Surveillance et contrôle du paludisme a des échelles locales grâce a des plateformes e-health – SMALLER
Malgré les efforts de contrôle, le paludisme a toujours un impact dévastateur sur le bien-être de millions de personnes, en particulier dans les zones rurales de l'Afrique subsaharienne. Un faible accès aux soins de santé, la faiblesse des systèmes de santé et la diminution de l'efficacité des interventions de lutte anti-vectorielle menacent d'inverser les progrès faits au cours des deux décennies. En ce sens, les agents de santé communautaires (ASC) jouent un rôle de plus en plus important dans la Stratégie mondiale contre le paludisme, pour assurer un accès universel au diagnostic et au traitement du paludisme ainsi que pour améliorer la surveillance. Par contre, afin d’optimiser l'efficacité des stratégies de contrôle, la mise en œuvre locale doit être éclairée par une compréhension des déterminants du paludisme spécifiques à chaque contexte. En particulier, le niveau de granularité et de promptitude des données que peuvent offrir les plateformes de santé mobile (« e-health ») au niveau communautaire, ouvre de nouvelles possibilités de contrôle qui sont encore largement inexplorées. Une meilleure intégration entre les approches de modélisation des maladies infectieuses avec la surveillance par des plateformes de santé mobile communautaire pourrait aider à 1) cibler les efforts et à planifier les ressources nécessaires pour des zones et des périodes spécifiques, en réduisant les ruptures de stock et en augmentant la détection des cas; et 2) mettre en œuvre des activités de contrôle supplémentaires pour minimiser la transmission au niveau de la population. Cependant, même si la modélisation est de plus en plus utilisée pour la planification des programmes au niveau national ou régional, leur application n’est pas fréquente au niveau local, où les interventions sont mises en œuvre. Ceci est particulièrement le cas pour les zones rurales de l’Afrique subsaharienne, où le fardeau du paludisme est le plus important.
L'objectif de ce projet est de développer des modèles statistiques et mathématiques de transmission du paludisme qui permettront d’améliorer la mise en œuvre programmatique, contribuant ainsi à optimiser les stratégies de surveillance et de contrôle au niveau communautaire. Pour cela, nous proposons d’intégrer, pour chaque communauté du district d'Ifanadiana (sud-est de Madagascar), de la surveillance épidémiologique, des informations environnementales par satellite à haute résolution, et des données longitudinales socio-économiques et comportementales. Le projet sera développé en étroite collaboration avec l'ONG PIVOT, qui collabore depuis 2014 avec le ministère de la Santé à Ifanadiana pour fournir des services de santé accessibles et de qualité et pour réaliser des recherches rigoureuses autour de ses interventions, en investissant dans des systèmes de collecte de données robustes. Ensemble, nous allons piloter des outils d’aide à la décision innovateurs et fiables en matière de lutte contre le paludisme, qui peuvent être validés localement et étendus à d'autres zones rurales.
Plus précisément, ce projet vise à 1) estimer la quantité non observé des cas de paludisme au niveau communautaire par surveillance passive au niveau des centres de soins; 2) fournir des prédictions d’incidence de paludisme aux ASC d'Ifanadiana pour améliorer la mise en œuvre programmatique; et 3) proposer, grâce aux simulations de nos modèles de transmission, des stratégies de contrôle supplémentaires qui minimisent la transmission du paludisme. Des évaluations d'impact seront réalisées pour déterminer si la disponibilité des résultats de modélisation contribue à améliorer des indicateurs clés de la performance du programme de lutte contre le paludisme. Outre que sa nouveauté scientifique, ce projet représentera un cas exemplaire de collaboration intersectorielle entre des chercheurs et la société civile (ONG, gouvernements locaux) pour améliorer la santé de la population dans des contextes à faibles ressources.
Coordination du projet
Andres GARCHITORENA (INSTITUT DE RECHERCHE POUR LE DÉVELOPPEMENT)
L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.
Partenariat
IRD-MIVEGEC INSTITUT DE RECHERCHE POUR LE DÉVELOPPEMENT
Aide de l'ANR 229 093 euros
Début et durée du projet scientifique :
novembre 2019
- 48 Mois