CE41 - Inégalités, discriminations, migrations 2020

Rapport à la nature et égalité de genre. Une contribution à la théorie critique à partir de pratiques et mobilisations féministes dans l’agroécologie au Brésil – GENgiBRe

Rapport à la nature et égalité de genre. Une contribution à la théorie critique à partir de pratiques et mobilisations féministes dans l’agroécologie au Brésil

Le projet GENgiBRe analyse la fabrique du rapport à la nature depuis une perspective de genre, de classe et de race dans deux régions rurales du Brésil soumises à des conflits socio-environnementaux. Il part de l’expérience d’agricultrices en contact avec le mouvement agroécologique, qu’il situe dans les rapports de genre et les autres rapports de pouvoir, dans les conflits socio-environnementaux et dans le processus de néolibéralisation de la nature mené par l'actuel gouvernement brésilien.

Conflits socio-environnementaux, rapport à la nature et égalité de genre

Les deux régions d’étude du projet, la Zona da Mata et Est de l’état de Minas Gerais, d’une part, et le Vale do Ribeira (état de São Paulo), d’autre part, illustrent la néolibéralisation de la nature à travers la dérégulation environnementale et l’expansion du modèle extractiviste dans les secteurs agricole et minier. Cette expansion signifie l’achat ou l’accaparement de terres agricoles, l’usage croissant de pesticides, d’intrants chimiques et de variétés transgéniques et l’exploitation intensive des sous-sols par les entreprises minières. Elle s’accompagne de projets de compensation environnementale, qui associent réparation et profit, notamment à travers le marché du carbone dans les zones forestières de ces régions. <br />Localement, ces projets s’implantent par des alliances politiques, mais aussi par une double stratégie de promesses de revenus et de menaces sur les populations locales, déployée de manière différenciée vis-à-vis des femmes et des hommes. Ces projets génèrent des conflits et dans certains cas, des résistances à travers de mobilisations collectives. Le mouvement d’agroécologie, qui s’est constitué au Brésil au début des années 2000, y joue un rôle important. Il affirme des techniques, des pratiques agricoles et une vision politique opposée au modèle extractiviste, liant justice sociale et diversité sociale et biologique. Ce mouvement est lui-même traversé par une division entre un courant techniciste et une alliance féministe réunissant agricultrices et militantes d’ONG et dénonçant la domination masculine dans le monde paysan et la dévalorisation du travail non-rémunéré réalisé par les femmes. <br />Les agricultures engagées, de longue date ou de manière récente, dans le mouvement agroécologique constituent le cœur du projet GENgiBRe. L’objectif est d’analyser les conditions de leur mobilisation contre les discriminations et dans les conflits socio-environnementaux à la lumière du rapport, parfois contradictoire, qu’elles construisent avec la nature. Pour cela, le projet propose une enquête approfondie considérant les différents processus par lequel ce rapport se construit : politisation dans le mouvement agroécologique et dans les organisations de femmes ; pratiques et techniques agricoles ; pratiques et échanges économiques, valorisation monétaire et non monétaire ; rapports de genre et fondés sur la race, l’ethnie et la classe. <br />Le rapport des agricultrices à la nature est ainsi situé dans une analyse plus large des disputes discursives, techniques, économiques et politiques impliquant les hommes agriculteurs, divers acteurs des territoires, ainsi que les entreprises agro-industrielles, minières et des représentants gouvernementaux et politiques. Cette analyse permet de comprendre les conditions de l’égalité de genre à partir des questions et des conflits socio-environnementaux qui façonnent les territoires.

