CE36 - Santé publique 2019

Rôle de l'intensité, de la durée et des profils d'activité physique mesurés par accéléromètres pour la santé cardiométabolique – ActivHealth

Résumé de soumission

La promotion de l'activité physique fait partie intégrante des politiques de santé publique. Pourtant, nos modes de vie sont de plus en plus sédentaires et l’épidémie d’obésité et de diabète ne cesse de s'accroître. Les recommandations actuelles d’activité physique portent sur la pratique d’activité modérée à vigoureuse 30 minutes par jour, 5 jours par semaine (ou 2h30 par semaine), et ne sont que peu suivies, particulièrement à un âge avancé. La majeure partie de la journée est passée dans des activités sédentaires et légères mais aucune recommandation claire n’est faite à cet égard. Le manque de connaissance dans ce domaine résulte surtout d’une mesure imprécise de ces activités plutôt que de résultats montrant qu’elles ne sont pas associées avec la santé. Jusqu’à récemment la recherche dans ce domaine reposait sur des données de questionnaire soumises au biais de rappel. La corrélation entre les mesures auto-rapportées et objectives d’activité physique est modeste et des études montrent des différences dans l’association avec la santé selon que l’activité physique est mesurée par questionnaire ou de façon objective par accéléromètre. De plus, les données de questionnaire ne sont pas adaptées pour quantifier les activités sédentaires et légères, elles ne saisissent pas non plus la façon dont les activités s’organisent au cours de la journée. Il est donc urgent de mener des recherches basées sur de meilleures mesures de l'activité physique, dont le comportement sédentaire, afin de caractériser la combinaison naturelle, ou «posologie», des activités physiques quotidiennes bénéfique pour la santé.
Ce projet vise à identifier les aspects des activités physiques et sédentaires quotidiennes qui sont importants pour la santé cardiométabolique, définie à l’aide de marqueurs de risque cardiométaboliques (pression artérielle, cholestérolémie, glycémie, insulinémie, et rigidité artérielle) et des maladies associées (diabète et maladie cardiovasculaire). L’accent sera mis sur :
1) L’importance du temps passé dans des activités sédentaires et légères,
2) Le seuil d’intensité d’activité physique requis pour une meilleure santé cardiométabolique,
3) L’importance de l’interruption des épisodes sédentaires indépendamment du temps sédentaire total,
4) Les profils d’activité physique propices à une meilleure santé cardiométabolique en tenant compte de l’intensité, de la durée, du contexte, et du moment des épisodes d’activité physique.
Ce projet se basera sur les données de 4000 participants de la cohorte Whitehall II âgés de 60 à 83 ans, pour lesquels on dispose de données objectives d’activités physiques et sédentaires et de données prospectives sur la santé cardiométabolique sur une période de 7 ans. L’originalité de ce projet repose sur l’utilisation de données « brutes » d’accéléromètre enregistrant les mouvements des individus instant-par-instant sur une période d’une semaine. L’analyse de données brutes d’accéléromètre est complexe (200 points par seconde par personne) et nous proposons de partager les algorithmes développés à partir d’un package R en accès libre. Ceci permettra d’encourager de futures études à mesurer l’activité physique de façon objective à partir d’accéléromètres et également à reproduire les analyses de ce projet afin d’en tester leur généralisabilité.
Les résultats de ce projet permettront une meilleure caractérisation des aspects des activités de la vie quotidienne (intensité, durée des épisodes, profils) importants pour la santé cardiométabolique. Si retrouvés dans d’autres études, ils contribueront à l’élaboration d’interventions visant à modifier des aspects simples de l’organisation des activités quotidiennes pour promouvoir la santé cardiométabolique. Des changements mineurs dans les activités de la vie quotidienne sont plus susceptibles d’être adoptés sur le long terme et même si leurs effets sont modérés, l’impact global sur la population pourrait être considérable.

Coordination du projet

Séverine Sabia (Centre de Recherche Epidémiologiques et Bio Statistiques de Sorbonne Paris Cité)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

University College London / Department of Epidemiology and Public Health
CRESS Centre de Recherche Epidémiologiques et Bio Statistiques de Sorbonne Paris Cité

Aide de l'ANR 357 048 euros
Début et durée du projet scientifique : février 2020 - 42 Mois

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