RA-COVID-19 V11 - Recherche - Action Coronavirus disease 2019 - Vague 11 2020

Bases génétiques et immunologiques des auto-anticorps contre les interférons de type I prédisposant aux formes sévères de COVID-19. – AABIFNCOV

Résumé de soumission

La variabilité inter-individuelle de réponse à l’infection par le SARS-COV-2 est considérable, allant de formes asymptomatiques à des formes sévères engageant le pronostic vital. Nous avons découvert récemment qu’au moins 14% des patients avec des formes sévères de COVID-19 avaient un défaut de production ou un défaut d’action des interférons (IFN) de type I, du fait d’erreurs génétiques de l’immunité innée dans la voie de l’IFN de type I (3.5%), ou de la présence d’auto-anticorps (auto-Ac) neutralisants dirigés contre les IFNs de type I (10.2%). Ces auto-Acs contre l’IFN de type I n’ont pas été retrouvés chez 663 individus avec des formes modérées ou asymptomatiques d’infection à SARS-CoV-2 et la prévalence dans la population générale était de 0.33% dans un échantillon de 1,224 individus sains. De façon surprenante, 94% des patients avec auto-Ac étaient des hommes, une proportion significativement supérieure à celle observée chez les individus avec COVID sévère mais sans auto-Ac (75%) et chez les individus asymptomatiques (28%). Fort de nos découvertes sur les auto-Ac contre les IFN de type I, nous faisons les hypothèses que 1) une plus grande proportion de patients avec une forme sévère de COVID-19 ont des auto-Ac, mais à des titres ou des affinités plus faibles, ou des auto-Ac liés aux IFNs et indétectables par les tests utilisés jusqu’à ce jour, et 2) que la présence de ces auto-Ac a une composante génétique, germinale ou somatique, en particulier liée au chromosome X. Pour tester ces hypothèses, notre projet s’articule autour de deux axes principaux : 1) chercher ces auto-Ac avec des méthodes plus sensibles dans de grandes cohortes de patients avec différentes caractéristiques, dont des patients avec différents grades de sévérité de COVID-19, les membres de la famille des individus avec auto-Ac, le plasma de patients convalescents destiné à être transfusé, des sujets avec un seul X fonctionnel (Syndrome de Turner, Incontinentia pigmenti) ainsi que des individus de la population générale ; 2) chercher par séquençage du génome entier les variants génétiques, en particulier liés à l’X, qui pourraient expliquer le développement de ces auto-Ac, et les valider expérimentalement. Notre leadership national et international depuis le début de la pandémie à SARS-CoV-2, en particulier au travers du consortium « COVID Human Genetic Effort », fait de nous l’équipe de choix pour mener à bien ce projet de recherche. Les implications cliniques et scientifiques de notre projet sont considérables, permettant d’optimiser le dépistage de ces auto-Ac et d’en découvrir les bases génétiques et les mécanismes immunologiques. Notre programme permettra également le développement de mesures préventives, comme le dépistage des auto-Ac dans les plasmas avant transfusion, comme celui de nouvelles approches thérapeutiques chez les patients avec auto-Ac, incluant la plasmaphérèse, ou l’usage d’IFNs de type I non neutralisés par les auto-Ac (par exemple, l’IFN-ß).

Coordination du projet

Aurelie Cobat (INSTITUT DES MALADIES GÉNÉTIQUES (IHU))

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

IMAGINE INSTITUT DES MALADIES GÉNÉTIQUES (IHU)

Aide de l'ANR 149 850 euros
Début et durée du projet scientifique : janvier 2021 - 12 Mois

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