CE10 - Usine du futur : Homme, organisation, technologies 2019

Industrialiser les procédés de Fabrication Additive – Indus-ADDI

Industrialiser les procédés de Fabrication Additive

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Enjeux et objectifs

Le passage de la preuve de concept à l’industrialisation des processus de Fabrication Additive (FA) n’est pas un long fleuve tranquille. La fabrication additive est un nouveau procédé qui présente un fort potentiel dans la fabrication de pièces à haute fonctionnalisation. De nombreux travaux de recherche ont montré la pertinence fonctionnelle de ces procédés, mais leur industrialisation reste complexe et soumise à beaucoup d’aléas. Le projet Indus-ADDI a pour but de lever les verrous qui ralentissent l’industrialisation de la Fabrication Additive. Une approche uniquement économique n’est pas suffisante pour évaluer la pertinence de ce nouveau procédé. Il est nécessaire de proposer une démarche de prise de décision multicritère qui tiennent compte de l’ensemble du processus de conception et de fabrication du produit, pour caractériser des sources de gain de natures différentes. Cette démarche repose sur la quantification d’indicateurs de performance spécifiques et la formalisation d’une méthodologie de prise de décision rationnelle et sereine. De plus, l’introduction de ce procédé induit une évolution des compétences au niveau des acteurs, qui sont amenés à agir dans un environnement spécifique et potentiellement dangereux. A terme, les modèles proposés doivent permettre d’évaluer les gains liés à l’introduction de ce nouveau procédé dans un processus industriel et à prendre une décision raisonnée et sereine. En complément, un bilan des compétences nécessaires est établi.

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Ce projet a permis de proposer un cadre formel d’évaluation de la performance d’un procédé innovant et une modélisation des indicateurs de performance associés. Des indicateurs de tenue mécanique en statique et fatigue ont été largement évalués par une importante campagne expérimentale, dans le but d’identifier une relation entre les paramètres du procédé et les tenues mécaniques des éprouvettes. Les limites en fatigue et le Rp0,2 sont évalués et permettent de proposer un modèle analytique de l’indicateur de qualité mécanique. La mise en œuvre des modèles thermiques a permis de nourrir une base de données utilisée par un réseau de neurone pour prédire les temps de refroidissement nécessaires à la tenue mécanique de la pièce. En conclusion, un premier macro-indicateur de performance global sur la phase de fabrication additive est exprimé. Par ailleurs, la recherche action a produit les cartographies de compétences sur trois cas d’étude différents. La formalisation des compétences a abouti à une compréhension de l’approche à adopter lors d’un projet de déploiement de technologies de FA, via la caractérisation des processus métiers et des situations de travail de l’entreprise, dans le but d’identifier les compétences et les risques professionnels mis en jeu par ces personnels. Il est ainsi possible d’évaluer les impacts d’une implantation ou d’un choix industriel et de fournir un plan d’action sur les nouvelles compétences à acquérir et sur les risques professionnels associés.

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Rolland, A. Accompagnement d’une entreprise dans son projet de construction d’une nouvelle usine intégrant de la fabrication additive et du nécessaire développement des compétences et des aspects santé-sécurité, Journées AddimAlliance, Albi, 2 juillet 2021.

Viola, R.; Poulhaon, F.; Balandraud, X.; Michaud, P.; Duc, E. Manufacturing time estimator based on kinematic and thermal considerations: application to WAAM process. International Journal of Advanced Manufacturing Technology. 2023.

Viola, R.; Poulhaon, F.; Balandraud, X.; Michaud, P.; Duc, E. Manufacturing time estimator based on kinematic and thermal considerations: WAAM process, in: Manuf’21. Saclay, France, 2022.

Viola, R.D.S.; Balandraud, X.; Poulhaon, F.; Michaud, P.; Duc, E. Complex interaction between CMT equipment and robot controllers during the WAAM process: consequences for toolpath accuracy. International Journal of Advanced Manufacturing Technology. 2023, 127, 5611–5631.

