Observance et observation des mesures barrières et du confinement : une approche d’économie comportementale – CONFINOBS
Ce projet concerne les déterminants de la propension à adopter et à suivre les recommandations de prévention et de confinement face à la propagation du Covid-19. Le postulat fondamental est que cette propension est déterminée par les caractéristiques personnelles de l’individu : sa préférence pour le risque, son impatience et son contrôle de soi d’une part, et par ses préférences sociales (altruisme, générosité, confiance et propension à coopérer) de l’autre. Le principal objectif du projet est d’identifier l’effet de ces dimensions comportementales sur l’observance des mesures de confinement et l’adoption des gestes barrière. Leur connaissance est un préalable indispensable pour concevoir des mesures non coercitives plus efficaces, telles que les incitations monétaires et non-monétaires (nudges), pour mieux cibler la communication pendant et après la crise, et pour accroître son impact sur les comportements. Pour atteindre ces objectifs, le projet combinera plusieurs outils issus de l’économie expérimentale qui nous permettront de mesurer précisément les différentes dimensions comportementales (aversion au risque, impatience, altruisme, confiance, etc…) à partir de jeux avec incitations réelles. Certaines mesures, notamment les préférences pour le risque, seront doublées par des mesures déclaratives et génétiques. Cette précaution est destinée à obtenir des preuves convergentes de la robustesse des déterminants principaux. Enfin, nous appliquerons une méthode de choix discrets afin de mettre en évidence les arbitrages que les individus consentent à faire pour accepter les mesures contraignantes et testerons un « nudge » pour les inciter à le faire. Nos résultats serviront à déterminer les bons leviers d’actions pour une communication efficace vers des publics-cibles, en vue par exemple de lui faire adopter l’observance des gestes barrière. L’expérience à choix discret permettra d’avoir une connaissance des arbitrages auxquels les individus consentent pour accepter les mesures. Enfin, la variable de traitement « nudge » permettra d’identifier la pertinence de ce type de mesures dans des conditions extrêmes. Notre travail présente également un intérêt à plus long terme pour la connaissance, grâce au bloc génétique. L’objectif est d’établir un lien entre le profil génétique et les individus qui transgressent les consignes. S’il existe un profil de transgression, il sera difficile de concevoir des leviers d’action pour cette frange de la population qui représenterait dès lors un risque non contrôlable. La désobéissance étant assimilable à une prise de risque, il est probable que certains des SNP qui affectent la tolérance au risque affectent également l’obéissance.
Coordination du projet
Marc WILLINGER (Centre d'Economie de l'Environnement)
L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.
Partenariat
CEE-M Centre d'Economie de l'Environnement
Aide de l'ANR 71 991 euros
Début et durée du projet scientifique :
avril 2020
- 18 Mois