Quantification du comportement humain normal et pathologique – QUANTICO
La perte d'autonomie est une question brûlante dans la plupart des pays occidentaux, mais aussi en Chine par exemple, particulièrement vulnérable après des décennies d'une politique à enfant unique. La crise de 2008 s'y est attaquée, mais le sujet reprend de la vigueur à mesure que la situation évolue et que la population vieillit. Le financement de la dépendance a de nouveau été le principal sujet des commissions de la santé des deux chambres du Parlement l'an dernier. Parallèlement, la notion de charge mentale se répand avec diverses sources, dont les interfaces de plus en plus complexes auxquelles les gens doivent faire face au travail, à la maison et presque constamment. Les deux sujets ont beaucoup en commun : ils reposent sur le système sensorimoteur, leur compréhension nécessite une grande quantité de données personnelles hétérogènes - et sensibles - provenant de diverses entrées et domaines, et une agrégation et une fusion appropriées de ces données pour extraire l'information pertinente à la construction.
Le projet proposé aborde ces sujets en proposant des moyens d'évaluer et de quantifier la robustesse et la fragilité des personnes et de mieux comprendre la charge cognitive associée aux interfaces complexes avec des outils similaires et complémentaires. Le suivi longitudinal de la personne permettra d'esquisser pour chacun un jumeau numérique individualisé. Celui-ci pourrait servir à prescrire des actions préventives pour retarder, ou inverser pendant qu'il est encore temps, l'entrée dans la fragilité qui conduit à la perte d'autonomie. Une telle étude porte sur les personnes âgées évidemment, mais aussi sur toutes les personnes qui peuvent tomber dans la fragilité en entrant dans une dépression, un traumatisme, un burn-out, une opération chirurgicale, un surentraînement, ou qui sont soumises à une charge mentale élevée....
Bien qu'ils se soient améliorés avec la technologie et que les ingénieurs essaient de les concevoir pour faciliter le travail des pilotes, les cockpits des avions modernes restent extrêmement complexes et génèrent une charge de travail importante lors de phases particulières telles que le décollage et l'atterrissage, sans parler des problèmes qui surviennent en vol (AF447 Paris-Rio, juillet 2009). La formation des pilotes a beaucoup évolué au fil du temps et vise maintenant à s'assurer que les résultats de la formation mènent à une amélioration efficace de la sécurité du vol qui ne repose pas seulement sur des manœuvres répétées. Le projet proposé aidera à définir les profils des stagiaires pilotes et aidera à élaborer et à évaluer le rendement des équipages dans l'ensemble des compétences définies nécessaires pour que les instructeurs de formation s'attaquent aux causes profondes des comportements qui pourraient mener à une situation potentiellement dangereuse.
Selon l'INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité), le coût social du stress professionnel est estimé entre 2 et 3 milliards d'euros par an, tandis que la protection sociale dépense 23 milliards d'euros par an pour couvrir les coûts de dépendance. L'équipe chargée de cette proposition a une longue et fructueuse expérience dans la capture de caractéristiques physiologiques adéquates et dans l'agrégation de données hétérogènes, ayant par exemple conçu le robot d'entraînement simulant le parcours utilisé pour l'entraînement par notre équipe nationale de Rubgy. Cette équipe collabore depuis de nombreuses années sur la sensorymotricité avec les deux partenaires industriels, Engie et Thalès, cofinançant cette chaire. Ils disposent du réseau industriel et commercial pour transformer les progrès de la recherche en produits utilisés dans notre vie quotidienne.
Coordination du projet
Pierre-paul VIDAL (Cognition and Action Group)
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Partenariat
COGNAC-G Cognition and Action Group
Aide de l'ANR 675 000 euros
Début et durée du projet scientifique :
décembre 2019
- 48 Mois