Estimation de la prévalence des manifestations dépressives dans le post-partum en contexte de pandémie COVID-19 – PsyCOVIDUM
Des formes de gravité variable de COVID-19 ont été décrites chez la femme enceinte, mais outre les effets directs du virus sur la femme ou le nouveau-né, le contexte pandémique lui-même, comme cela a pu être montré dans d’autres contextes que celui de la COVID-19, est susceptible d’agir comme facteur de risque psychique.
Des travaux très récemment publiés par des équipes chinoises, italiennes ou canadiennes mettent effectivement en évidence une augmentation des troubles anxio-depressifs chez les femmes en cours de grossesses. A ce jour et à notre connaissance, il n’existe pas de données permettant de connaitre l’impact qu’a pu avoir ce contexte sur la santé mentale des femmes enceintes en France et il n’existe pas d’études portant sur l’impact de ce contexte pandémique sur la prévalence des troubles psychiques dans le post partum, alors même que cette période correspond à un moment de particulière vulnérabilité sur le plan psychique où le risque de suicide maternelle s’avère être maximal.
Le projet PsyCOVIDUM est une étude épidémiologique transversale répétée dont l’objectif principal est d’estimer à 4 temps définit par rapport à la pandémie COVID-19, l’évolution de la prévalence de femmes en post-partum immédiat présentant une symptomatologie dépressive. Cette recherche sera menée dans la population de 3 maternités de la région parisienne pratiquant un dépistage post partum de la dépression périnatale reposant sur l’auto-questionnaire Edinburgh Postnatal Depression Scale (EPDS). Parmi les objectifs secondaires, il y a notamment celui d’étudier les facteurs associés au risque de développer une symptomatologie dépressive dans le contexte pandémique COVID-19.
Les 4 temps de mesure sont 1) pic épidémique, 2) phase de déconfinement, 3) à 2 mois du déconfinement et 4) hors contexte pandémique (1 an du pic) afin de constituer un groupe témoin de femmes non exposées au contexte pandémique en cours de grossesse.
Nous basant sur les prévalences des troubles dépressifs définit par un score à l’EPDS>10 rapportés dans la littérature, nous avons pu estimer à 545 femmes pour chacune des 4 phases le nombre de sujets à inclure dans l’analyse afin d’estimer la prévalence avec une précision de +/- 3%, et mettre en évidence une différence de prévalence de 7,5% avec une puissance de 85% au risque alpha de 5%. Au total, pour les 4 phases, 2180 femmes seront donc incluses.
Les femmes seront incluses lors de l’hospitalisation en service de suites de couches ou rétrospectivement pour les femmes accouchées avant le début de l’étude.
Les trois maternités participantes font partie d’une même Fédération Hospitalo-Universitaire (FHU PREMA), elles ont été choisies en raison de profils de population différents, améliorant la représentativité de l’échantillon.
Les données individuelles seront extraites des dossiers informatiques et papiers par des processus automatisés pour un certain nombre de variables et par des TEC pour les autres. L’analyse statistique sera conduite au sein de l’UMR1153 EPOPé.
Cette étude, la seule à ce jour en capacité d’estimer l’impact du contexte pandémique COVID-19 sur le risque de troubles dépressifs en période périnatale, va permettre de disposer de bases solides pour construire une réponse adaptée en cas de seconde vague de COVID-19 ou d’autres épisodes épidémiques. Les résultats de prévalence pour les femmes qui ont accouché lors de la phase 1 (disponible dès juillet 2020) informeront sur l’importance de l’impact et les ressources à mobiliser, en plus des moyens habituels.
Cette étude permettra en outre d’identifier les facteurs en lien avec le contexte pandémique (circulation virale, mesures de confinement, restriction d’accès aux services hospitalier pour les accompagnants, durée d’hospitalisation) les plus associés au risque dépressif, de proposer en antenatal aux femmes les plus à risque des accompagnements psychologiques et d’adapter les mesures de dépistage en post partum.
Coordination du projet
Elie Azria (FONDATION HOPITAL SAINT JOSEPH)
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Partenariat
GHPSJ FONDATION HOPITAL SAINT JOSEPH
Aide de l'ANR 149 816 euros
Début et durée du projet scientifique :
janvier 2021
- 12 Mois