Les objectifs du projet requièrent une approche spécifique permettant l’expression et l’observation de la position des femmes agricultrices et de leur rapport à la nature. Pour cela, nous nous appuyons sur plusieurs partenariats, ainsi que sur une épistémologie féministe, attentive à la parole des opprimé.es. Au plan académique, le partenariat se base sur un accord de coopération entre l’Institut de recherche pour le développement et l’Université fédérale de Viçosa (UFV, Brésil). 6 thèses de doctorat, dont 4 à l’UFV, et un mémoire de Master, sont réalisés en lien avec le projet. Le partenariat inclut également deux ONG brésiliennes, actives dans le mouvement féministe et agroécologique, la SOF et le CTA-ZM ; ainsi que 6 collectifs d’agricultrices dans les municipalités de Barra do Turvo, Itaoca et Peruíbe (Vale do Ribeira) et de Simonésia, Divino et Acaiaca (Zona da Mata et Est de Minas).
Sur cette base, notre approche méthodologique s’organise en trois niveaux. Au niveau des agricultrices, elle repose sur une visite de l’espace de vie et de travail que nous réalisons auprès de 30 agricultrices et qui aboutit à un « ethno-repérage féministe » de cet espace dessiné par chacune d’elles. Doublement inspiré des études féministes et des ethnosciences, il représente la vision de l’agricultrice sur ses savoirs sur cet espace, en même temps que la diversité agricole, les flux économiques et écologiques, la division sexuée du travail et l’organisation genrée de l’espace. Un entretien semi-structuré et un questionnaire auprès de chaque agricultrice, ainsi que d’un homme de sa famille complètent ces données.
Au niveau des collectifs d’agricultrices, notre enquête repose sur trois instruments complémentaires de représentation des conflits et des mobilisations socio-environnementales : une Cartographie féministe socio-environnementale, axée sur la manière dont ces processus sont représentés dans l’espace par les agricultrices ; une Carte « corps-territoire », qui précise comment ces processus sont ressentis au quotidien, en partant de la dimension du corps ; et une « Rivière de la vie » du territoire, qui reconstruit qui reconstruit la trajectoire dans le temps des conflits, des résistances et de l’organisation collective des agricultrices. Croisant les enseignements des études féministes, d’une part, de l’économie et de l’écologie politiques, d’autre part, ces instruments permettent de réunir les savoirs des agricultrices sur les conflits socio-environnementaux, l’agroécologie et les autres formes de mobilisation socio-environnementale qui construisent le territoire.
Le troisième niveau aborde les espaces plus larges de construction du territoire et du rapport à la nature à partir d'un guide d'observation utilisé lors de divers types de réunions et d'événements ; d'un guide d'entretien semi-structuré avec des interlocuteurs clés ; et d'une matrice de collecte documentaire.
Le guide méthodologique (en portugais) est disponible sur le site www.gengibre.org.

Notre enquête met en lumière les mondes créés par des agricultrices, dans les jardins et espaces sous leur responsabilité, où prévalent esthétique, associations d’espèces et diversité. S’y affirme un rapport à la nature fondé sur le care. Cette construction, idéologique et matérielle, exprime une réappropriation positive du rôle de care qui leur est socialement assigné. La participation dans le mouvement agroécologique et dans des organisations de femmes joue ici un rôle clé. Dans ces espaces, surgissent inséparablement nouveaux savoirs et pratiques agricoles, dispositifs de troc de semences et de variétés, circuits de valorisation économique de la production diversifiée et sujets socio-politiques.
En même temps, nos Ethnorepérages et entretiens pointent les multiples limites à ces processus, enracinées dans la division sexuée du travail et de l’espace agricole. Surcharge de travail, absence de revenu, cantonnement à des espaces parfois minuscules autour des maisons, contrôle des corps et de la mobilité des femmes, expriment les inégalités persistantes de genre. A cela s’ajoutent un accès limité au foncier ou des droits non sécurisés dans certaines familles et communautés.
Nos Rivières de la vie du territoire montrent que ces rapports sociaux évoluent sous l’effet contradictoire des organisations militantes et de la pénétration de projets extractivistes. Ces derniers opèrent dans des municipalités dédiées à la monoculture, où politiques publiques, banques et entreprises concourent à imposer une « vocation » productive unique ; dans des communautés où des habitants sont payés par des entreprises minières pour convaincre leurs voisins de vendre leurs terres ; ou bien où des ONG proposent des paiements pour services environnementaux en échange de restrictions d’usage des terres et des ressources.
Nos cartographies socio-environnementales féministes montrent que ces projets créent des lignes de fracture depuis l’échelle des territoires jusqu’à celle des familles et que ces fractures sont genrées. Ces projets mobilisent les masculinités hégémoniques, en particulier la responsabilité des hommes de la classe paysanne pour la génération de revenus, qu’ils « performent » en mettant en scène leurs attributs symboliques et matériels. La conséquence est une repatriarcalisation des territoires, synonyme d’inégalités de genre et de violence accrues, qui alimente la résistance des organisations de femmes. Emancipation des femmes et défense de leur environnement convergent ainsi dans la mobilisation contre l’ordre patriarcal et la néoliberalisation de la nature.
A un niveau plus large, nos données montrent une accélération sans précédent de la néolibéralisation de la nature sous le gouvernement de Jair Bolsonaro. Elle consiste en un processus autoritaire et coordonné de privatisation et de marchandisation des ressources, de dérégulation, d’externalisation des coûts sociaux et environnementaux et de compensation de ces coûts comme nouvelle source de profit.

