Implication des pesticides dans le déclin d’espèces aviaires emblématiques du milieu rural – PestiStress
Implication des pesticides dans le déclin d’espèces aviaires emblématiques du milieu rural
Comprendre les effets sublétaux des pesticides et leur implication dans le déclin de l’avifaune en milieu rural
Exposition des oiseaux aux pesticides : effets en cascade menant au déclin des populations
A ce jour, la contribution des pesticides au déclin des espèces aviaires emblématiques du milieu rural est toujours controversée. La plupart des études se limite à une évaluation de la dose létale 50 (LD50) testée sur un nombre restreint d’espèces modèles. Elles ignorent souvent les effets différés sur la physiologie, le comportement et les traits d'histoire de vie des individus, et leurs conséquences évolutives au niveau populationnel. Comprendre et quantifier de tels effets est fondamental pour notre compréhension du déclin des populations aviaires. Avec PestiStress, je souhaite étudier les effets de cocktail de pesticides réalistes à travers deux <br />approches complémentaires, des expériences en conditions contrôlées et le suivi d'une population naturelle, sur deux espèces emblématiques du milieu rural : la perdrix grise (Perdix perdix) et le busard cendré (Circus pygargus). En particulier, l'accent sera mis sur les insecticides néonicotinoïdes et sur les herbicides à base de glyphosate. PestiStress fournira une première évaluation des effets de ces pesticides sur la faune aviaire sauvage par une approche intégrative qui implique la physiologie, le comportement et les traits d’histoire de vie. Je propose d’étudier également pour la première fois, l'impact transgénérationnel des pesticides avec une exposition similaire au milieu naturel. D’un point de vue technique, c’est également l’occasion de développer des méthodes de quantification dans de nouvelles matrices. Enfin, les données recueillies au cours de PestiStress seront utilisées pour modéliser la dynamique des populations afin de déterminer l'importance des effets à long terme, à des fins notamment de conservation. <br />Dans le contexte sociétal actuel en regard de l'utilisation des pesticides et de leurs effets sur la biodiversité et la santé humaine, PestiStress ouvrira de nouvelles perspectives qui contribueront à l'un des défis sociétaux majeurs de l'Agroécologie pour ce siècle.
Les travaux entrepris dans ce projet s’appuient sur 3 éléments méthodologiques inédits :
- Une expérimentation en conditions contrôlées avec une exposition des individus à des doses réalistes et multiples (effet cocktail) de pesticides. Cette méthodologie est déjà validée par une publication (voir Moreau et al. 2021. Environmental Pollution, 278, 116851)
- Un suivi in natura longitudinal (sur plusieurs années) d’une population de busards cendrés et plus particulièrement des poussins dont le statut de prédateur supérieur et l’écologie (ils nichent au sol dans les parcelles de céréales) en font de très bons bio-indicateurs.
- Une méthode de quantifications de résidus pesticides multiples dans le sang et sur de faibles volumes, développée pour le projet.
Les travaux sur les perdrix ont déjà permis de publier un article repris par différents communiqués de presse (CNRS, université de Bourgogne) et publications vers le grand public (presse locale et nationale). En quelques mots, nos résultats montrent que des différences mêmes très faibles d’exposition à des molécules pesticides ont un impact sur le système immunitaire, la reproduction et le comportement des perdrix.
Les techniques de quantification des pesticides devraient nous permettre de quantifier dans du sang total (et sur un faible volume de 50µL) plus d’une centaine de molécules permettant ainsi d’avoir une image du niveau d’exposition multiples dans individus en conditions naturelles. Le
développement de cette méthode fera l’objet d’une publication d’ici la fin de l’année.
Ce projet est un formidable tremplin au développement de nouvelles collaborations (notamment avec les chimistes spécialistes du dosage de molécules pesticides de l’université de Strasbourg).
La crise sanitaire a, cependant, permis de travailler sur une large synthèse de la littérature existante sur les effets des pesticides et leurs impacts sur les oiseaux. Ce travail avait déjà été amorcé lors de la rédaction du projet et a pu ainsi se concrétiser. Elle permet notamment de mettre en lumière des pistes de recherche qui pourront être abordées de façon complémentaire aux travaux prévus dans le projet PestiStress.
Pour l’instant, aucune publication n’est publiée.
A ce jour, la contribution des pesticides au déclin des espèces aviaires emblématiques du milieu rural est toujours controversée. La plupart des études se limitent à une évaluation de la dose létale 50 (LD50) testée sur un nombre restreint d’espèces modèles. Elles ignorent souvent les effets différés sur la physiologie, le comportement et les traits d'histoire de vie des individus, et leurs conséquences évolutives au niveau populationnel. Comprendre et quantifier de tels effets est fondamental pour notre compréhension du déclin des populations aviaires. Avec PestiStress, je souhaite étudier les effets de cocktail de pesticides réalistes à travers deux approches complémentaires, des expériences en conditions contrôlées et le suivi de populations naturelles, sur deux espèces emblématiques du milieux rural: la perdrix grise (Perdix perdix) et le busard cendré (Circus pygargus). En particulier, l'accent sera mis sur les insecticides néonicotinoïdes et sur les herbicides à base de glyphosate, tous deux censés être interdits en France respectivement d’ici septembre 2018 et 2021. PestiStress fournira une première évaluation des effets de ces pesticides sur la faune aviaire sauvage par une approche intégrative qui implique la physiologie, le comportement et les traits d’histoire de vie. Je propose d’étudier également pour la première fois, l'impact transgénérationnel des pesticides avec une exposition similaire au milieu naturel. Enfin, les données recueillies au cours de PestiStress seront utilisées pour modéliser la dynamique des populations afin de déterminer l'importance des effets à long terme, à des fins notamment de conservation pour le busard cendré. Dans le contexte sociétal actuel en regard de l'utilisation des pesticides et de leurs effets sur la biodiversité et la santé humaine, PestiStress ouvrira de nouvelles perspectives qui contribueront à l'un des défis sociétaux majeurs de l'Agroécologie pour ce siècle.
Coordination du projet
Karine Monceau (Centre d'études biologiques de Chizé)
L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.
Partenariat
CEBC Centre d'études biologiques de Chizé
CEBC Centre d'études biologiques de Chizé
Aide de l'ANR 259 956 euros
Début et durée du projet scientifique :
décembre 2019
- 48 Mois