Résumé de soumission

Dans un contexte où la fabrication additive est encore trop lente et trop chère, l’objectif de ce projet est de conduire les travaux de recherche permettant de formaliser le processus de fabrication additive pour l’optimiser industriellement. Il s’inscrit dans la volonté de lever les verrous portant sur la stratégie d’industrialisation, la réduction des coûts et l’interaction homme / procédé pour rationaliser le processus et le rendre plus efficace.

Ce projet a pour objectif de participer au développement industriel des procédés de fabrication additive que ce soit au niveau de la sous-traitance dans le cadre de la mise en concurrence des procédés, qu’au niveau des donneurs d’ordre dans le cadre du développement de nouveaux produits, en liaison avec l’établissement d’un modèle économique d’industrialisation pertinent, s’appuyant sur la proposition d’indicateurs de performance spécifiques et sur le socle de compétences nécessaires à son industrialisation.
Il concerne les procédés de fabrication additive métallique. Le point de vue choisi est un point de vue processus, en considérant la production industrielle de pièces mécaniques et non un point de vue procédé.

Du fait de sa complexité et de la concurrence entre les procédés, le développement de la fabrication additive passe nécessairement par une optimisation globale du processus dans toutes ses dimensions. Ainsi la fabrication additive offre un champ d’investigation qui invite à mettre en œuvre de nouvelles approches de recherche, s’appuyant sur des modèles mécaniques, mais non plus nécessairement centrés sur les procédés. Un plus large socle de compétences disciplinaires est nécessaire. Aujourd’hui les phases de développement du procédé et de son industrialisation doivent être abordées conjointement.

Le projet veillera à lever les verrous suivants :
- proposer un outil d’aide à la décision, par la comparaison de différentes stratégies d’industrialisation à partir de modèles approximatifs et qui prend en compte les risques liés aux mutations technologiques et aux innovations ;
- proposer un modèle d’estimation des coûts de la chaîne de la valeur complète du processus permettant de décider de l’usage du procédé selon les différentes configurations de concurrence et de développement produit ;
- proposer le socle d’indicateurs de performance pertinent, nécessaire à la prise de décision et à la modélisation du risque ;
- proposer un modèle spécifique multi-physique, permettant de calculer les indicateurs de performance technique du procédé de fabrication additive ;
- développer et formaliser le socle de compétences nécessaire à la mise en œuvre de ce procédé en situation industrielle, dans un contexte de changement technologique pour un procédé exigeant un haut niveau de sécurité, de manière à estimer les coûts liés aux transformations de l’entreprise et à estimer la résistance aux changements induites par ces évolutions.

L’approche retenue nous permettra d’aboutir aux produits finaux suivants :
- l’expression d’indicateurs pour évaluer la performance des procédés étudiés au niveau des coûts de mise en œuvre, de prétraitement de post-traitement, des temps de cycle, de la santé matière, de la tenue mécanique de la pièce, de la de la qualité géométrique …. ;
- un socle de compétences nécessaires à l’industrialisation du procédé, avec une méthodologie d’accompagnement prenant en compte la résistance au changement ;
- une méthodologie de prise de décision, s’appuyant sur modèle technico économique complexe, prenant en compte l’ensemble du processus, en intégrant notamment les indicateurs exprimés et tenant compte du corpus de compétence attendu.
Le consortium est formé par deux laboratoires : Estia Recherche et Institut Pascal. Les deux partenaires s’appuient sur des collaborations industrielles riches pour donne un sens industriel à leurs travaux.
L’aide demandée dans ce projet de 48 mois permettra de financer 3 thèses et des essais.

Coordination du projet

Emmanuel Duc (INSTITUT PASCAL)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

EstiaR Estia-Recherche
IP INSTITUT PASCAL

Aide de l'ANR 507 600 euros
Début et durée du projet scientifique : septembre 2019 - 48 Mois

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