L’enquête de terrain se poursuit jusqu’à fin 2022, notamment au niveau des agricultrices et de leurs familles. La diversité des situations observées est la base pour une montée en généralité théorique. Ainsi, les différences entre agricultrices des deux régions d’étude constituent la base empirique pour identifier la grammaire commune des pratiques et mobilisations féministes dans l’agroécologie, ainsi que du déploiement des projets extractivistes. La diversité de situations entre agricultrices d’une même région, voire d’une même communauté, engage quant à elle à investiguer les conditions microsociales et à analyser chaque environnement et configuration sociale depuis le niveau familial.
L’analyse des données, coordonnée au sein de l’équipe et en lien avec les thèses de doctorat et mémoires de Master, constitue notre objectif pour 2023 et sera la base pour les publications prévues à partir de 2024. Elle doit combiner les théories issues des différentes disciplines du projet en sciences sociales (théorie critique, socio-économie, économie rurale et politique, sociologie du genre et anthropologie de la nature) et informées par les sciences agraires. Elle doit également articuler les niveaux d’analyse, du microsocial au macro-économique et politique. Au-delà de l’équipe impliquée au Brésil, cette construction bénéficie d’une interlocution scientifique en France grâce aux partenaires du CESSMA et de DYNAMIQUES RURALES / UMR_MA104.
Enfin, en tant que contribution à la théorie critique, le projet GENgiBRe vise à mettre les savoirs construits au service d’actions contre les discriminations, dans l’Académie et dans la société civile. Cet objectif se traduit notamment par deux « Expéditions scientifiques » organisées en 2022.
La première s’est déroulée du 12 au 16 juillet à la Zona da Mata et Est de Minas et a réuni une cinquantaine d’agricultrices, des représentants des mouvements agroécologique, féministe et syndical, des représentants politiques, des étudiant.es et l’équipe du projet. A chaque étape, des débats, des visites auprès d’agricultrices, d’organisations de femmes et de l’agroécologie, ainsi que des synthèses ont été réalisés. La méthodologie a été basée sur la réflexion collective sur les expériences visitées, formant un parcours thématique d’exploration du territoire du projet. Ce parcours s’est appuyé sur nos matériaux de recherche, comme les Ethnorepérages et les Rivières de la vie du territoire, qui ont été présentés et débattus.
L’Expédition a aussi constitué un espace de construction de nouvelles connaissances, à travers les interactions inédites entre les participants, orientées par trois questions clés : Comment les conflits socio-environnementaux se produisent-ils localement ? Comment se produisent-ils différemment pour les agricultrices femmes ? Et comment les réponses sont-elles construites ?
Une seconde Expédition sera organisée du 8 au 11 novembre 2022 au Vale do Ribeira, avec le soutien du Consulat de France à São Paulo.

Production scientifique au 01/09/2022.
Hillenkamp I. et Mendonça M.-A., “Offensive néolibérale du gouvernement Bolsonaro sur la nature : déploiement et conflits locaux depuis une perspective de genre”, Colloque international De la démocratie au Brésil - violence et politique, Paris, INALCO, 29/06/2022. www.youtube.com/watch (5h02 à 5h30).
Guétat-Bernard H., Hillenkamp I., Prévost H., « Cultiver la nature. Agroécologie et mobilisations écoféministes au Brésil », Colloque « Dominer la nature, naturaliser les dominations », Université Paris 1, Aubervilliers, 2 et 3/11/2021, lamop.pantheonsorbonne.fr/evenements/dominer-nature-naturaliser-dominations-quelle-est-nature-nature
Hillenkamp I., Telles L. avec Mendonça M.A. «Um olhar de gênero para a modernização agrícola e a agroecologia no Brasil », Séminaire “Agroecologia e sistemas agroalimentares”, Programme de Post-graduation em Extension rurale, Université Fédérale de Viçosa, 08/04/2022.
Hillenkamp I., Nobre M., « Conservation de l'environnement, financiarisation de la nature et agroécologie. Le cas de Vale do Ribeira et du réseau agroécologique de femmes agricultrices RAMA », colloque international « Femmes, écologie et engagements politique : actualités et perspectives du Sud au Nord », Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Université de Chicago à Paris, 4-5 juin 2021. www.youtube.com/watch. Conférence invitée. Actes en cours de publication.
Hillenkamp I., « ‘Sans féminisme, il n’y a pas d’agroécologie’ : la longue mobilisation des brésiliennes pour la reconnaissance du care socio-environnemental », Congrès de l’Institut des Amériques 2021, Plénière « Construction et fonctions des mobilisations et de l’activisme dans les Amériques », Aubervilliers, 22-24 septembre 2021. vimeo.com/611985085/95c3338d3f. Conférence invitée.
Hillenkamp I., « «Sans féminisme, il n’y a pas d’agroécologie« : inégalités de genre et modèle agraire au Brésil », Séminaire « Démocratie et inégalités au Brésil », Université libre de Bruxelles, 9 mai 2022. www.youtube.com/watch.
Capredon E., Hillenkamp I. et Prévost H., « Genre, nature, environnement au Brésil » CESSMA, séminaire du groupe Genre, 19/05/2021.
« Entrevue avec Isabelle Hillenkamp. «Sans féminisme, il n’y a pas d’agroécologie« : la longue mobilisation des brésiliennes pour la reconnaissance du care socio-environnemental », Entrevue réalisée le mercredi 22 septembre 2021, dans le cadre du Congrès 2021 de l'Institut des Amériques, dans le Centre de Colloques du Campus Condorcet Paris-Aubervilliers. www.youtube.com/watch
Nathalie Blanc, Isabelle Hillenkamp, Anne-Christelle Beauvois, Table ronde : éco-féminismes - La Cité du Genre, 13 juin 2022. Compte-rendu disponible : citedugenre.fr/fr/audio-video/colloques-et-conferences/ et u-paris.fr/centre-politiques-terre/publications/

