LabCom - V1 - Laboratoires communs organismes de recherche publics – PME/ETI - Vague 1 2020

Cog-Toolkit : vers de nouveaux outils digitaux pour la prise en charge cognitive des patients cérébro-lésés – Cog-Toolkit

Résumé de soumission

Tout patient cérébro-lésé est particulièrement à risque de séquelles cognitives. Chez les patients avec des atteintes cérébrales minimes à modérés, ces troubles sont discrets, si bien qu’ils sont parfois qualifiés de silencieux, car non détectés par l’examen neurologique de routine. De fait, ces troubles ne sont pas systématiquement évalués au sortir de la période d’hospitalisation aiguë. Pour autant, ces atteintes ont un réel retentissement sur le devenir socio-professionnel des patients et sont responsables de difficultés de réinsertion. Cette absence de mesure précise de l’atteinte cognitive dans différents domaines empêche en effet la mise en place d’une rééducation adaptée, sachant que la prise en charge immédiate optimise les chances de récupération et accélère le processus de réadaptation.
Cependant, grâce aux progrès réalisés par les technologies digitales, tant sur le plan des capacités d’interaction que sur celui du traitement des données, il est aujourd’hui possible de construire de nouveaux outils capables de répondre à ces enjeux.
Ce laboratoire commun associant l’Institut du Cerveau et de la Moelle (ICM), institut de recherche dédié aux neurosciences, et la société Scientific Brain Training (SBT), leader des outils de remédiation cognitive en France, poursuivra donc trois objectifs :
1. La construction, le développement et la validation d’outils digitaux d’évaluations cognitives adaptées à différents contextes de lésions cérébrales, permettant de mesurer les performances dans des fonctions cognitives dites de “haut-niveau” (motivation, fatigabilité, créativité, cognition sociale, …). Dans un premier temps, deux batteries de tests seront développées sur tablette : l’une évaluant de façon rapide et globale les fonctions cognitives (ciblant une population large de patients cérébro-lésés), l’autre explorant de façon approfondie l’ensemble des fonctions cognitives (visant un sous-groupe de patients opérés en conditions éveillées d’une tumeur cérébrale). Les gains de tels outils sont nombreux : passation des tests en autonomie pour les patients, mesures plus précises des performances (temps de réaction par exemple), exportation automatisée des scores pour l’analyse…
2. L’utilisation de techniques d’intelligence artificielle combinant l’exploitation des données recueillies lors des bilans cognitifs avec l’analyse des données cliniques des patients afin d’améliorer la précision des bilans (en particulier lors de suivis longitudinaux) mais également de construire de nouveaux indicateurs (ex : risque de non reprise de l’activité professionnelle). L’identification des profils de scores les plus prédictifs permettra par la suite de repérer les patients les plus à risque et d’instaurer précocément une rééducation cognitive spécifiquement adaptée. Ceci sera possible grâce au volume important de patients traités dans les différents services hospitaliers avec lesquels le coordonnateur scientifique a établi des collaborations et à l’inscription dans le temps du projet LABCOM.
3. L’exploitation de ces outils d’évaluation afin de mieux piloter des programmes de rééducation cognitive personnalisée développés par SBT, dans l’optique de prévenir les risques socio-professionnels et d’améliorer la qualité de vie. On s’attachera ainsi à inventer de nouvelles méthodes de rééducation en tirant profit d’une part des possibilités offertes par l’interactivité des smartphones/tablettes et d’autre part des avancées dans la compréhension des perturbations induites par une lésion à l’échelle des méta-réseaux neuronaux de la cognition. Par exemple, on cherchera à démontrer que si le patient échoue à une tâche mettant en jeu plusieurs sous-fonctions cognitives (telles que mémoire de travail – inhibition – flexibilité – prise de décision), il est préférable d’abord de le sur-entraîner dans chacune des sous-tâches, avant que de le confronter à la tâche plus complexe faisant appel de façon dynamique et intégrée aux quatre sous-fonctions.

Coordination du projet

Emmanuel MANDONNET (INSTITUT DU CERVEAU MOELLE EPINIERE)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

SBT - human matters Franck TARPIN-BERNARD
ICM INSTITUT DU CERVEAU MOELLE EPINIERE

Aide de l'ANR 350 000 euros
Début et durée du projet scientifique : février 2021 - 54 Mois

Liens utiles

Explorez notre base de projets financés

 

 

L’ANR met à disposition ses jeux de données sur les projets, cliquez ici pour en savoir plus.

Inscrivez-vous à notre newsletter
pour recevoir nos actualités
S'inscrire à notre newsletter