet est de tester et développer de nouvelles méthodes de traçage des processus de surface basées sur la luminescence. Ce projet s'appuie sur des idées qui émergent dans la littérature, y compris les références des participants au projet, ainsi que de nos résultats préliminaires. Nous émettons l'hypothèse que les signaux de luminescence des dépôts fluviaux enregistrent :
? les processus et les taux d'altération et d'érosion du paysage et en particulier des versants
? les conditions et les échelles de temps du transport dans les systèmes fluviaux (par exemple, la distance de transport, le mélange des particules, la turbidité).
Notre développement du traçage par luminescence sera couplé à de nouvelles méthodes TCN qui utilisent le 14C cosmogénique in situ associé à un autre TCN tel que le 10Be, afin de caractériser les changements récents (millénaires) dans l'érosion du paysage et de quantifier les temps de stockage et de transfert des sédiments dans les systèmes fluviaux. Nous émettons également l'hypothèse que l'utilisation de la combinaison unique du traçage des processus basé sur la luminescence avec l'analyse du 14C cosmogénique in situ fera progresser notre compréhension de la dynamique de la surface de la Terre à des échelles de temps intermédiaires.

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La surface terrestre est une interface dynamique contrôlée par les interactions entre la tectonique et le climat et façonnée par une multitude de processus physiques, chimiques, biologiques et anthropiques. Ce projet vise à améliorer notre compréhension des flux de matière associés par l’apport de données inédites sur l’altération et l’érosion des reliefs (WP1) et sur le transfert des sédiments associés dans les fleuves (WP2), en réponse aux forçages tectoniques et climatiques (WP3). Ces avancées seront permises grâce à des innovations majeures en géochronologie et modélisation, qui devraient faire progresser significativement notre compréhension du continuum altération-érosion-transport-dépôt. Le projet comprend des spécialistes de l’analyse, de la modélisation et de la datation des processus de surface et se basera sur l’acquisition de données de luminescence et d’isotopes cosmogéniques (Europe, Nouvelle Zélande, Népal, Chili) couplée à des modélisations expérimentales et numériques.

Coordination du projet

Stéphane Bonnet (Géosciences Environnement Toulouse)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

GET Géosciences Environnement Toulouse
University of Cologne / Institute of Geography
Géosciences Rennes
University of Potsdam / Institute of Environmental Science and Geography
University of Cologne / Institute of Geology and Mineralogy

Aide de l'ANR 422 658 euros
Début et durée du projet scientifique : août 2022 - 36 Mois

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