Ce projet vise à théoriser le rapport que des femmes subalternes établissent avec la « nature » et le rôle que ce rapport joue dans leur engagement dans des pratiques et mobilisations contre les discriminations. Cette question s’inscrit dans la controverse sur le rapport des femmes avec la nature qui divise les féministes, entre celles, en particulier occidentales, qui voient dans la renaturalisation des femmes le principal levier de l'inégalité des sexes, et celles, notamment dans le Sud Global, pour qui ce rapport est un tremplin pour l'action. La valorisation de rapports singuliers à la nature participe de plus au débat autour de la formation des identités dans les mobilisations pour la protection des territoires et de la possibilité de formes émancipatrices ou oppressives de protection.
L’originalité de ce projet est de partir du constat que ces tendances contradictoires sont inextricablement liées : elles constituent l'expérience même des femmes subalternes, entremêlées dans leurs pratiques quotidiennes. Pour rendre compte de cette imbrication, ce projet développe une construction théorique basée sur une enquête qualitative approfondie à plusieurs niveaux.
Cette enquête part d’agricultrices impliquées dans l'agroécologie et dans le mouvement féministe dans deux zones forestières du Brésil, un pays où la question des relations entre égalité, démocratie et écologie se pose de manière aiguë. La collecte de données porte sur les pratiques agroécologiques, grâce à une méthode originale d'observation conjointe avec des agronomes et ingénieurs forestiers destinée à informer la théorie sociale ; sur les conditions socioéconomiques de valorisation du travail des agricultrices ; et sur les espaces plus larges de mobilisation et la fabrique politique du rapport à la nature. La construction théorique repose en outre sur un dialogue étroit avec les partenaires brésiliens et français du projet, afin d’affiner les résultats et de monter en généralité.
Ce projet relie trois domaines de la littérature qui sont généralement séparés : la théorie critique, qui attire l’attention sur le rôle des mondes vécus, des contre-publics et de l'économie plurielle dans la démocratisation, et qui interroge de manière réflexive le rôle des théoriciens ; la sociologie des organisations des femmes rurales, l'écoféminisme et la théorie du care, qui montrent le potentiel d’une réappropriation de la relation avec la nature dans les mobilisations pour l'égalité des sexes ; et différentes approches (anthropologie de la nature, sociologie pragmatique, agroécologie) des interactions subjectives et matérielles entre les humains et les non-humains.
Le projet vise à tester et à qualifier trois principales hypothèses :
(H1) La relation subjective et matérielle avec différents éléments de la « nature » (plantes, insectes, animaux, sols, eaux, etc.) reflète le genre et les autres relations de pouvoir présentes dans la division du travail et des connaissances agricoles et de care.
(H2) La relation avec la nature constitue une part essentielle du monde vécu et une source de subjectivité partagée par les agricultrices qui peut, sous certaines conditions, se transformer en identité commune, en pratiques engagées et en mobilisations contre les discriminations. Ces conditions incluent l’organisation collective, la valorisation de leur travail, des connaissances techniques et politiques adéquates, et le contact avec l’agenda politique de la soutenabilité.
(H3) Cependant, la vie de ces femmes est traversée par des tensions découlant des hiérarchies de genre dans les institutions paysannes, de menaces extérieures sur leurs moyens de subsistance et des effets de la financiarisation et de la marchandisation. Ces tensions façonnent de façon contradictoire leur rapport à la nature, générant des pratiques et des mobilisations contre les discriminations, autant que des stratégies individuelles d’intégration dans les marchés et que la recherche de protections pouvant être oppressives.

Coordination du projet

Isabelle HILLENKAMP (Centre d'Etudes en Sciences Sociales sur les Mondes Africains, Américains et Asiatiques)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

CESSMA Centre d'Etudes en Sciences Sociales sur les Mondes Africains, Américains et Asiatiques

Aide de l'ANR 271 956 euros
Début et durée du projet scientifique : février 2021 - 48 Mois

Liens utiles

Explorez notre base de projets financés

 

 

L’ANR met à disposition ses jeux de données sur les projets, cliquez ici pour en savoir plus.

Inscrivez-vous à notre newsletter
pour recevoir nos actualités
S'inscrire à notre newsletter